En Ouganda, les autorités et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) organisent activement des réunions de sensibilisation pour les réfugiés burundais installés dans le camp de Nakivale, situé dans le sud-ouest du pays. Ces rassemblements, qui se multiplient, visent à encourager une participation massive des réfugiés, en particulier ceux récemment arrivés de la Tanzanie après la fermeture des camps de Nduta et Nyarugusu. L'objectif principal de ces sessions est de préparer les réfugiés à leur retour dans leur pays d'origine avant une échéance clé : le statut de réfugié pour les Burundais résidant à Nakivale doit prendre fin au cours du premier semestre 2028. Le camp de Nakivale, l'un des plus grands de la région, héberge actuellement plus de 150 000 réfugiés, parmi lesquels plus de 33 000 sont des Burundais. Cette population spécifique est au cœur des discussions et des préparatifs en cours.
Préparatifs du retour et justifications officielles
Ces réunions visent donc directement à préparer les réfugiés burundais à leur retour dans leur pays d'origine avant l'expiration de leur statut de réfugié, prévue pour le premier semestre 2028. Des représentants du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) et du Bureau du Premier ministre ougandais en charge des Réfugiés transmettent un message clair et unifié aux réfugiés : « Préparez-vous à un retour massif ». Ce message insiste sur l'imminence et l'ampleur du mouvement de rapatriement envisagé.
Les justifications avancées pour ce rapatriement incluent principalement le rétablissement de la paix et de la stabilité politique au Burundi, des conditions jugées propices au retour des citoyens. À cela s'ajoutent les appels répétés des autorités burundaises à leurs citoyens pour qu'ils rentrent chez eux, soulignant une volonté politique d'accueillir les rapatriés. Les représentants de l'UNHCR affirment que le rapatriement volontaire constitue la solution durable privilégiée lorsque les conditions dans le pays d'origine sont jugées favorables et que la sécurité des personnes peut être garantie.
Au cours de ces réunions, des méthodes utilisées dans les pays voisins, notamment en Tanzanie, pour encourager les retours, ont été évoquées comme des exemples à suivre ou des pratiques inspirantes. Il a été clairement suggéré que des approches similaires à celles employées lors de la fermeture des camps de Nduta et Nyarugusu pourraient être envisagées si les réfugiés ne participent pas suffisamment au processus d'enregistrement en cours pour le rapatriement. Cette allusion s'interprète comme une mise en garde quant aux conséquences d'une non-coopération avec les efforts de rapatriement volontaire. Les autorités et l'UNHCR mettent en avant les avantages perçus d'un retour organisé et anticipé, tout en soulignant la fin prochaine du statut de réfugié pour cette population.
Détérioration des conditions et violations alléguées
La réunion la plus récente s'est déroulée dans le village de Kabazana A, faisant suite à une précédente rencontre organisée à Nyarugugu, le centre urbain du camp de Nakivale. Ces discussions interviennent dans un contexte de dégradation notable des conditions de vie pour les réfugiés. Des services humanitaires jugés essentiels, tels que les soins de santé et l'éducation, auraient été réduits ou suspendus, exacerbant considérablement la vulnérabilité des populations déjà précaires. Cette diminution des aides fondamentales crée un climat d'incertitude et de difficulté accrue au sein du camp.
Les réfugiés arrivés récemment de Tanzanie expriment une inquiétude particulièrement vive face à cette situation, reconnaissant dans les conditions actuelles les prémices de leurs expériences précédentes dans les camps de Nduta et Nyarugusu, où des pressions similaires avaient été exercées. Un réfugié récemment arrivé de Tanzanie a témoigné de l'absence d'aide, illustrant la gravité de la situation : « Certains d’entre nous sont arrivés en avril, d’autres en mai ou en juin, mais nous n’avons encore reçu aucune aide. Nous n’avons pas d’abris, nous devons louer nous-mêmes des maisons et nous ne recevons pas de nourriture. Nous vivons dans une situation très difficile. » Ce témoignage met en lumière l'urgence de la crise humanitaire pour les nouveaux arrivants, qui se retrouvent sans le soutien vital attendu.
Face à cette détérioration alarmante, un groupe de leaders de réfugiés a adressé une déclaration formelle et détaillée à l'UNHCR, ainsi qu'à diverses organisations de défense des droits de l'homme, des missions diplomatiques et d'autres acteurs internationaux. Cette démarche vise à alerter de manière officielle sur les défis croissants auxquels sont confrontés les réfugiés burundais et à solliciter une intervention urgente de la communauté internationale. La déclaration note avec force les préoccupations concernant le respect des droits et la protection des personnes déplacées, insistant sur la nécessité de maintenir les principes fondamentaux de l'aide humanitaire.
Appel à l'aide et exigences des réfugiés
La déclaration des leaders de réfugiés dénonce une détérioration rapide et inacceptable de leur protection, alléguant des violations des droits humains, de l'intimidation et une pression psychologique croissante exercée sur la population réfugiée. Ces pressions, combinées aux conditions de vie difficiles, créent un environnement de peur et d'incertitude. Des restrictions de mouvement affectent également les moyens de subsistance des réfugiés, limitant gravement leur capacité à subvenir à leurs besoins fondamentaux et à ceux de leurs familles. Les nouveaux arrivants de Tanzanie, arrivés dès avril, mai ou juin, rapportent un manque total d'assistance, sans abri, sans nourriture, et sans accès aux services essentiels, ce qui les plonge dans une détresse profonde dès leur arrivée en Ouganda.
Face à cette situation critique, les réfugiés lancent un appel pressant et urgent à une intervention immédiate du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), des organisations de défense des droits humains, des missions diplomatiques et de la communauté internationale dans son ensemble. Ils exigent que tout retour vers le Burundi soit strictement volontaire, garantissant leur sécurité et leur dignité tout au long du processus. Les réfugiés rappellent avec insistance que le principe fondamental de non-refoulement, pierre angulaire du droit international humanitaire, interdit formellement de renvoyer des individus vers des pays où ils risquent la persécution ou de graves violations des droits humains. Ils soulignent l'importance de ce principe pour assurer leur protection et éviter des retours forcés dans un contexte potentiellement dangereux. Ce rappel note leur détermination à faire valoir leurs droits face aux pressions exercées pour un rapatriement massif.