Deux femmes réfugiées d'origine burundaise sont décédées à l'hôpital de district de Dowa, au Malawi. Ces décès interviennent alors que des réfugiés dénoncent des discriminations et des barrières financières dans l'accès aux soins de santé. L'incident soulève des questions sur les conditions de prise en charge médicale des populations réfugiées dans la région.
Allégations de discrimination et de coûts
Les deux femmes avaient été transférées en urgence à l'hôpital de référence de Dowa en raison de complications liées à leur grossesse et à leur accouchement. La situation aurait dégénéré, selon un témoin, lorsque les patientes n'auraient plus été en mesure de régler une somme présentée comme une « caution ». « C’est alors que les infirmiers ne leur ont plus accordé une attention particulière », a rapporté ce témoin, décrivant la situation comme une « criminalité extrême ».
Les réfugiés dénoncent des difficultés financières importantes pour accéder aux soins. Un témoin a affirmé que les femmes « avaient utilisé toutes leurs économies pour acheter du carburant pour l’ambulance qui devait les amener à l’hôpital ». Il a ajouté que « Cette situation est vraiment catastrophique et alarmante. Comment un réfugié démuni peut-il se retrouver dans une situation aussi chaotique ? Nous méritons mieux que ça ». Les réfugiés estiment que la vie des réfugiés est prise « à la légère ».
Contexte du camp de Dzaleka
Le camp de Dzaleka, situé au Malawi, a été initialement conçu pour accueillir environ 12 000 personnes. Sa capacité d'accueil est désormais largement dépassée, le camp abritant aujourd'hui plus de 50 000 réfugiés, selon les informations disponibles. Parmi ces derniers, plus de 11 000 sont d'origine burundaise. Cette surpopulation met en lumière les défis auxquels sont confrontées les populations déplacées, qui estiment que la vie des réfugiés est prise « à la légère », dans un contexte de ressources limitées et de besoins croissants en matière de services essentiels.
Réactions et promesses d'action
Plusieurs réfugiés dénoncent ce qu'ils considèrent comme une forme de discrimination dans l'accès aux soins de santé à l'hôpital de Dowa. « Dans cet hôpital, les citoyens sont soignés gratuitement, mais pour les réfugiés, une somme non reconnue et qui varie selon la gravité de la maladie est versée aux infirmiers pour bénéficier d’un bon accueil », ont-ils déclaré, jugeant cette situation « inadmissible ». Ils estiment que les réfugiés devraient être soumis au même régime de traitement que les citoyens.
Selon plusieurs réfugiés interrogés, les deux décès ne sont pas des cas isolés. Ils affirment qu'« au moins deux réfugiés meurent chaque mois » à l'hôpital de Dowa, en raison de leur incapacité à payer certains frais médicaux. Les réfugiés considèrent que la vie des réfugiés est prise « à la légère » face à ces difficultés récurrentes.
Les autorités administratives du camp et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) auraient promis de chercher une solution à ce problème, en particulier dans le secteur de la santé. Cette promesse intervient alors que les tensions s'intensifient autour des conditions de prise en charge médicale des populations réfugiées.