La fermeture du camp de Nduta en Tanzanie a déclenché un déplacement important de réfugiés burundais vers plusieurs pays de la sous-région. Ce mouvement est le résultat direct de la décision de fermer ce camp, entraînant un exode chaotique pour des milliers de personnes. Cette situation a contraint de nombreuses familles à reprendre la route dans des conditions souvent précaires, cherchant refuge et sécurité au-delà des frontières tanzaniennes. Parallèlement, le camp de Nyarugusu, qui continue d'accueillir des réfugiés burundais, est lui aussi programmé pour fermer ses portes. Selon les décisions annoncées, cette fermeture interviendra d'ici le 31 juillet 2026, augurant de nouveaux déplacements massifs dans la région. L'anticipation de cette fermeture prochaine ajoute une couche d'incertitude et de pression sur les populations réfugiées, qui craignent pour leur avenir et la stabilité de leur situation.
Voyages périlleux et arrivées massives
Des arrivées quotidiennes sont signalées dans les camps de Nakivale, Kakuma et Mahama, situés respectivement en Ouganda, au Kenya et au Rwanda. Ces mouvements constants témoignent de l'ampleur du déplacement en cours. Au camp de Nakivale en Ouganda, des sources indiquent l'arrivée de plusieurs centaines de Burundais chaque semaine depuis environ un mois. Ces chiffres soulignent l'afflux régulier et soutenu de nouveaux arrivants dans cette région. Les réfugiés décrivent un voyage périlleux, marqué par la faim, des arrestations et des passages clandestins. Les témoignages recueillis font état de conditions de transit extrêmement difficiles, où chaque étape du parcours est semée d'embûches et de dangers potentiels.
Au camp de Kakuma au Kenya, les nouveaux arrivants sont enregistrés et reçoivent une aide alimentaire, selon des sources locales. Cette assistance est clé pour les populations épuisées par leur périple. Les arrivées au camp de Mahama au Rwanda seraient moins nombreuses, en raison de contrôles frontaliers stricts. Malgré ces obstacles, des réfugiés parviennent à atteindre cette destination, bien que leur nombre soit limité. Des témoignages recueillis décrivent un voyage qualifié de « Via Dolorosa », avec des traversées clandestines, des arrestations répétées et des retours forcés vers le Burundi ou la Tanzanie. Ces récits poignants mettent en lumière la détresse et la détermination de ces personnes à trouver un havre de paix. Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontés les réfugiés burundais fuyant la fermeture du camp de Nduta. La nécessité de franchir plusieurs frontières dans des conditions précaires accentue les risques encourus par ces populations en quête de sécurité. Les récits concordent sur la difficulté des trajets et la vulnérabilité des familles, souvent séparées ou confrontées à des choix déchirants.
Contexte des rapatriements forcés
Depuis la fermeture du camp de Nduta, effective au 30 avril 2026, l'ensemble de ses infrastructures a été officiellement rétrocédé aux autorités tanzaniennes. Cette transition marque une étape significative dans le processus de démantèlement des camps de réfugiés burundais sur le territoire tanzanien. Elle fait suite à une série de décisions et d'accords ayant encadré le retour des populations burundaises. Pour les milliers de résidents du camp, cette rétrocession a signifié la fin d'une période de relative stabilité et le début d'un nouvel exil.
Certains réfugiés expriment leur mécontentement et imputent au HCR et aux autorités tanzaniennes la responsabilité de la dégradation de leur situation. Ils citent notamment les décisions prises dans le cadre de l'accord tripartite entre la Tanzanie, le Burundi et le HCR, concernant les rapatriements volontaires. Ces accusations soulignent une perception de contrainte sous-jacente aux efforts de rapatriement, affectant les conditions de vie et les choix des personnes concernées. Ces populations estiment que leur droit de choisir librement leur lieu de résidence n'a pas été pleinement respecté, les poussant à des déplacements non désirés.
Défis humanitaires et appels à l'aide
Près de 200 000 réfugiés burundais sont actuellement répartis dans plusieurs pays de la sous-région, selon les données du HCR. Ces populations se trouvent notamment en Ouganda, en Tanzanie, au Rwanda, en République démocratique du Congo (RDC) et au Kenya, ainsi que dans les pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), notamment la Zambie et le Malawi. Cette dispersion à travers un vaste territoire rend la coordination de l'aide humanitaire particulièrement complexe. Plusieurs témoignages indiquent que des milliers de réfugiés seraient toujours en route ou bloqués en Tanzanie, tandis que d'autres auraient disparu durant leur périple. Cette incertitude quant au sort de ces personnes est une source majeure de préoccupation pour les organisations humanitaires. Face à cette situation, les acteurs humanitaires alertent sur une dégradation continue des conditions de gestion de cette crise. Ils mettent en garde contre les conséquences d'une assistance insuffisante et appellent à une mobilisation internationale accrue pour répondre aux besoins urgents de ces populations vulnérables. Les défis incluent l'accès à la nourriture, à l'eau, aux abris, aux soins de santé et à la protection, autant d'éléments essentiels pour la survie et la dignité des réfugiés.