Vendredi 12 juin 2026, des députés burundais ont soulevé des questions concernant la destination des revenus miniers issus de la province de Kayanza. Ces interrogations ont eu lieu lors d'une session parlementaire tenue à la suite de l'exportation de 1 600 tonnes de minéraux. Les élus cherchent à obtenir des éclaircissements sur la gestion et la traçabilité des recettes générées par cette exportation, qui a représenté un volume significatif. L'enquête parlementaire vise à déterminer si ces fonds ont été correctement alloués et ont bénéficié à la population locale, notamment dans les zones minières de Kabarore et Butanyerera, où l'impact de l'exploitation est le plus directement ressenti. L'objectif est d'assurer une meilleure transparence et une juste répartition des bénéfices issus des ressources naturelles du pays.
Manque de Transparence des Revenus
Les minéraux exportés de la province de Kayanza sont principalement de la cassitérite et du coltan, des ressources de grande valeur sur les marchés internationaux. Des députés ont affirmé que les recettes en devises étrangères issues de cette exploitation ne sont pas clairement identifiées dans les comptes publics. Cette absence de traçabilité suscite des interrogations au sein de l'assemblée, qui cherche à comprendre où ont été alloués les bénéfices générés par ces exportations minières. La question de la transparence des fonds collectés est au cœur des préoccupations des parlementaires burundais, qui insistent sur la nécessité d'une gestion rigoureuse des ressources nationales et de leurs retombées économiques. L'opacité entourant ces transactions rend difficile l'évaluation de l'efficacité de la gestion des ressources naturelles.
Impact sur les Communautés Locales
Les populations résidant à proximité des anciens sites d'exploitation minière n'observent pas d'amélioration significative de leurs conditions de vie, selon des observations rapportées. Dans le même temps, les localités concernées manquent d'infrastructures sociales et économiques de base, telles que des écoles, des centres de santé ou des routes, qui pourraient être financées par les revenus miniers. Aucun projet visible financé par les revenus miniers n'est recensé au bénéfice direct des populations locales, ce qui soulève des questions sur l'impact concret de ces exploitations sur leur quotidien. Cette situation contraste avec les attentes de développement économique et social que l'exploitation des ressources minières est censée apporter aux régions productrices. Les députés s'inquiètent de cette disparité entre la richesse extraite et la pauvreté persistante des habitants.
Contexte de l'Exploitation Minière
L'extraction des minéraux concernés s'est déroulée entre 2006 et 2015, une période durant laquelle l'activité minière était intense dans la région. Durant cette période, les activités minières ont eu lieu dans une région dont la configuration administrative a évolué. L'ancienne commune de Kabarore, autrefois un site minier important et une source majeure de ces minéraux, est désormais intégrée à la commune de Kayanza. Cette dernière se situe dans la province de Butanyerera, dans le nord du Burundi, le long de la frontière avec le Rwanda. Cette évolution administrative ne change rien à la nécessité de rendre compte des revenus générés par l'exploitation passée dans ces zones. Le contexte historique de l'exploitation ajoute une couche de complexité à la traçabilité des fonds, mais ne doit pas empêcher les efforts de transparence.
Questions Parlementaires au Ministre
La question a été soulevée au cours d'une session de questions orales adressées au ministre des Finances et de l'Économie numérique, Alain Ndikumana. Les députés ont cherché à obtenir des éclaircissements détaillés sur la gestion des revenus générés par l'exportation des 1 600 tonnes de minéraux, notamment la cassitérite et le coltan, extraits de la province de Kayanza. L'interpellation vise à déterminer la traçabilité des recettes en devises étrangères et leur allocation, face aux préoccupations concernant l'absence d'amélioration des conditions de vie dans les anciennes zones minières de Kabarore et Butanyerera. Les parlementaires souhaitent comprendre comment ces fonds ont été utilisés et s'ils ont bénéficié aux populations locales, conformément aux principes de bonne gouvernance et de développement équitable. Le ministre est attendu pour fournir des réponses claires et précises sur la gestion de ces ressources nationales.