L'Assemblée Nationale burundaise s'inquiète de la gestion des hôpitaux

L'Assemblée Nationale du Burundi s'est réunie en séance plénière au palais de Kigobe le lundi 4 mai 2026, marquant une étape importante dans le contrôle des institutions publiques. L'ordre du jour de cette session incluait la présentation des rapports d'audit définitifs concernant deux établissements hospitaliers majeurs : l'Hôpital clinique Prince Louis Rwagasore et l'Hôpital de Cankuzo. Ces documents cruciaux, produits par la Cour des Comptes, ont été au centre des discussions parlementaires, car ils ont mis en lumière des insuffisances significatives dans la gestion de ces deux établissements de santé.

Face à ces constats, des questions orales avec débats ont été adressées au ministre de la Santé Publique, Fidèle Nkezabahizi, afin d'obtenir des éclaircissements et des engagements concernant les mesures correctives. Le ministre Fidèle Nkezabahizi a pris la parole pour répondre aux préoccupations des députés. Il a notamment déclaré que « le gouvernement du Burundi a pris les devants dans la digitalisation, ce qui a motivé les partenaires de la santé à appuyer la digitalisation des Formations sanitaires (Fosa) ». Cette initiative vise à moderniser les systèmes de gestion et à améliorer l'efficacité opérationnelle des établissements de santé à travers le pays. Il a également précisé que « le ministère organise régulièrement des inspections des hôpitaux à travers l’inspection générale de la santé publique. Afin de garantir une meilleure redevabilité, des contrats de performance institutionnels et individuels sont signés chaque année. » Ces mécanismes sont censés renforcer la surveillance et l'obligation de rendre des comptes au sein du secteur de la santé.

Détails des rapports d'audit et lacunes identifiées

L'audit mené par la Cour des Comptes sur la gestion de ces deux hôpitaux a révélé des insuffisances notables, soulignant la nécessité d'une réforme approfondie. Plus spécifiquement, le rapport d'audit sur l'Hôpital clinique Prince Louis Rwagasore (CPLR) a mis en évidence des lacunes importantes dans la gouvernance de l'établissement, ainsi que des faiblesses dans ses mécanismes de contrôle interne. Ces constats sont inclus dans les documents détaillés produits par la Cour des Comptes et examinés avec attention par les membres de l'Assemblée Nationale.

Parmi les problèmes concrets relevés, une machine de laboratoire de type PKL, essentielle pour certains diagnostics, a subi un dysfonctionnement. Ce problème technique a conduit le fournisseur à récupérer cette machine pour réparation le 27 août 2022. Cependant, selon les informations disponibles et présentées aux parlementaires, la machine n'a pas encore été restituée à l'hôpital. Cette absence prolongée soulève des interrogations quant à la gestion des équipements et aux relations avec les fournisseurs. Malgré cette situation, le service de laboratoire du CPLR demeure opérationnel, assurant la continuité des analyses. L'hôpital dispose en effet d'un autre appareil d'hématologie qui est toujours fonctionnel, ce qui a permis de maintenir les services essentiels sans interruption majeure pour les patients.

Réponses et mesures du ministère pour une meilleure gestion

Pour pallier les dysfonctionnements observés et renforcer les capacités techniques, l'hôpital prévoit d'inclure l'acquisition d'un nouvel appareil de laboratoire dans le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2026-2027. Cette mesure est jugée indispensable pour garantir la pérennité et l'amélioration des services de laboratoire à long terme. Le ministère de la Santé Publique, pour sa part, a annoncé son intention ferme de renforcer la supervision des établissements de santé à travers le pays.

Cette démarche proactive inclut l'implication active des usagers et du service de contrôle dans le suivi de la gestion hospitalière, selon les déclarations du ministère. La participation des différentes parties prenantes est considérée comme essentielle pour améliorer la transparence, l'efficacité des opérations et la qualité des soins. Pour assurer une meilleure redevabilité au sein des structures hospitalières, des contrats de performance institutionnels et individuels sont signés annuellement. Ce dispositif vise à fixer des objectifs clairs, à évaluer régulièrement les résultats obtenus par les hôpitaux et leur personnel, et à instaurer une culture de la performance et de la responsabilité.

Contexte et suivi des recommandations parlementaires

La séance plénière de l'Assemblée Nationale du Burundi, tenue au palais de Kigobe le lundi 4 mai 2026, avait pour objectif central d'examiner les rapports d'audit définitifs de l'Hôpital clinique Prince Louis Rwagasore et de l'Hôpital de Cankuzo, établis par la Cour des Comptes. Ces rapports ont mis en lumière des lacunes en matière de gouvernance et de mécanismes de contrôle interne au sein des deux établissements. En réponse aux préoccupations soulevées par les députés, le ministre de la Santé Publique, Fidèle Nkezabahizi, a réaffirmé l'engagement du gouvernement dans la digitalisation des Formations sanitaires (Fosa), un projet appuyé par des partenaires internationaux. Il a également souligné la régularité des inspections menées par l'inspection générale de la santé publique et la signature annuelle de contrats de performance institutionnels et individuels, des outils clés pour garantir la redevabilité et l'amélioration continue des services de santé au Burundi.