Les abandons scolaires persistent dans la commune de Mpanda, Burundi

Dans la commune de Mpanda, au Burundi, les abandons scolaires persistent, affectant des élèves comme Jeannette Ndayishimiye, 19 ans, de Gahwazi II, qui a cessé ses études il y a quatre ans en raison de la pauvreté familiale. Florence Nduwayezu, également de Gahwazi II, a abandonné sa scolarité à cause d'une grossesse non désirée. L'école primaire de Gifugwe I a enregistré 48 cas d'abandons, dont 21 filles et 27 garçons, les plus fréquents étant en septième année et dans les premières années.

Jeannette Ndayishimiye a expliqué : « J’étais en 5ᵉ année. J’avais des difficultés à me procurer le matériel scolaire. Il m’arrivait de passer tout un trimestre avec seulement quelques cahiers. » Elle a ajouté avoir dû « abandonner les études pour aider mes parents ainsi que mes petits frères et sœurs ». Elle rencontre des difficultés dans son travail dues à son abandon, comme pour les calculs mentaux et les langues. Florence Nduwayezu, qui était en 11ᵉ année, a déclaré : « J’ai arrêté les études à cause d’une grossesse. Mon objectif était de terminer mes études, mais cela n’a pas été possible. » Antoinette Ndayitegeyamashi, agente de santé communautaire sur la colline de Gahwazi I, a souligné que parfois, « le père peut gaspiller les ressources familiales au lieu de satisfaire les besoins des enfants. Dans ce cas, l’administration intervient pour lui donner des conseils. »

Causes profondes des abandons

Bien que Jeannette Ndayishimiye ait été en 5ᵉ année au moment de son abandon scolaire, elle a confié avoir rencontré des difficultés pour se procurer le matériel scolaire, expliquant qu'il lui arrivait de « passer tout un trimestre avec seulement quelques cahiers », ce qui rendait la prise de notes « très difficile ». Elle a indiqué avoir « dû abandonner les études pour aider mes parents ainsi que mes petits frères et sœurs ». Dans son travail actuel, elle rencontre des difficultés liées à son manque de scolarisation, notamment pour les calculs mentaux ou en langues comme le français. Florence Nduwayezu, quant à elle, a arrêté ses études alors qu'elle était en 11ᵉ année post-fondamentale, déclarant : « J’ai arrêté les études à cause d’une grossesse ». Elle a exprimé des regrets, soulignant que « le plus difficile, c’est qu’on m’a empêchée de retourner à l’école ».

Fidèle Ntacombonye, directeur de l'école primaire de Gifugwe I, a affirmé que « les abandons scolaires sont liés à plusieurs facteurs ». Il a précisé que 27 abandons ont été enregistrés en septième année et 19 dans les premières années à Gifugwe I. Monsieur Ntacombonye a expliqué que « en septième, l’enseignement se fait en français, une langue que certains élèves qui viennent de la sixième année ne maîtrisent pas », ce qui les décourage et les conduit à « abandonner car ils ne se sentent plus à l’aise en classe ». Il a également souligné que « dans les familles où les disputes sont fréquentes, l’enfant évolue dans un environnement instable qui ne favorise pas la poursuite des études » et « finit par abandonner ». Le directeur a néanmoins noté qu'une diminution du taux d'abandons scolaires a été observée « comparativement aux cinq dernières années ».

Un défi majeur pour l'école de Gifugwe I réside dans le manque d'enseignants. Fidèle Ntacombonye a déclaré que « certains enseignants ont quitté leurs postes pour aller chercher de meilleures opportunités ailleurs, notamment dans le commerce ou l’agriculture, faute de rémunération satisfaisante ». Il a ajouté que ces enseignants sont souvent « sans matricule », rendant leur encadrement difficile. Le directeur a ainsi demandé au gouvernement de « fournir des enseignants qualifiés et officiellement reconnus », car « lorsqu’un enfant vient en classe et ne trouve pas d’enseignants pendant plusieurs jours, il se décourage et finit par abandonner ». Il a insisté sur le fait que la régularité des enseignants contribuait à maintenir les élèves à l'école.

Domitien Niyonkuru, chef de la colline de Gahwazi I, dans la zone de Mpanda, commune de Mpanda, a reconnu que « les abandons scolaires préoccupent les autorités ». Il a énuméré des facteurs contribuant à ces abandons, incluant la pauvreté des ménages, le temps excessif passé dans les cinémas, ou le manque de motivation des élèves. Il a également alerté sur les « effets négatifs » des abandons, citant « l’augmentation du nombre d’enfants en situation de rue, des cas de vols ainsi que des noyades dans les rivières ». Le chef de colline a mentionné des mesures prises pour contrer cette tendance, affirmant que « les motards ont cessé de traîner avec les élèves dans les rues ».

Impacts sur la communauté

Les conséquences négatives des abandons scolaires se manifestent par une augmentation du nombre d'enfants en situation de rue, selon Domitien Niyonkuru, chef de la colline de Gahwazi I. Monsieur Niyonkuru a également relevé une recrudescence des cas de vols dans la communauté. Il a en outre signalé des noyades d'enfants dans les rivières locales, qu'il attribue également aux effets des abandons scolaires. Ces observations soulignent l'impact direct de la déscolarisation sur la sécurité et le bien-être des jeunes à Mpanda. L'absence de cadre scolaire et de supervision contribue à exposer davantage les enfants à des risques dans leur environnement quotidien. Le chef de colline a par ailleurs mentionné des efforts pour limiter ces phénomènes, citant spécifiquement l'interdiction faite aux motards de fréquenter les élèves dans les rues, une mesure visant à réduire les comportements à risque. L'ensemble de ces facteurs dessine un tableau des défis auxquels la communauté est confrontée en raison de la persistance des abandons scolaires.

Initiatives locales et défis

Des efforts sont déployés localement pour ramener les enfants à l'école, incluant des visites à domicile et des sessions de sensibilisation, selon des sources locales. Ces initiatives visent à inverser la tendance des abandons scolaires observée dans la commune de Mpanda. À l'école primaire de Gifugwe I, le taux d'abandons scolaires a diminué comparativement aux cinq dernières années, comme l'a indiqué le directeur Fidèle Ntacombonye, suggérant une efficacité partielle des mesures mises en œuvre.

Des actions spécifiques ont été prises pour empêcher les motards d'attirer les jeunes filles, une pratique qui contribuait aux grossesses scolaires et, par conséquent, aux abandons. Cette mesure cherche à protéger les élèves des influences extérieures et à leur permettre de poursuivre leur scolarité. Domitien Niyonkuru, chef de la colline de Gahwazi I, a souligné que les abandons scolaires restent une réalité dans sa localité, bien que le taux ait également diminué.

Un autre défi majeur réside dans l'attraction exercée par des hommes venant d'autres localités, qui séduisent de jeunes filles avec des promesses de mariage. Ces situations conduisent fréquemment à des grossesses non désirées et à l'abandon des études. Les autorités locales et les communautés tentent de contrer ces phénomènes, qui sapent les efforts d'éducation et maintiennent les jeunes filles dans un cycle de vulnérabilité. La persistance de ces facteurs externes complique la tâche des acteurs éducatifs et communautaires visant à assurer la continuité scolaire pour tous les enfants de la commune de Mpanda.