Crise de l'eau à Kirundo : des milliers de citoyens abandonnés par l'État

Kirundo : l’État accusé d’abandonner des milliers de citoyens à une crise d’eau prolongée aux conséquences sanitaires graves
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Une pénurie d'eau potable affecte sévèrement les habitants de Kiri, Kiyonza et Ruhehe, situés dans la commune de Kirundo, province de Butanyerera, au nord du Burundi, et ce depuis plusieurs années. Cette situation a engendré des difficultés majeures et persistantes pour la population locale, transformant l'accès à l'eau en un défi quotidien et épuisant. Les communautés de ces localités se trouvent confrontées à des problèmes profonds, impactant leur subsistance, leur santé et leur avenir.

Dans la ville de Kirundo, plusieurs quartiers sont privés d'approvisionnement en eau depuis près de six mois. Cette interruption prolongée accentue la crise pour les résidents, qui doivent faire face à un manque clé de cette ressource essentielle au quotidien. L'absence d'un service d'eau régulier et fiable contraint les familles à consacrer une part disproportionnée de leur temps et de leurs ressources à la recherche de points d'eau alternatifs, souvent éloignés et précaires. Cette situation met en lumière la vulnérabilité des populations face à une infrastructure défaillante et un approvisionnement incertain.

L'ampleur de la pénurie et ses répercussions économiques

Le coût d'un bidon d'eau se situe désormais entre 2 000 et 2 500 francs burundais dans la région. Cette situation impose une charge financière considérable aux ménages déjà fragilisés, rendant l'accès à l'eau potable un luxe inabordable pour de nombreuses familles. Pour une population où les revenus sont souvent limités, dépenser une somme aussi importante pour une ressource basique représente un sacrifice lourd, réduisant d'autant les fonds disponibles pour l'alimentation, la santé ou l'éducation. Des habitants ont rapporté que les fontaines publiques, installées par l'organisation Africa Water et censées faciliter l'accès à l'eau potable, sont inopérantes depuis plusieurs mois. Leur dysfonctionnement aggrave la pénurie et contraint la population à se tourner vers des sources d'approvisionnement alternatives, souvent plus coûteuses ou moins sûres. L'absence de ces infrastructures essentielles rend plus difficile encore pour les communautés locales l'obtention de cette ressource vitale, les laissant sans options viables et abordables. La non-fonctionnalité de ces fontaines, pourtant destinées à alléger le fardeau des populations, symbolise l'échec des efforts d'amélioration et accentue la détresse des habitants.

Infrastructures défaillantes et promesses non tenues

Dans la région de Kirundo, plusieurs réservoirs ont été construits mais n'ont jamais été mis en service depuis plus de sept ans. Ces infrastructures, malgré leur existence physique, n'ont pas permis d'améliorer l'approvisionnement en eau pour les populations locales. Au moment de la publication le 10 juin 2026, cette situation perdure, laissant les habitants face à un manque chronique d'accès à l'eau potable. L'inachèvement ou l'inactivation de ces projets, pourtant coûteux, soulève des questions sur la planification et l'exécution des initiatives de développement dans la région. Ces réservoirs inexploités représentent un potentiel gâché et un symbole tangible des promesses non tenues envers les citoyens. Leur mise en service aurait pu alléger considérablement la crise, mais leur inaction prolongée ne fait qu'exacerber le ressentiment et la frustration des communautés locales.

Conséquences sanitaires désastreuses

Les résidents signalent une augmentation des maladies liées à la consommation d'eau insalubre dans la région de Kirundo. L'accès limité à l'eau potable pousse les populations à utiliser des sources d'eau non traitées, ce qui a des répercussions directes et alarmantes sur la santé publique. Les eaux de surface, souvent contaminées par des déchets humains et animaux, deviennent la seule option pour de nombreux ménages, exposant ainsi les habitants à un risque élevé d'infections.

Des maladies liées aux « mains sales » sont fréquemment observées parmi les habitants, témoignant du manque d'hygiène de base dû à la rareté de l'eau. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les jeunes enfants, certains d'entre eux décédant avant l'âge de cinq ans, selon les témoignages recueillis sur place. Ces décès tragiques soulignent l'urgence de la situation et l'impact dévastateur de la crise de l'eau sur les populations les plus vulnérables. La prolifération de maladies hydriques et d'infections liées à un manque d'assainissement menace la vie de milliers d'individus et surcharge les structures de santé locales déjà fragiles.

Appel à l'action des citoyens et impact sur l'éducation

La crise de l'eau affecte également les internats de la région, contraignant les élèves à quitter leurs établissements pour partir à la recherche de cette ressource vitale. Cette situation perturbe le fonctionnement normal des écoles et l'éducation des jeunes, compromettant leur avenir. Les établissements scolaires, qui devraient être des lieux d'apprentissage stables, sont transformés en zones de recherche d'eau, détournant les élèves de leurs études. Cette interruption fréquente des cours a des conséquences à long terme sur les résultats scolaires et le développement éducatif des enfants. Face à cette détresse généralisée, les citoyens de Kirundo lancent un appel urgent aux autorités et aux organisations humanitaires pour une intervention rapide et durable. Ils demandent des solutions concrètes pour rétablir l'accès à l'eau potable, réparer les infrastructures existantes et mettre en service les réservoirs inutilisés. La population espère que cet appel sera entendu et que des mesures seront prises pour mettre fin à cette crise qui menace la vie et l'avenir de milliers de personnes. La résilience des habitants est mise à rude épreuve, et l'attente d'une réponse de l'État se fait de plus en plus pressante.