Matabaro Ntawigira, représentant de la communauté des Barundi parmi les réfugiés congolais au Burundi, est actuellement détenu à la prison centrale de Ngozi. Son arrestation est survenue en lien avec des dénonciations d'allégations de violations des droits humains au camp de Musasa. Ces faits ont été rapportés par des sources proches du dossier, alimentant les spéculations sur les motivations réelles derrière cette incarcération. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l'Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA) suivent la situation de près, soulignant l'importance de cette affaire pour la protection des réfugiés dans la région.
Accusations officielles et dénégations
Les autorités accuseraient Matabaro Ntawigira d'avoir encouragé et aidé trois réfugiés, Makanda Junior, Mugisha Amani et Djuma Kashanda, à rédiger une lettre. Cette missive, datée du 30 mai 2026, était adressée au Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et à l'Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), les deux principales organisations chargées de la protection et de l'assistance aux réfugiés au Burundi. La lettre dénonçait des allégations de détentions arbitraires, d'actes d'intimidation, de violences et d'autres violations des droits fondamentaux au camp de Musasa. Elle précisait que plusieurs réfugiés avaient été arrêtés et détenus sans procédure régulière après un incident de vol survenu au camp de Musasa. Les signataires de ladite lettre demandaient une enquête indépendante et des garanties de protection pour les personnes signalant des violations, mettant en lumière le besoin urgent de transparence et de justice. Matabaro Ntawigira rejette ces accusations avec véhémence. Ses proches rapportent qu'il affirme n'avoir jamais participé à la rédaction de cette lettre ni encouragé ses auteurs, insistant sur son innocence face à ces allégations.
Contexte des dénonciations et soupçons de conspiration
Matabaro Ntawigira avait précédemment dénoncé le manque de considération des cas de réinstallation pour les réfugiés de la communauté des Barundi, plaidant pour une meilleure prise en compte de leurs besoins spécifiques. Il avait également interpellé la représentante du HCR au Burundi, Brigitte Mukanga-Eno, concernant l'attention insuffisante portée aux préoccupations de sa communauté, cherchant à attirer l'attention sur les difficultés rencontrées par les siens. Matabaro Ntawigira estime que son arrestation est le résultat d'une conspiration, mentionnant un différend avec Claudine Nsengiyumva, administratrice du camp de Musasa, comme potentielle source de ces ennuis judiciaires. Ses partisans considèrent que les poursuites judiciaires sont directement liées à son engagement en faveur des droits des réfugiés et à ses dénonciations répétées d'injustice, voyant dans cette arrestation une tentative de museler une voix critique. Pour eux, cette situation est une atteinte flagrante à la liberté d'expression et aux droits des défenseurs des droits humains.
Sort des signataires et antécédents de Matabaro Ntawigira
Sur les trois signataires de la lettre adressée au HCR et à l'ONPRA, deux ont quitté le camp, leur sort actuel restant incertain. Le troisième signataire, Djuma Kashanda, a également été placé en détention, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité des personnes qui osent dénoncer des abus. Avant son arrestation actuelle, Matabaro Ntawigira avait déjà fait l'objet de deux transferts entre camps, une mesure qui, selon les autorités, était motivée par le fait qu'il était accusé de semer le trouble et la division au sein des communautés de réfugiés. Ces transferts passés, combinés à son arrestation actuelle, suggèrent une histoire de tensions entre Matabaro Ntawigira et les autorités ou l'administration des camps.
Implications et appel à la justice
Matabaro Ntawigira est détenu depuis le 17 juillet 2026, marquant une période prolongée d'incarcération sans résolution apparente. La prison centrale de Ngozi, où il est incarcéré, se situe dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi. Le camp de Musasa, lieu des dénonciations à l'origine de l'affaire et où les allégations de violations des droits humains ont été rapportées, est également localisé dans le nord du Burundi, soulignant la proximité géographique des événements. Matabaro Ntawigira reste détenu à la prison centrale de Ngozi, selon les informations disponibles, et la communauté internationale ainsi que les organisations de défense des droits humains continuent de suivre attentivement son cas, appelant à une enquête juste et transparente sur les accusations portées contre lui et sur les allégations de violations des droits humains au camp de Musasa.