Le CNDD-FDD lance sa campagne pour 2027 en désignant Ndayishimiye candidat

Photo via Iwacu-burundi

Le parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, a tenu un congrès extraordinaire le 26 avril 2026 à Gitega. Lors de cet événement, Evariste Ndayishimiye a été désigné candidat du CNDD-FDD pour l'élection présidentielle de 2027. Le CNDD-FDD affirme ainsi avoir "le pied dans l'élection présidentielle de 2027", alors que d'autres formations politiques apparaissent inactives.

Discours présidentiel : vision et priorités

Le président Ndayishimiye a réaffirmé son engagement à garantir la sécurité et la justice pour tous les Burundais. Lors de son discours, il a lancé un appel à la population pour préserver la paix. Il a également insisté sur le maintien d'une mobilisation active contre la pauvreté.

Le chef de l'État a souligné la nécessité de protéger les frontières nationales contre toute menace extérieure. "Travaillons dur, jour et nuit, mais restons vigilants", a déclaré le président Ndayishimiye, insistant sur la vigilance continue de la population face aux défis sécuritaires.

Le président Ndayishimiye a critiqué la dépendance économique du pays vis-à-vis des sources externes. Il a jugé cette dépendance incompatible avec la dignité nationale. Il a exprimé son souhait d'une plus grande autonomie économique pour le Burundi. "Je ne veux pas que nous prenions l’avion pour aller mendier, mais plutôt pour chercher des marchés d’écoulement pour nos produits", a-t-il affirmé, plaidant pour une approche commerciale proactive plutôt que d'une dépendance à l'aide étrangère.

Il a préconisé une exploitation rationnelle des ressources naturelles du pays. Le président a mis l'accent sur la transformation locale de ces ressources. Cette approche vise à maximiser la valeur ajoutée et à créer des opportunités économiques à l'intérieur du Burundi. Il a insisté sur l'importance de ne pas exporter de matières premières brutes, mais plutôt des produits finis ou semi-finis.

Le rôle central de l'éducation a été mis en avant par le président Ndayishimiye. Il a souligné son importance dans la formation d'une génération instruite, compétente et innovante. Cette génération est jugée essentielle pour le développement durable du Burundi. "Le Burundi doit former une génération de Burundais instruits, compétents et capables d’innover", a-t-il déclaré, définissant une vision à long terme pour le capital humain de la nation.

Réactions politiques : anticipation et critiques

Gaspard Kobako, analyste politique, a déclaré que la campagne du parti au pouvoir est déjà « omniprésente » dans l'espace public après l'annonce de la candidature du président Evariste Ndayishimiye. Cette omniprésence perçue suggère un démarrage précoce et potentiellement dominant de la campagne électorale, bien avant la période officielle. La visibilité accrue du CNDD-FDD dans le paysage médiatique et populaire pourrait influencer la perception publique des autres formations politiques.

Agathon Rwasa, président du Congrès national pour la liberté (CNL), a estimé que cette désignation anticipée est un message clair, signifiant que « ceux qui rêvent de démocratie n’auraient qu’à déchanter ». Selon lui, « les priorités semblent davantage orientées vers les intérêts des ténors du système », soulignant une préoccupation quant à l'équité du processus démocratique. Rwasa a exprimé des doutes sur la capacité du système actuel à garantir une compétition politique juste pour l'élection de 2027.

Olivier Nkurunziza, porte-parole du parti Uprona, a affirmé que « l’essentiel n’est pas la précocité d’une candidature, mais dans la qualité du projet proposé aux citoyens ». Il a qualifié cette désignation précoce de « tentative de verrouillage du jeu politique en amont qui vise à imposer le rythme du processus électoral ». Nkurunziza a ajouté que son parti « restera vigilante et n’hésitera pas, si nécessaire, à saisir la Ceni et les institutions compétentes en cas de dérives ».

Hamza Venant Burikukiye, porte-parole de l’AND-Intadohoka, a défendu la démarche du CNDD-FDD, déclarant que « la stratégie du CNDD-FDD reste légitime, comme les autres partis peuvent le faire ». Il a insisté sur le fait que « l’organisation interne d’un parti n’incombe qu’à lui seul », et que désigner un candidat par ses militants « reste légal ». Burikukiye a également souligné qu'un président en exercice candidat « ne peut inquiéter personne si réellement on est bien préparé pour entrer en compétition » et a interrogé : « Comment étouffer les autres partis politiques ou prétendants candidats alors que le pays continue à fonctionner normalement et que les lois restent toujours en vigueur ? » Il a conclu en affirmant qu'il faut « respecter » l'organisation du parti, « pourvu qu’aucune loi n’ait été violée ».

Gabriel Banzawitonde, président de Capes+, a déclaré que « qu’elle arrive tôt ou tard, l’essentiel est que les lois ne soient pas piétinées ». Il a cependant exprimé des inquiétudes, affirmant : « Nous craignons fortement cet intervalle avec un président en exercice candidat, qui pourrait prendre de l’avance sur les autres en menant campagne avec les moyens de l’État ». Banzawitonde a également suggéré que cette précocité pourrait être « un moyen de bloquer à temps d’éventuelles candidatures internes et de décourager les autres formations politiques », conduisant à ce que « leurs chances sont réduites à néant », remettant en question la capacité à « garantir la démocratie au Burundi ».

