Joyce Harerimana : Une vie dédiée à la réconciliation

Photo via Iwacu-burundi

Joyce Harerimana est née le 1er juillet 1964 dans l’ancienne commune de Butezi. Titulaire d’un diplôme D3 en secrétariat obtenu au Lycée technique des filles de Bukeye en 1983, elle a entamé sa carrière professionnelle en 1986. Joyce Harerimana explique : « Même aujourd’hui, je ne supporte pas de voir les autres se chamailler, que ce soit entre conjoints ou dans l’entourage. » Cette volonté de pacification guide son quotidien. Sa voisine Marie Rose Nduwimana témoigne : « Quand Joyce arrive quelque part et constate que les choses ne vont pas bien, elle s’arrête. Elle essaie de rapprocher les personnes et de les réconcilier. »

Un engagement précoce pour autrui

Joachin Niyibona a rencontré Joyce Harerimana en 1992, lors de son arrivée en tant qu'élève au Lycée Nyankanda. Joachin Niyibona, actuel directeur de cet établissement, se souvient de cette période : « Il y a eu des crises. Au sein même de l’école, des conflits entre élèves ont éclaté. Mais, grâce à la vigilance des éducateurs, dont Joyce, rien de grave ne s’est produit. Ils intervenaient pour séparer les élèves et empêcher que les conflits conduisent à des tueries. »

Durant les violences de 1993, Joyce Harerimana a ouvert son domicile ainsi que les locaux du Lycée Nyankanda pour accueillir les personnes fuyant le conflit. Sa voisine Marie Rose Nduwimana, qui a bénéficié de cette aide, confie : « Elle m’a permis de me sentir comme chez moi. » Cette action de protection a permis de mettre à l'abri des individus exposés aux troubles civils qui touchaient alors la région.

Médiation au quotidien à Munyinya

Joyce Harerimana intervient régulièrement dans la localité de Munyinya pour résoudre les différends opposant des résidents burundais à des réfugiés congolais. Ces tensions portent principalement sur deux ressources vitales : l'accès à l'eau potable et l'utilisation des terres agricoles.

La gestion de ces conflits nécessite une présence constante sur le terrain, où Joyce Harerimana écoute les doléances de chaque partie pour éviter que les désaccords ne s'enveniment. Les litiges liés aux parcelles cultivables surviennent souvent lorsque les limites des zones exploitées deviennent floues, tandis que la pression sur les points d'eau génère des altercations quotidiennes entre les usagers. En facilitant le dialogue entre les populations locales et les réfugiés, elle cherche des compromis permettant un partage équitable des ressources disponibles. Ses démarches de médiation visent à stabiliser les relations de voisinage malgré la rareté des moyens dans cette zone. Cette implication directe permet de désamorcer les rancœurs avant qu'elles ne dégénèrent en affrontements physiques ou en ruptures durables du lien social au sein de la communauté.