Claudine Akimana ré-emprisonnée à Bujumbura pour falsification de documents

Bujumbura : la mort suspecte d’un ressortissant congolais renvoie une cheffe de quartier de nouveau à Mpimba
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Claudine Akimana, cheffe du quartier Bwiza dans la commune Mukaza à Bujumbura, a été ré-emprisonnée à la prison centrale de Bujumbura, connue sous le nom de Mpimba. Cette nouvelle incarcération marque un tournant dans une série d'affaires judiciaires impliquant la responsable locale. Elle est poursuivie dans une affaire liée au décès suspect d'un ressortissant congolais, après avoir signé un certificat de décès dont les circonstances sont contestées. La cheffe de quartier est spécifiquement accusée d'avoir signé un document attestant qu'un citoyen de la République Démocratique du Congo était décédé à son domicile, une déclaration qui contredit les premières découvertes de l'enquête.

Avant son incarcération à Mpimba, Claudine Akimana avait été détenue au centre de détention de la Police judiciaire à Bujumbura pour les besoins de l'enquête préliminaire. Ce passage par les locaux de la Police judiciaire a permis de recueillir les premiers éléments nécessaires à la procédure judiciaire en cours. Elle se trouve à la prison centrale de Bujumbura, Mpimba, depuis deux semaines, où elle attend la suite des procédures légales. Le défunt était un ressortissant congolais, ce qui soulève des questions sur la coopération transfrontalière dans cette affaire.

Accusations de falsification et circonstances du décès

Selon des éléments de l'enquête, le corps de l'homme, un ressortissant congolais, aurait été découvert dans un hôtel situé dans le quartier Bwiza, et non à son domicile comme l'indiquait le certificat signé par Akimana. Cette divergence est au cœur des accusations de falsification de documents. Certaines sources proches du dossier affirment que le ressortissant congolais transportait des stupéfiants destinés à des pays européens, ajoutant une dimension internationale à l'affaire. Ces mêmes sources suggèrent également que l'homme aurait été tué après avoir été dépouillé d'une importante somme de devises étrangères. Le montant exact de cette somme n'a pas été établi par l'enquête à ce stade, mais son importance est notée.

Des habitants du quartier Bwiza accusent ouvertement des responsables locaux du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, d'être impliqués dans cette affaire, suggérant que Claudine Akimana aurait signé le document après avoir reçu un pot-de-vin. Cette allégation met en lumière des soupçons de corruption au sein de l'administration locale. Des résidents de Bwiza reprochent de longue date à Claudine Akimana de réclamer régulièrement des pots-de-vin avant de signer des documents administratifs essentiels pour les citoyens, tels que des certificats de résidence ou d'autres attestations. Ils l'accusent également d'utiliser son autorité et son influence pour intimider ceux qui oseraient dénoncer ces pratiques illégales ou refuser de céder à ses exigences.

Antécédents judiciaires répétés

Cette nouvelle arrestation de Claudine Akimana survient seulement deux mois après sa libération dans une autre affaire de fraude, ce qui met en évidence un schéma de comportements répréhensibles. En mars dernier, la cheffe de quartier avait été condamnée pour sa participation active à la fabrication et à la vente frauduleuse de passeports et d'autres documents de voyage. Ces documents étaient spécifiquement destinés à des ressortissants congolais cherchant du travail dans des pays arabes, exploitant ainsi la vulnérabilité de personnes en quête d'opportunités.

Une enquête approfondie menée à l'époque avait révélé l'existence d'un passeport falsifié, présenté par un ressortissant congolais pour son renouvellement. Lors de son interrogatoire, ce dernier avait alors affirmé de manière catégorique que Claudine Akimana lui avait délivré le document en échange d'une somme d'argent non spécifiée. Cette confession avait été un élément clé dans la condamnation de la cheffe de quartier. La récidive présumée dans une affaire de falsification de documents peu de temps après sa libération pose des questions sérieuses sur l'efficacité des mesures de réhabilitation et sur l'étendue de la corruption au niveau local.

Réactions et contexte local

La cheffe de quartier Claudine Akimana, déjà incarcérée à la prison centrale de Bujumbura, est visée par de nouvelles allégations qui viennent alourdir son dossier judiciaire. Des habitants du quartier Bwiza accusent des responsables locaux du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, d'être impliqués dans l'affaire du décès du ressortissant congolais pour lequel Akimana est poursuivie. Ces résidents suggèrent avec insistance que Claudine Akimana aurait signé le certificat de décès après avoir perçu un pot-de-vin, ce qui transformerait son acte en une complicité potentielle dans une affaire criminelle. Les résidents du quartier Bwiza reprochent avec amertume à Akimana de réclamer régulièrement des pots-de-vin en échange de la signature de documents administratifs, une pratique qui, selon eux, est devenue monnaie courante. Ils l'accusent également d'utiliser son autorité pour intimider ceux qui tentent de dénoncer ces pratiques abusives et illégales. Ces accusations interviennent alors que Claudine Akimana avait été libérée il y a seulement deux mois d'une précédente affaire de fraude, jetant une ombre sur la probité de l'administration locale et la confiance des citoyens.