Des familles de rapatriés sont accusées d'avoir saisi des propriétés foncières appartenant à des résidents sur la colline Busebwa, dans la zone Gatete, au sein de la commune de Rumonge, ces derniers jours. Ces incidents ravivent les conflits fonciers dans la région, où des tensions similaires sont de nouveau observées entre rapatriés et résidents sur certaines collines de la commune de Rumonge. Les familles de résidents dénoncent ces appropriations, qui surviennent après une période de relative accalmie, signalant une résurgence des différends fonciers dans cette partie du pays.
Tensions sur la colline Busebwa
Sur la colline Busebwa, une vingtaine de familles résidentes font état de l'appropriation forcée de leurs terres par une dizaine de familles rapatriées. Ces résidents affirment qu'aucun jugement ne justifie l'accès de ces rapatriés aux parcelles concernées, et que leurs droits de propriété sont bafoués. Les familles de résidents, dont le nombre est estimé à environ vingt sur cette colline spécifique, se plaignent que ces terres ont été prises de manière illégale. Elles soulignent l'absence de toute décision judiciaire validant la possession de ces parcelles par les rapatriés.
Un rapatrié de la colline Busebwa, identifié par les initiales H.A, a déclaré pour sa part avoir remporté un litige foncier l'opposant à un résident de cette même colline. H.A. Maintient que la justice lui a donné raison dans cette affaire. Rita Nimbona, cheffe de la colline Busebwa, a confirmé cette information, ajoutant que les revendications des rapatriés s'appuient sur des décisions passées. Les tensions persistent alors que les deux parties revendiquent la légitimité de leurs droits sur ces propriétés, chacune présentant des arguments et des preuves qui, selon elles, justifient leur possession. La situation demeure complexe, sans résolution immédiate en vue, alimentant une atmosphère de méfiance et de discorde.
Contestation des décisions passées
Les rapatriés concernés affirment avoir obtenu gain de cause, l'ancienne Commission Nationale des Terres et autres Biens (CNTB) ayant statué en leur faveur. Ces rapatriés indiquent qu'ils ont remporté leur affaire devant cette instance. Toutefois, N.P. Un résident de la colline Busebwa, conteste cette version. Selon N.P. L'ex-CNTB n'aurait pas rendu de décision favorable au rapatrié, car aucune copie de cette décision n'aurait été fournie au résident. Cette absence de document officiel est un point central de la contestation des résidents, qui doutent de la validité des revendications des rapatriés.
La cheffe de la colline, Rita Nimbona, a confirmé que les rapatriés déclarent que l'ancienne CNTB avait effectivement statué en leur faveur. Ces décisions n'auraient pas été exécutées, ce qui a laissé les litiges en suspens et a créé une situation de vide juridique. Cette non-exécution des décisions de l'ex-CNTB est une source majeure de frustration pour les rapatriés, qui se sentent lésés malgré des victoires judiciaires apparentes. Cette situation contribue à raviver les tensions et les revendications de part et d'autre, chaque partie s'appuyant sur des interprétations divergentes des décisions passées de la CNTB et sur l'absence de leur mise en œuvre concrète sur le terrain.
Appel à la Commission Vérité et Réconciliation
Face à cette impasse, une autorité judiciaire a demandé aux deux parties d'envisager de confier leur différend à la Commission Vérité et Réconciliation (CVR). Dans ce contexte, Léonard Niyukuri, procureur près la Cour d'Appel de Bururi, s'est rendu sur place et a conseillé aux résidents et aux rapatriés de s'adresser directement à la CVR pour la résolution de leurs litiges fonciers. Cette démarche vise à orienter les plaignants vers une instance reconnue pour son rôle dans la gestion des contentieux liés aux biens et aux propriétés, et qui dispose d'une expertise spécifique dans la résolution des conflits post-crise. L'intervention du procureur note la complexité des affaires foncières et la nécessité d'une approche structurée pour les démêler.
L'objectif est d'encourager un règlement pacifique et juste, évitant ainsi une escalade des tensions qui pourrait avoir des conséquences plus larges sur la cohésion sociale dans la région. Certains rapatriés ont déjà déposé des plaintes auprès des branches de la Commission Vérité et Réconciliation. Des chefs de colline ont confirmé ces dépôts, indiquant que la CVR est perçue par une partie des plaignants comme l'institution légitime pour traiter ces dossiers sensibles, en raison de son mandat à résoudre les questions de propriété issues des crises passées. Rita Nimbona, cheffe de la colline Busebwa, a également confirmé que des plaintes ont été enregistrées auprès de la CVR, témoignant de l'engagement des parties à chercher une solution par cette voie.
La province de Burunga, et plus spécifiquement les communes de Rumonge et Nyanza, sont les premières communes au niveau national à enregistrer un nombre élevé de conflits liés à la terre et à d'autres propriétés, selon des données disponibles. Ces chiffres soulignent l'ampleur et l'urgence de la situation foncière dans cette région, où la question des rapatriés et de la restitution des terres est particulièrement prégnante. La CVR est donc appelée à jouer un rôle clé dans la stabilisation de la situation foncière et la promotion de la réconciliation entre les communautés. L'afflux de ces dossiers met en lumière les défis persistants en matière de droits fonciers et la nécessité de mécanismes de résolution efficaces pour garantir la paix sociale.