Burundi : Le gouvernement durcit la lutte contre les défaillances en hygiène et assainissement

Des agents de santé procèdent à la pulvérisation de l’intérieur et de l’extérieur des ménages à Buterere, au nord de Bujumbura
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Le gouvernement burundais a exprimé son inquiétude face aux défaillances persistantes en matière d'hygiène et d'assainissement, annonçant de nouvelles mesures rigoureuses pour y remédier. Lors du Conseil des ministres tenu le vendredi 17 juillet 2026, l'exécutif a fustigé le manque d'implication de certaines autorités administratives locales dans la mise en œuvre des mesures d'hygiène et d'assainissement. Cette préoccupation a conduit à des décisions fermes visant à améliorer la propreté publique dans tout le pays. Jérôme Niyonzima, Secrétaire général et porte-parole du gouvernement, a déclaré qu'une journée par semaine sera désormais consacrée au contrôle strict et systématique des mesures d'hygiène et d'assainissement à travers le pays. Cette initiative marque un tournant dans l'approche gouvernementale, passant d'une sensibilisation générale à une application plus contraignante des règles.

M. Niyonzima a déploré l'implication insuffisante des administrateurs communaux, des chefs de zone, des chefs de quartier et des chefs de collines dans le suivi des dispositions convenues. Il a souligné que cette carence au niveau local est un frein majeur aux efforts nationaux. Face à ce constat, le Conseil des ministres recommande avec insistance aux responsables administratifs locaux de renforcer de manière significative l'application de l'ordonnance relative à l'hygiène et à l'assainissement. Cette recommandation vise à s'assurer que les directives gouvernementales sont non seulement comprises, mais aussi rigoureusement mises en œuvre sur le terrain. Selon les déclarations du porte-parole, les services publics accusant un retard dans ce domaine doivent être sensibilisés de façon plus approfondie afin de se conformer rapidement et efficacement aux exigences de propreté établies par les autorités.

Contexte des objectifs africains et engagement burundais

Le thème de l'Union africaine pour 2026, « Assurer la disponibilité durable des systèmes d'eau et d'assainissement pour atteindre les objectifs de l'Agenda 2063 », résonne particulièrement avec les préoccupations actuelles du Burundi. Cet Agenda 2063, adopté en 2015, représente le cadre stratégique de développement à long terme pour l'Afrique, visant une « Afrique intégrée, prospère et pacifique ». Il s'agit d'une feuille de route ambitieuse pour le continent, qui guide les politiques nationales vers un développement harmonieux et durable. Dans le secteur vital de l'eau et de l'assainissement, l'Agenda 2063 ambitionne un accès durable et universel aux services essentiels, une gestion améliorée des ressources en eau pour faire face aux défis climatiques, ainsi qu'un renforcement substantiel des infrastructures sanitaires à travers tous les États membres. L'engagement du Burundi dans cette démarche s'inscrit donc dans une vision continentale plus large, soulignant l'importance de ces problématiques pour le développement global du pays.

Critiques et attentes gouvernementales envers les acteurs clés

Jérôme Niyonzima a exhorté les entreprises de collecte des déchets ménagers à améliorer de manière significative l'exécution de leurs missions. Il a rappelé l'importance clé de leur rôle dans le maintien de la propreté publique et la salubrité des environnements urbains et ruraux. Le porte-parole a souligné que certains services étatiques n'avaient pas maintenu le rythme attendu en matière d'hygiène et d'assainissement, particulièrement le long des axes routiers, où la visibilité des efforts est essentielle. Ces observations interviennent alors que le gouvernement burundais intensifie ses efforts pour améliorer la propreté publique et faire du Burundi un exemple en matière d'assainissement. Le gouvernement demande spécifiquement aux entreprises de collecte des déchets de mieux s'organiser, afin d'éviter les situations de conflits d'intérêts qui ont été observées et qui entravent l'efficacité de leurs opérations. Cette exigence vise à garantir une prestation de services plus efficace, plus transparente et plus fiable dans le secteur de l'assainissement. Les autorités attendent ainsi une conformité accrue et un engagement renouvelé de la part de tous les acteurs impliqués dans la gestion des déchets, qu'ils soient publics ou privés.

Mesures de contrôle renforcées et sanctions dissuasives

Pour assurer l'effectivité de ces nouvelles directives, un jour de contrôle hebdomadaire sera instauré et rendu public. Cette mesure permettra non seulement une surveillance constante, mais aussi l'application de sanctions à l'encontre des personnes et entités qui ne respecteraient pas les mesures en vigueur. Cette disposition vise à renforcer la conformité aux règlements d'hygiène et d'assainissement sur l'ensemble du territoire national, en créant un cadre de responsabilité clair. Les autorités souhaitent par cette mesure accentuer la pression sur les contrevenants pour garantir l'efficacité de la politique gouvernementale en la matière et instaurer une culture de la propreté.

À titre d'exemple de la détermination du gouvernement, une amende de 300 000 francs burundais a déjà été infligée à un résident pour non-respect de l'obligation de paver l'espace privé donnant accès à la route nationale. Cette sanction illustre la volonté du gouvernement à faire appliquer les nouvelles directives et à pénaliser sévèrement les manquements aux règles d'aménagement et de propreté, non seulement des espaces publics, mais aussi des espaces privés attenants qui impactent l'aspect général des localités. Cette approche ferme vise à dissuader toute infraction et à encourager une prise de conscience collective.

Comparaison et défis nationaux persistants

Le Burundi fait face à plusieurs défis majeurs dans ses efforts pour améliorer l'hygiène et l'assainissement. Ces défis incluent, entre autres, l'état souvent dégradé des infrastructures routières qui complique la collecte des déchets, les difficultés inhérentes au suivi local des mesures d'hygiène et d'assainissement par les autorités administratives, et la gestion générale des déchets qui nécessite des améliorations structurelles. Ces problématiques sont au cœur des préoccupations gouvernementales actuelles et nécessitent des solutions coordonnées et durables.

Les efforts déployés par le gouvernement burundais pour assainir les villes et les principaux axes routiers sont mis en perspective avec ceux du Rwanda voisin, souvent cité en exemple pour la propreté exemplaire de ses espaces publics. Cette comparaison met en lumière l'ambition du Burundi d'atteindre des standards similaires. Cependant, un expert en environnement et assainissement s'interroge sur la capacité réelle du gouvernement burundais à atteindre un niveau de propreté comparable à celui du Rwanda, compte tenu de l'ampleur des défis à relever. Le chemin vers une propreté généralisée et durable reste long, mais le gouvernement burundais semble déterminé à intensifier ses actions pour y parvenir.