Dzaleka : Des démolitions de maisons de réfugiés déclenchent des accusations de corruption

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Au moins vingt maisons ont été démolies dans le camp de Dzaleka, au Malawi, laissant plusieurs familles de réfugiés sans abri. Ces opérations, qui se poursuivent, ont pour objectif affiché de mettre fin aux constructions anarchiques au sein du camp, selon l'administration du site. La situation engendre des tensions et des accusations de corruption au sein de cette communauté de réfugiés, alors que de nombreuses familles se retrouvent désormais sans toit.

L'opération de démolition

Les démolitions ont spécifiquement ciblé les zones de New Katuza et de Blantyre au sein du camp de Dzaleka. Ces zones, situées dans le district de Dowa au Malawi, sont connues pour leur forte concentration de réfugiés. Elles sont principalement habitées par des communautés de réfugiés congolais et burundais, qui représentent une part significative de la population du camp. L'opération a ainsi directement affecté ces populations déjà vulnérables. L'administration du camp n'a pas précisé pourquoi ces zones en particulier ont été visées, au-delà de l'objectif général de lutter contre les constructions anarchiques. Les démolitions continuent de laisser plusieurs familles de réfugiés sans abri, exacerbant leur précarité.

La version des réfugiés

Plusieurs réfugiés dont les habitations ont été détruites contestent les accusations de construction illégale portées à leur encontre par l'administration du camp. Les résidents affirment avoir acquis leurs parcelles de terrain de manière légale avant d'y ériger leurs maisons. « Nous avions obtenu ces parcelles légalement », ont déclaré plusieurs réfugiés, soulignant leur incompréhension face aux démolitions. Ils décrivent la situation dans son ensemble comme une « arnaque ». Cette contestation met en lumière un profond désaccord sur la légalité des transactions foncières au sein du camp.

Cependant, ces acquisitions foncières ne sont pas reconnues par l'administration du camp de Dzaleka et ne figurent dans aucun registre officiel. Plusieurs victimes touchées par les démolitions reconnaissent ne pas posséder de documents officiels attestant de la propriété de leurs parcelles. Cette absence de reconnaissance officielle complique la situation pour les réfugiés qui se retrouvent désormais sans abri et sans recours formel pour défendre leurs droits sur les terrains qu'ils occupaient. La divergence entre les affirmations des réfugiés et l'absence de documentation officielle est au cœur du conflit actuel.

Contexte de surpopulation

Le camp de Dzaleka, conçu initialement pour accueillir jusqu'à 12 000 habitants, est confronté à une surpopulation critique. Il abrite actuellement plus de 50 000 réfugiés, soit plus de quatre fois sa capacité prévue. Parmi eux, plus de 11 000 sont des réfugiés burundais. Cette densité démographique exerce une forte pression foncière au sein du camp, caractérisée par un manque d'espace et de longues listes d'attente pour l'attribution de parcelles. La pression foncière est particulièrement forte en raison de cette surpopulation, rendant l'accès à un logement ou à une parcelle encore plus difficile pour les nouveaux arrivants et même pour les résidents de longue date. Pour alléger cette situation, un nouveau site est en cours de finalisation et devrait permettre de désengorger le camp de Dzaleka, offrant un potentiel soulagement à cette crise du logement.

Accusations et avertissements

Des accusations de corruption ciblent certains responsables du comité de direction du camp ou du HCR, soupçonnés d'attribuer des parcelles sans base légale. Le président du camp a déclaré que « Certains cadres du comité de direction du camp ou encore du HCR s’arrogent le droit d’octroyer des parcelles sans aucun fondement légal. Ils passent outre les mesures prises au niveau interne et sont sans nul doute corrompus ». Des individus en quête de terrains seraient contraints de verser de l'argent à des fonctionnaires impliqués dans l'attribution des parcelles pour être servis prioritairement, ce qui alimente les allégations de pratiques illégales. Face à ces allégations, l'administration du camp a suspendu l'attribution de nouvelles parcelles ainsi que la délivrance de permis de construire. Cette mesure vise à endiguer les pratiques douteuses et à rétablir l'ordre dans la gestion foncière. Le président du camp a averti que toute personne impliquée dans ces pratiques illégales sera sanctionnée, soulignant la détermination des autorités à lutter contre la corruption au sein du camp. ---