Kefa Nibizi, président de l'APDR, a jugé que le choix est « difficile à justifier en termes de priorités nationales », bien qu'il ait reconnu que « au regard de la Constitution et du Code électoral, il n’existe aucun délai imposé pour la présentation d’un candidat ». Il a critiqué l'orientation du parti au pouvoir, affirmant que « ce qui intéresse le parti au pouvoir, c’est uniquement le pouvoir au lieu de trouver des solutions aux questions qui hantent la population, notamment le carburant qui manque, les prix qui continuent à grimper, les engrais chimiques qu’on ne trouve pas, les médicaments essentiels qu’on ne peut pas trouver, le chômage qui est galopante, les Burundi qui sont à l’étranger qui sont malmenés ». Nibizi a également prédit que « tout ce que le chef de l’État fera ou dira désormais pourra être perçu comme relevant de la campagne présidentielle ».

Gabriel Rufyiri, président de l'Olucome, a suggéré que les autorités « devraient plutôt concentrer leurs efforts sur l’efficacité de l’action gouvernementale durant le mandat en cours ». Il a ainsi exprimé une préférence pour une focalisation sur la gouvernance actuelle plutôt que sur la préparation de la prochaine échéance électorale, dans l'intérêt du développement et du bien-être des citoyens.

Analyse juridique et stratégique

La désignation précoce d'Evariste Ndayishimiye par le CNDD-FDD comme candidat à la présidentielle de 2027 soulève des questions juridiques et stratégiques, tant pour le parti au pouvoir que pour l'opposition. Si la Constitution burundaise et le Code électoral ne fixent pas de délai pour la présentation d'un candidat, cette initiative est perçue différemment par les acteurs politiques.

Pour Hamza Venant Burikukiye, porte-parole de l’AND-Intadohoka, la démarche du CNDD-FDD est parfaitement légitime. Il a affirmé que « la stratégie du CNDD-FDD reste légitime, comme les autres partis peuvent le faire », soulignant que « l’organisation interne d’un parti n’incombe qu’à lui seul » et que la désignation d'un candidat par ses militants « reste légal ». Burikukiye a par ailleurs estimé qu'un président en exercice se présentant à l'élection « ne peut inquiéter personne si réellement on est bien préparé pour entrer en compétition ». Il a également interrogé la capacité d'étouffer les autres partis « alors que le pays continue à fonctionner normalement et que les lois restent toujours en vigueur », concluant qu'il faut « respecter » l'organisation du parti, « pourvu qu’aucune loi n’ait été violée ». Gabriel Banzawitonde, président de Capes+, a rejoint ce point en déclarant que « qu’elle arrive tôt ou tard, l’essentiel est que les lois ne soient pas piétinées ».

Cependant, cette précocité suscite des inquiétudes quant à l'équité du processus électoral. Agathon Rwasa, président du Congrès national pour la liberté (CNL), a interprété cette désignation comme un message selon lequel « ceux qui rêvent de démocratie n’auraient qu’à déchanter », estimant que « les priorités semblent davantage orientées vers les intérêts des ténors du système ». Olivier Nkurunziza, porte-parole du parti Uprona, a qualifié cette désignation anticipée de « tentative de verrouillage du jeu politique en amont qui vise à imposer le rythme du processus électoral ». Il a également prévenu que son parti « restera vigilante et n’hésitera pas, si nécessaire, à saisir la Ceni et les institutions compétentes en cas de dérives ». Gabriel Banzawitonde a, de son côté, exprimé des craintes concernant « cet intervalle avec un président en exercice candidat, qui pourrait prendre de l’avance sur les autres en menant campagne avec les moyens de l’État ». Il a suggéré que cette initiative pourrait être « un moyen de bloquer à temps d’éventuelles candidatures internes et de décourager les autres formations politiques », risquant de réduire « leurs chances à néant » et de nuire à la démocratie.

Kefa Nibizi, président de l'APDR, a jugé ce choix « difficile à justifier en termes de priorités nationales », bien qu'il ait reconnu l'absence de délai constitutionnel ou légal pour la présentation d'un candidat. Il a critiqué le parti au pouvoir pour se concentrer sur le maintien du pouvoir plutôt que sur les problèmes quotidiens de la population. Nibizi a prédit que « tout ce que le chef de l’État fera ou dira désormais pourra être perçu comme relevant de la campagne présidentielle ». Gabriel Rufyiri, président de l'Olucome, a suggéré que les autorités « devraient plutôt concentrer leurs efforts sur l’efficacité de l’action gouvernementale durant le mandat en cours ».

Sur le plan stratégique, Gaspard Kobako, analyste politique, a déjà noté que la campagne du parti au pouvoir est « omniprésente » dans l'espace public. Cette visibilité précoce pourrait donner un avantage significatif au CNDD-FDD, potentiellement avant même le début officiel de la campagne électorale.