Le ministre de l'Éducation nationale et de la Recherche scientifique, François Havyarimana, a officiellement ordonné la fermeture de l'École Internationale de Gitega. Cette décision unilatérale, annoncée à l'approche de la rentrée scolaire de septembre, concerne directement les 736 élèves inscrits dans cet établissement d'enseignement réputé, situé au cœur de Gitega, la capitale politique du Burundi. La mesure ministérielle a provoqué une vive émotion et une mobilisation sans précédent au sein de la communauté éducative et parentale, qui s'interroge sur les motivations et les conséquences d'une telle action.
Impact Profond sur la Communauté Scolaire
Enseignants, parents et élèves expriment unanimement leur profonde inquiétude face aux répercussions immédiates et à long terme de cette fermeture. Les préoccupations majeures incluent la menace de pertes d'emploi pour le personnel enseignant et administratif, l'interruption brutale de la scolarité pour des centaines d'enfants, et de nombreuses incertitudes juridiques planant sur l'avenir de l'établissement et de ses occupants. L'annonce de cette décision a suscité un sentiment de désarroi généralisé, particulièrement chez les familles dont les enfants sont scolarisés à l'École Internationale de Gitega depuis de nombreuses années.
Un parent, dont les sept enfants ont fréquenté l'École Internationale de Gitega depuis 2007, a témoigné avec émotion de son désarroi. « Depuis 2007, mes sept enfants ont fréquenté l’École Internationale de Gitega. Cinq ont déjà terminé les humanités générales. Il me reste deux enfants : l’un est en 5ᵉ année et l’autre en 8ᵉ année. Aujourd’hui, on ferme cette école comme une simple boutique. Où iront-ils ? Même si je trouve un autre établissement, leur apprentissage risque d’en souffrir », a-t-il déclaré, soulignant la difficulté de trouver des alternatives éducatives de qualité dans un délai aussi court. Les cinq aînés de cette famille ont achevé leurs humanités générales au sein de l'établissement, attestant de l'engagement de la famille envers cette institution. Actuellement, deux de leurs enfants sont inscrits en 5ème et 8ème année, et leur avenir scolaire est désormais incertain. Le comité des parents d'élèves a entrepris des démarches répétées auprès des autorités compétentes pour tenter de résoudre la situation, mais n'a malheureusement reçu aucune réponse favorable à ce jour, accentuant le sentiment d'impuissance.
Mobilisation Active des Parents et Recours Juridiques Envisagés
Face à l'urgence de la situation et à l'absence de dialogue constructif, les familles concernées ont rapidement entamé la signature d'une pétition. Ce document formel est adressé directement au Premier ministre Nestor Ntahontuye, dans l'espoir d'obtenir une intervention de sa part. La pétition sollicite de manière explicite la suspension immédiate de la décision de fermeture et l'ouverture d'un dialogue franc et constructif avec toutes les autorités compétentes afin de trouver une solution durable.
Deo Kavamahanga, président du comité des parents d'élèves, a affirmé avec force que l'établissement avait toujours agi en conformité avec les exigences administratives. Il a précisé que tous les documents requis par le ministère de l'Éducation nationale, incluant le titre de propriété de l'établissement ainsi que son accréditation officielle, avaient été soumis en temps et en heure. Malgré cette diligence, la décision de fermeture a été maintenue, laissant la communauté scolaire dans l'incompréhension. Le comité des parents, déçu par l'absence de réponse et de considération pour leurs requêtes, envisage désormais de saisir les juridictions compétentes. L'objectif est de contester légalement la décision ministérielle de fermeture de l'École Internationale de Gitega, espérant ainsi obtenir une annulation judiciaire de cette mesure qu'ils jugent injustifiée et préjudiciable.
Justifications Ministérielles et Réactions de la Population
Le ministre François Havyarimana a justifié la fermeture de l'école par deux motifs principaux. Selon ses déclarations, l'établissement fonctionnerait en l'absence d'un cadre légal clair régissant son opération, et occuperait des bâtiments appartenant à l'État sans disposer d'un contrat de location en bonne et due forme. Ces arguments sont au cœur du litige et de la contestation des parents.
Des tentatives de contact ont été effectuées à plusieurs reprises avec le ministre Havyarimana, tant par téléphone que via la messagerie WhatsApp, afin d'obtenir des éclaircissements ou une réaction officielle à la mobilisation des parents. Cependant, ces tentatives sont restées sans réponse, renforçant le sentiment d'un manque de transparence et de volonté de dialogue de la part des autorités. Certains habitants de Gitega, témoins de la situation, estiment que les irrégularités alléguées, si elles s'avéraient fondées, auraient pu être résolues par un processus de dialogue et de régularisation progressive plutôt que par une fermeture immédiate et radicale de l'école. Des voix à Gitega suggèrent que des considérations politiques pourraient sous-tendre cette décision ministérielle, bien qu'aucune preuve publique tangible n'ait été avancée pour étayer ces allégations pour le moment. La communauté attend avec impatience une résolution à cette crise qui menace l'éducation de centaines d'enfants.