Fin des soins gratuits au Centre Dunamai : inquiétudes à l'hôpital Roi Khaled

Des femmes et leurs enfants dans une allée de l’hôpital Roi Khaled, mars 2025. La suspension de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans à la Polyclinique Dunamai Center suscite des inquiétudes sur une possible surcharge de cet hôpital public.
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

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La Polyclinique Dunamai Center, située dans la zone Gihosha de la commune Ntahangwa, au nord de Bujumbura, mettra fin aux soins gratuits pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans à compter du 1er juillet 2026. La direction de l'établissement a annoncé cette décision le 17 juin, sans en rendre publiques les raisons. Cette mesure concerne spécifiquement les services de maternité et de pédiatrie, qui étaient auparavant accessibles sans frais pour ces catégories de patients vulnérables. La Polyclinique Dunamai Center appartient à Ezechiel Nibigira, ancien ministre burundais des Affaires étrangères. Cette suspension future des services médicaux gratuits suscite des inquiétudes croissantes, notamment au sein de la communauté locale et des professionnels de la santé de l'hôpital Roi Khaled, qui anticipent des répercussions significatives sur l'accès aux soins dans la région.

Conséquences pour l'hôpital Roi Khaled

Les professionnels de la santé de l'hôpital Roi Khaled, également situé dans la zone Gihosha, craignent une augmentation significative du nombre de patients. Cette hausse est particulièrement anticipée dans les services de maternité, gynécologie et pédiatrie de l'établissement, des domaines où le Centre Dunamai offrait une prise en charge gratuite. Les capacités de cet hôpital sont déjà fortement sollicitées, selon les observations des équipes médicales, ce qui laisse présager des difficultés pour absorber un afflux supplémentaire de patients. Les équipes médicales de l'hôpital Roi Khaled s'inquiètent des défis logistiques et humains que cette situation pourrait engendrer, notamment en termes de gestion des urgences et de maintien de la qualité des soins.

Cette décision, qui mettra fin aux soins gratuits au Centre Dunamai, devrait affecter en premier lieu les ménages les plus modestes de la région. Pour ces familles, l'accès à des soins médicaux abordables est clé, et la suppression de la gratuité représente une charge financière supplémentaire potentiellement insoutenable. Aucune mesure officielle n'a été annoncée à ce jour par les autorités compétentes pour limiter les conséquences potentielles de cette décision sur l'accès aux soins de la population. Les inquiétudes persistent quant à la capacité des infrastructures sanitaires existantes à absorber ce flux supplémentaire de patients, et des voix s'élèvent pour demander des solutions concrètes afin de préserver l'accès aux services de santé essentiels pour les populations les plus défavorisées.

Réactions des usagers et professionnels

Les conséquences de la fin des soins gratuits au Centre Dunamai suscitent des réactions diverses parmi la population et le personnel soignant. Espérance, une habitante de Gikungu Rural, a exprimé son inquiétude face à cette décision. Elle a expliqué que le Centre Dunamai leur permettait d'éviter les longues files d'attente à l'hôpital Roi Khaled, facilitant ainsi un accès plus rapide aux soins. Espérance a souligné la qualité de la prise en charge offerte par le Centre Dunamai, qui était particulièrement appréciée pour sa rapidité et son efficacité dans la gestion des cas. Cette résidente de Gikungu Rural a également mis en avant l'importance de ces services gratuits pour les familles aux revenus modestes, pour qui le coût des soins représente souvent un obstacle majeur. La perspective de devoir se tourner uniquement vers l'hôpital Roi Khaled pour des soins qui étaient auparavant gratuits au Dunamai Center inquiète les usagers, qui craignent une dégradation de l'accès et de la qualité des services médicaux. Cette situation pourrait contraindre de nombreuses familles à retarder ou à renoncer à des soins essentiels pour leurs enfants et les femmes enceintes, avec des conséquences potentiellement graves pour la santé publique.

Contexte des soins gratuits

La question de la suspension des soins gratuits dans certaines structures de santé a été abordée lors d'une émission publique diffusée le 11 juin à Gitega. Cette discussion a réuni des membres du gouvernement et des journalistes, soulignant l'importance de ce sujet dans le débat public et l'attention qu'il suscite au niveau national. La Clinique Van Norman, gérée par l'Université Espoir d'Afrique, a également connu des réorganisations similaires concernant ses offres de soins gratuits, indiquant que le phénomène ne se limite pas à la Polyclinique Dunamai Center. Ces réajustements dans différentes structures de santé suggèrent une tendance plus large. Plusieurs bénéficiaires rencontreraient des difficultés pour accéder aux soins gratuits à l'Hôpital Militaire de Bujumbura, où cette mesure serait devenue de plus en plus limitée. Ces exemples illustrent une tendance croissante à la restriction des services médicaux gratuits dans le pays, phénomène qui suscite de vives interrogations quant à ses impacts sur l'accès aux soins pour les populations vulnérables et sur l'équité du système de santé burundais. Les autorités sont désormais attendues pour clarifier leur position et proposer des solutions face à cette évolution.