Des véhicules électriques circulent actuellement dans les rues de Bujumbura. Cette flotte diversifiée comprend des voitures de promenade, des taxis ainsi que des coasters. La présence de ces moyens de transport alimentés à l'électricité marque une évolution dans les habitudes de circulation au sein de la capitale du Burundi. Ces automobiles et véhicules de transport collectif sont désormais visibles pour les usagers de la route. Leur intégration dans le paysage urbain témoigne d'une transition énergétique en cours. Les résidents observent ces différents modèles électriques circuler quotidiennement dans plusieurs quartiers. Cette transition vers des modes de déplacement moins dépendants des énergies fossiles modifie la physionomie du trafic local à Bujumbura. L'apparition de ces véhicules, qu'il s'agisse de voitures de promenade, de taxis ou de coasters, constitue un changement notable pour les habitants qui côtoient désormais ces nouvelles motorisations sur les axes routiers de la ville.
Mesures incitatives et infrastructures
Le gouvernement du Burundi a annoncé une exonération fiscale pour les véhicules électriques importés sur le territoire national. Cette mesure vise à faciliter l'accès à ces nouvelles technologies de transport. En supprimant les barrières douanières et les taxes à l'importation, les autorités cherchent à encourager l'adoption massive de ces engins par les particuliers comme par les professionnels du transport. Dans le même temps, un investisseur burundais a installé une station de recharge solaire à Bujumbura, apportant une solution locale pour l'alimentation en énergie de ces nouveaux modèles. Cette infrastructure, conçue pour capter l'énergie du soleil afin de recharger les batteries, représente un pilier essentiel pour le développement de la mobilité électrique dans la capitale.
Rémy Marie Nkurunziza, docteur en géo-écologie et enseignant-chercheur à l’Université du Burundi, analyse cette transition énergétique. « A moyen terme, l’usage des énergies vertes, surtout les voitures électriques, réduit la dépendance à l’importation des carburants », explique-t-il. Pour cet expert, le passage à l'électrique est une réponse directe aux enjeux de dépendance énergétique auxquels le pays fait face. Selon lui, le déploiement de cette technologie exige un accompagnement technique rigoureux. Il précise : « Quand on importe une nouvelle technologie, il faut aussi importer les compétences. »
Pour cet universitaire, la pérennisation du secteur électrique nécessite une structuration de la formation professionnelle. Rémy Marie Nkurunziza ajoute : « Quand on importe la voiture ou une nouvelle technologie, il faut aussi importer les compétences, créer des écoles comme on en a créé pour l’automobile mécanique. » Il note ainsi l'importance de bâtir un écosystème complet autour de cette innovation. La maintenance des véhicules, la gestion des systèmes de charge et le suivi des batteries sont autant de domaines qui requièrent une main-d'œuvre locale qualifiée. Ces initiatives gouvernementales et privées marquent ainsi les premières étapes d'une adaptation du cadre logistique et éducatif burundais aux exigences de la mobilité électrique. La synergie entre les incitations fiscales, les investissements privés dans les infrastructures de recharge et l'anticipation des besoins en formation professionnelle dessine les contours d'une stratégie nationale tournée vers la modernisation des transports. En observant l'intégration progressive de ces voitures de promenade, taxis et coasters, les acteurs du secteur entendent préparer le pays aux mutations technologiques à venir dans le domaine de la mobilité durable.