Chef de poste de police condamné pour agression grave à Gitega

Gitega : un chef de poste de police condamné à cinq ans de prison après avoir blessé un homme par balle
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

La Cour d'appel de Gitega a condamné le lieutenant de police Jean Bosco Nayuburundi, 31 ans, chef du poste de Buhiga, à une peine de cinq ans de prison ferme ainsi qu'à une amende de 100 000 francs burundais. Le jugement a été rendu le samedi 18 juillet 2026, marquant une étape importante dans cette affaire judiciaire. Cette décision fait suite à des faits survenus dans le centre urbain de Buhiga, une localité située dans le centre-est du Burundi. Selon les informations fournies par le bureau du procureur, Jean Bosco Nayuburundi avait ouvert le feu sur Nicolas Nsabimana dans un bar, le blessant par balle.

Déroulement des faits et accusations

Le lieutenant Jean Bosco Nayuburundi a été initialement poursuivi pour tentative de meurtre, une accusation grave reflétant la nature de l'incident. Cependant, au terme des délibérations, la Cour d'appel l'a finalement reconnu coupable de coups et blessures volontaires graves, une requalification des faits. Ces procédures judiciaires découlent d'événements tragiques survenus dans la nuit du 12 juillet 2026. L'officier a présenté sa défense en affirmant que la victime, Nicolas Nsabimana, avait été touchée accidentellement. Selon sa version des faits, il intervenait pour séparer un groupe de personnes impliquées dans une altercation au sein de l'établissement où la fusillade s'est produite. Il a soutenu que le coup de feu était parti de manière involontaire dans le tumulte. Son témoignage n'a cependant pas convaincu le tribunal, qui a jugé sa responsabilité engagée.

Le verdict du tribunal

La Cour d'appel de Gitega a donc reclassé les faits en coups et blessures volontaires graves, une modification par rapport aux accusations initiales qui pesaient sur le lieutenant. Lors des audiences, le ministère public avait requis une peine sévère de quinze ans de prison à l'encontre du lieutenant Nayuburundi pour les faits reprochés, soulignant la gravité perçue de l'acte. Pour sa part, le prévenu a sollicité son acquittement, arguant de son souhait de reprendre son service au sein de la police nationale. Il a également exprimé son intention de prendre en charge les frais médicaux de Nicolas Nsabimana, la victime de l'agression, comme un geste de bonne volonté ou de réparation. Le tribunal, après examen des preuves et des témoignages, n'a pas retenu cette demande d'acquittement et a prononcé la condamnation. La décision de la Cour d'appel de Gitega, rendue publique le 18 juillet 2026, est une confirmation de la culpabilité du lieutenant.

Conséquences et suite de l'affaire

Nicolas Nsabimana, la victime de l'agression par balle, est actuellement hospitalisé à l'hôpital de Buhiga, où il reçoit des soins. Son état de santé précis n'a pas été précisé publiquement, mais son hospitalisation prolongée indique la gravité de ses blessures. Pour sa part, le lieutenant Jean Bosco Nayuburundi, insatisfait de la décision rendue, a annoncé qu'il ferait appel de la décision devant la Cour suprême. Cette démarche vise à contester la condamnation prononcée par la Cour d'appel de Gitega, dans l'espoir d'obtenir une révision de son cas ou une réduction de sa peine. L'appel devant la Cour suprême représente la dernière voie de recours judiciaire pour le lieutenant Nayuburundi.

Contexte de la décision judiciaire

La décision de la Cour d'appel de Gitega intervient dans un contexte où les forces de l'ordre au Burundi sont parfois accusées d'exactions et de recours excessif à la force. Ce cas spécifique met en lumière les défis liés à la responsabilité des agents de l'État face à des incidents impliquant l'usage de la force armée. La procédure judiciaire, depuis la première accusation de tentative de meurtre jusqu'à la condamnation pour coups et blessures volontaires graves, illustre les étapes et les requalifications possibles au sein du système légal burundais. L'annonce par le lieutenant Jean Bosco Nayuburundi de son intention de faire appel devant la Cour suprême note la possibilité de recours pour les condamnés dans le pays, garantissant un processus judiciaire complet. L'affaire continue de susciter l'attention, notamment en raison de l'implication d'un officier de police.