Guerre de succession au CNL : le verdict de la Cour suprême attendu pour 2026

Le congrès des tombeurs de Rwasa tenu à Ngozi sous la haute protection des forces de l’ordre
Photo via Iwacu-burundi

Une guerre de succession oppose Agathon Rwasa et Nestor Girukwishaka pour la présidence du Congrès national pour la liberté (CNL) au Burundi, dont le verdict est attendu le 16 juillet 2026. Ce conflit fait suite à la destitution d'Agathon Rwasa de la tête du parti en mars 2024 et à son remplacement par Nestor Girukwishaka, une décision qu'il conteste devant la Cour suprême. Agathon Rwasa a exprimé son espoir que la Cour suprême « dise le droit car, la nation burundaise en a soif et en a besoin pour sortir du bourbier », ajoutant que « la justice grandit une nation, le péché est la honte des peuples », citant les Proverbes.

De son côté, Nestor Girukwishaka a affirmé que pour l’actuelle direction du parti, le « soi-disant camp d’Agathon Rwasa n’existe pas étant donné que la légalité a été établie en bonne et due forme ». Il a souligné que les instances habilitées n’ont fait que « lire la loi » lors de l’éviction de M. Rwasa, et que la justice burundaise devrait continuer dans cette voie.

Origines du conflit interne

Le Congrès national pour la liberté (CNL) a été fondé en février 2019 par Agathon Rwasa. Un congrès extraordinaire s'est tenu le 10 mars 2024 à Ngozi, organisé par un groupe de « frondeurs » opposés à M. Rwasa. Les organisateurs de ce congrès ont accusé Agathon Rwasa de détournement de fonds et d'actifs, ainsi que d'absences prolongées aux réunions statutaires du parti, des allégations qui ont conduit à sa destitution.

Le ministre de l'Intérieur, Martin Niteretse, a pris acte du rapport et des décisions issues de ce congrès extraordinaire le 13 mars 2024. Agathon Rwasa a réagi à cette situation en déclarant : « Je suis citoyen et en même temps patriote. Tant que je respire encore, c’est mon devoir de contribuer à l’essor du Burundi peu importe les stratagèmes de ceux qui veulent le maintenir sous le joug des exploiteurs et autres spoliateurs. » Il a également affirmé : « Je n’entretiens pas de relations avec ceux-là car je suis aux antipodes de la vassalité. Pour émettre sur les mêmes diapasons qu’ils libèrent leurs esprits du sectarisme et des compromissions avec ceux qui enfoncent le Burundi dans la précarité et la médiocrité. »

Agathon Rwasa a par ailleurs exprimé des réserves quant aux institutions électorales, déclarant que « La CENI est comme une autre cellule du parti présidentiel. Elle n’est pas à la hauteur de la tâche dont elle est sensée appelée à accomplir. » Il a ajouté que « les préparatifs de la prochaine présidentielle de 2027 dans leur état actuel n’inspirent pas d’espoir », et a plaidé pour un « sursaut de prise de conscience par les dirigeants et les dirigés » afin d'éviter que le pays ne continue de sombrer.

La bataille judiciaire en cours

Agathon Rwasa a déposé une plainte auprès de la Cour suprême du Burundi suite à sa destitution de la tête du Congrès national pour la liberté (CNL). En avril 2024, Agathon Rwasa et son équipe ont formellement introduit cette plainte devant la plus haute juridiction du pays, contestant la légitimité de la décision de le remplacer par Nestor Girukwishaka.

Une audience était initialement prévue pour le 7 novembre 2024, mais elle a été reportée au 27 février 2025. Le procès a ensuite été de nouveau ajourné au 25 septembre 2025, prolongeant ainsi l'attente du dénouement de cette affaire.

Le verdict est attendu lors d'une audience publique prévue le 16 juillet 2026, devant la Chambre administrative de la Cour suprême. M. Rwasa a exprimé son espoir que la Cour suprême « dise le droit car, la nation burundaise en a soif et en a besoin pour sortir du bourbier. Il est écrit : « La justice grandit une nation, le péché est la honte des peuples » (Proverbes 14 :34) ».

