Gitega : Les commerçants menacés de ruine par des démolitions forcées

Une atmosphère tendue règne actuellement dans les allées du marché central de Gitega. L'atmosphère est lourde, alors que la nouvelle d'un ordre de démolition, communiquée au cours de la semaine, suscite de vives inquiétudes parmi les commerçants. La commune a insisté sur la nécessité de libérer le plus rapidement possible tous les passages prévus pour les camions de pompiers, lesquels existent depuis la construction du marché. Cette décision, présentée comme une mesure de sécurité impérative, menace la subsistance de nombreux opérateurs économiques.

Anarchie et corruption dénoncées

Les emplacements prétendument illégaux n'ont pas été créés spontanément. Selon de nombreux témoignages, cette anarchie s'est développée au su des responsables du marché central de Gitega. Cette situation, qui perdure depuis des années, a transformé ces espaces en véritables objets d'une intense spéculation. Ces places se monnayaient pour des millions de francs burundais entre commerçants, créant un marché parallèle florissant. L'administration du marché a toléré cette situation, et les commerçants concernés paient régulièrement taxes et redevances. Ce marché noir de stands, toléré pendant des années, se retourne désormais contre les derniers acquéreurs, souvent les plus vulnérables. Ces commerçants, ayant investi des sommes considérables, se retrouvent aujourd'hui face à la destruction de leurs moyens de subsistance. Une tentative d'interviewer le commissaire du marché est restée infructueuse, malgré le fait qu'un commissaire avec un bureau au sein du marché et son comité de marché sont présents sur place.

L'impact économique dévastateur

Les commerçants visés par les démolitions perçoivent cette mesure comme une mort économique, selon plusieurs de leurs déclarations. La décision est également considérée comme une profonde injustice sociale, particulièrement en raison du coût de la vie élevé au Burundi. Les opérateurs économiques concernés affirment que la destruction de leurs étals les privera de leur unique source de revenus, compromettant ainsi la subsistance de leurs familles. La démolition de ces installations menace de laisser de profondes cicatrices économiques non seulement pour les commerçants eux-mêmes, mais aussi pour leurs dépendants. Ils expriment une crainte palpable de la misère, affirmant n'avoir pas d'autre profession pour subvenir à leurs besoins.

Les revendications des commerçants

Tous les stands érigés près des entrées, des sorties et sur les chemins réservés aux camions de pompiers doivent être démolis, selon les directives communales. Cette mesure est présentée par les autorités comme une décision de sécurité non négociable, visant à prévenir de futures tragédies similaires à celles survenues par le passé. Les autorités affirment que cette action est nécessaire pour garantir la sécurité de tous les usagers du marché. Cependant, les commerçants estiment être punis pour les erreurs et la complaisance des gestionnaires du marché qui ont laissé la situation se dégrader. Ils se sentent victimes d'une négligence administrative de longue date. En conséquence, les commerçants de Gitega touchés par ces démolitions exigent unanimement une solution alternative. Ils réclament soit un relogement digne de leurs activités, leur permettant de continuer à opérer dans des conditions viables, soit une compensation financière juste pour les pertes subies, afin de pouvoir se réinventer professionnellement.

Témoignages et appels à l'aide

Les commerçants affirment n'avoir pas d'autre profession et craignent la misère si leurs stands sont détruits. La démolition de ces installations menace de laisser de profondes cicatrices économiques, selon les commerçants concernés. Ils lancent un appel pressant aux autorités pour qu'une solution équitable soit trouvée, soulignant l'urgence de leur situation face à cette menace imminente.