La CVR œuvre à l'indemnisation des victimes et à la résolution des conflits fonciers à Rumonge

Pierre-Claver Ndayicariye, président de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), a rencontré le samedi 27 juin 2026 des représentants de la communauté musulmane à Rumonge. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre des efforts de la CVR pour recueillir les dossiers de victimes et résoudre les conflits fonciers dans la région. M. Ndayicariye a indiqué que « plus de 4 000 dossiers [avaient] déjà été reçus » dans le cadre de ces démarches. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de « privilégier les arrangements à l’amiable » pour apaiser les tensions et faciliter le processus d'indemnisation.

Fonds d'indemnisation : une demande formelle

Pierre-Claver Ndayicariye a adressé une demande formelle au gouvernement du Burundi pour la création d'un fonds d'indemnisation des victimes. Ce fonds, dont la mise en place est prévue par le Protocole 4 de l'Accord d'Arusha, devrait être, selon M. Ndayicariye, initié par le gouvernement afin d'encourager les partenaires à emboîter le pas. Les participants à la rencontre ont souhaité que la CVR indemnise également ceux dont l'argent a été volé dans les banques pendant les événements de 1972, invoquant le principe de continuité de l'État. Une femme musulmane a notamment réclamé une indemnisation pour un camion Volvo N86 dérobé autour de 1972 à Rumonge. D'autres personnes ont rapporté la perte de biens de valeur tels que des bateaux, des motos et des machines, exprimant l'espoir d'être indemnisées. Certains individus ont en outre demandé à la CVR de s'efforcer de restituer les maisons occupées illégalement depuis 1972 à leurs propriétaires légitimes. Les rapatriés et les résidents de Rumonge ont suggéré une mise en place rapide de ce fonds d'indemnisation.

Gestion des dossiers fonciers et immobiliers

La Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a déjà enregistré plus de 4 000 dossiers relatifs aux conflits fonciers et autres problèmes de propriété dans la seule commune de Rumonge. Parmi ces dossiers, certains concernent des particuliers dont les terres sont occupées par des infrastructures publiques telles que des écoles, des centres de santé et des bureaux. Ces personnes demandent une compensation pour ces occupations. La CVR a indiqué que les décisions de l'ancienne Commission Nationale des Terres et autres Biens (CNTB) qui ont été mal rendues seront annulées, tandis que celles jugées conformes seront maintenues. Les dossiers qui étaient restés en suspens devant l'ancienne CNTB sont par ailleurs toujours réceptionnés et examinés par la CVR. Des fausses décisions provenant de l'ancienne CNTB, portant de faux sceaux, seraient également en circulation dans la commune de Rumonge.

Contexte et décisions futures

Les premières décisions de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) dans la province de Burunga sont sur le point d'être rendues publiques. Ces annonces marquent une étape significative dans le processus de résolution des litiges fonciers et d'indemnisation des victimes engagé par la CVR. Ces communications interviennent après une période de recueil de dossiers et de consultations avec les communautés locales, dans le but de restaurer la justice et de promouvoir la réconciliation. La CVR poursuit ainsi ses efforts pour clarifier les situations complexes et apporter des réponses aux attentes des populations affectées.

Appels à la médiation et vigilance

Pierre-Claver Ndayicariye a exhorté les parties en conflit à « privilégier les arrangements à l’amiable », précisant que les résultats de ces médiations devraient ensuite être validés par la CVR. Cette approche vise à apaiser les tensions et à faciliter le traitement des dossiers. La CVR met en garde contre la circulation de faux documents. Dans la commune de Nyanza, l'administration communale a identifié une personne fabriquant de faux sceaux, ce qui complique davantage la gestion des dossiers fonciers et immobiliers. La vigilance reste de mise pour garantir l'authenticité des documents présentés.