Agathon Rwasa a également réitéré son engagement citoyen. Il a déclaré : « Je suis citoyen et en même temps patriote. Tant que je respire encore, c’est mon devoir de contribuer à l’essor du Burundi peu importe les stratagèmes de ceux qui veulent le maintenir sous le joug des exploiteurs et autres spoliateurs. » Concernant ses adversaires politiques, il a affirmé : « Je n’entretiens pas de relations avec ceux-là car je suis aux antipodes de la vassalité. Pour émettre sur les mêmes diapasons qu’ils libèrent leurs esprits du sectarisme et des compromissions avec ceux qui enfoncent le Burundi dans la précarité et la médiocrité. »

M. Rwasa a par ailleurs émis des réserves sur les institutions électorales, déclarant que « La CENI est comme une autre cellule du parti présidentiel. Elle n’est pas à la hauteur de la tâche dont elle est sensée appelée à accomplir. » Il a ajouté que « les préparatifs de la prochaine présidentielle de 2027 dans leur état actuel n’inspirent pas d’espoir », et a préconisé un « sursaut de prise de conscience par les dirigeants et les dirigés en vue d’éviter que notre pays continue à sombrer et se mettre ensemble pour redorer l’image de cette nation ». Enfin, concernant la présidentielle de 2027, il a souligné que « le principe est simple : quand une porte est fermée, il y a plusieurs autres qui sont ouvertes. »

Positions des protagonistes

Nestor Girukwishaka détient actuellement la présidence du Congrès national pour la liberté (CNL). Le congrès qui a eu lieu à Ngozi a installé M. Girukwishaka à la tête du parti. Pour sa part, Agathon Rwasa et son camp considèrent que ce congrès de Ngozi a été tenu en violation des statuts du parti. Agathon Rwasa reste par ailleurs membre du CNL.

Nestor Girukwishaka a affirmé que pour la direction actuelle du parti, le « soi-disant camp d’Agathon Rwasa n’existe pas étant donné que la légalité a été établie en bonne et due forme ». Il a ajouté que les instances habilitées n’ont fait que « lire la loi » lors de l’éviction de M. Rwasa, et que la justice burundaise devrait poursuivre dans cette voie. M. Girukwishaka a précisé que « le parti n’est pas ancré autour d’une seule personne », mais repose sur « un ensemble d’efforts conjugués de tous les militants ».

De son côté, Agathon Rwasa a exprimé son espoir que la Cour suprême « dise le droit car, la nation burundaise en a soif et en a besoin pour sortir du bourbier », citant que « la justice grandit une nation, le péché est la honte des peuples » (Proverbes 14 :34). M. Rwasa a également déclaré : « Je suis citoyen et en même temps patriote. Tant que je respire encore, c’est mon devoir de contribuer à l’essor du Burundi peu importe les stratagèmes de ceux qui veulent le maintenir sous le joug des exploiteurs et autres spoliateurs. »

Agathon Rwasa a affirmé ne pas entretenir de relations avec ses opposants, déclarant : « Je n’entretiens pas de relations avec ceux-là car je suis aux antipodes de la vassalité. Pour émettre sur les mêmes diapasons qu’ils libèrent leurs esprits du sectarisme et des compromissions avec ceux qui enfoncent le Burundi dans la précarité et la médiocrité. » Concernant l'échéance électorale de 2027, il a souligné que « le principe est simple : quand une porte est fermée, il y a plusieurs autres qui sont ouvertes ». Il a aussi exprimé des réserves sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qu'il perçoit « comme une autre cellule du parti présidentiel », estimant que « les préparatifs de la prochaine présidentielle de 2027 dans leur état actuel n’inspirent pas d’espoir ».

Enjeux pour la présidentielle 2027

L'approche de l'élection présidentielle de 2027 au Burundi confère une importance particulière à l'issue de la guerre de succession du CNL. Le Congrès national pour la liberté (CNL) dirigé par Nestor Girukwishaka pourrait présenter son propre candidat pour ce scrutin ou envisager la formation de coalitions.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) est perçue par le CNL de M. Girukwishaka comme étant loin de susciter une appréciation positive quant à sa composition et son mode de fonctionnement. Cette position du parti s'inscrit dans un contexte de préoccupations plus larges concernant l'organisation des prochaines échéances électorales.

La mise en place des Commissions électorales provinciales indépendantes (CEPI) n'a pas, selon le CNL de M. Girukwishaka, respecté les exigences d'inclusion, de neutralité ou de respect de la diversité politique. Ces commissions provinciales sont actuellement en cours d'établissement et sont opérationnelles à l'échelle du pays.