Rumonge : Appel à des États Généraux sur les terres et inquiétudes sur l'éducation

Vue des natifs de la commune en pleine réunion.
Photo via Iwacu-burundi

La commune de Rumonge, au Burundi, a enregistré plus de 4 000 dossiers liés aux conflits fonciers auprès de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), un chiffre inédit dans le pays. Cette situation a conduit à une réunion de l'Association des natifs de la commune de Rumonge (Assonaru) le 11 juillet 2026. Rumonge est la première commune du Burundi à dépasser ce seuil de dossiers, soulignant l'ampleur des litiges fonciers dans cette région.

Contexte historique des conflits fonciers

Des conflits récurrents concernant les terres de « paysannats » sont observés dans la commune de Rumonge. Ces litiges fonciers trouvent leurs racines dans des politiques de redistribution et d'attribution des terres mises en œuvre au cours des décennies passées. Les « paysannats », des parcelles agricoles octroyées par l'État pour favoriser le développement rural et l'installation de populations, sont devenus le théâtre de nombreuses contestations. Ces terres, souvent considérées comme des patrimoines familiaux par leurs occupants actuels, se heurtent parfois à des revendications d'anciens propriétaires ou à des interprétations divergentes des titres fonciers originaux. La complexité de ces dossiers est aggravée par l'absence de cadastre précis et la superposition de droits coutumiers et de droits étatiques, transformant chaque parcelle en un potentiel objet de discorde. Cette situation contribue à l'accumulation d'un nombre élevé de plaintes auprès des instances de médiation et de justice.

Détails sur les terres et les loyers

La Société régionale de développement (SRD) de Rumonge a mis en culture des parcelles de palmiers à huile en 1984, contribuant ainsi à l'occupation de terres dans la région. Ces plantations sont depuis gérées par l'Office de l'huile de palme (OHP). Cette entité exige désormais des exploitants un loyer annuel de 700 000 FBu pour les champs de palmiers. Cette redevance représente un enjeu financier significatif pour les agriculteurs locaux. La question de l'accès et de l'exploitation de ces terres, initialement allouées par des programmes de développement, est devenue un point central des discussions concernant les litiges fonciers dans la commune de Rumonge.

Préoccupations éducatives locales

La commune de Rumonge enregistre de faibles résultats aux concours nationaux et aux examens d'État, ce qui soulève des inquiétudes quant à la qualité de l'éducation locale. Ces performances médiocres contrastent avec les attentes de développement et de progrès social dans la région. Les autorités locales et les associations de la société civile expriment régulièrement leur préoccupation face à cette situation. Des discussions sont en cours pour identifier les causes profondes de ces résultats insatisfaisants et pour envisager des mesures correctives. La question de l'éducation est perçue comme un défi majeur pour l'avenir des jeunes de Rumonge.

Appel à la réconciliation et aux solutions

De nombreux participants ont suggéré l'organisation d'États Généraux sur la question foncière à Rumonge. Cette initiative viserait à aborder les origines des litiges, notamment la période de 1972, lorsque plus de la moitié de la population de Rumonge a été contrainte à l'exil et que leurs terres ont été occupées. Parallèlement aux discussions sur la réconciliation foncière, la collecte des loyers pour les champs de palmiers a débuté au début de l'année 2026. Une pénalité de 5% est appliquée aux paiements effectués après le 1er juillet 2026, selon les informations disponibles.