Le Burundi envisage le retour de la 'chicotte' pour lutter contre la corruption

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Le chef de l’État burundais a récemment exprimé le souhait de restaurer la « chicotte », une méthode de punition corporelle, dans le cadre de la lutte contre la corruption au Burundi. Cette déclaration, formulée par le chef de l’Exécutif burundais, signale une potentielle réintroduction de pratiques controversées pour combattre les malversations. La proposition intervient dans un contexte où le gouvernement cherche des solutions pour éradiquer la corruption qui affecte diverses sphères de l’administration publique. Le retour envisagé de la « chicotte » soulève des questions quant aux méthodes employées pour faire respecter la loi et les droits humains.

L'outil de punition historique

La « chicotte » était historiquement un fouet fabriqué à partir de cuir d'hippopotame tressé, un instrument redoutable utilisé par les colons pour infliger des punitions corporelles. Cette pratique sanctionnait des infractions considérées comme mineures à l'époque coloniale, telles que le non-respect du travail forcé ou d'autres manquements à l'ordre établi. Cet instrument de coercition est profondément associé à une période de domination coloniale et à des méthodes de contrôle social strictes, symbolisant une forme de justice expéditive et brutale. Son histoire est marquée par la souffrance et l'humiliation infligées aux populations sous le joug colonial.

Dans l'histoire du Burundi, une figure spécifique connue sous le nom de Rwâtamúfŭtu-nzira y’úmusaraba a marqué les esprits dans la région de Bwambarangwe, au nord-est du pays. Ce personnage est réputé pour avoir semé la terreur, illustrant la brutalité de certaines applications de ces punitions. Son histoire est souvent citée comme un exemple des abus liés à l'usage de la chicotte, soulignant l'impact psychologique et physique dévastateur de ces châtiments.

La justification du président

Le chef de l’État burundais a suggéré que vingt coups vigoureux de bâton ou de fouet infligés à un administrateur coupable le rendraient sérieux et moins susceptible de récidiver. Cette approche radicale est présentée comme un moyen efficace de dissuasion. Le chef de l’Exécutif burundais a déclaré, pour appuyer son propos : « Inkoni ishikīra igúfa, ntishikîra ingeso. » Ce proverbe se traduit par « Le coup du bâton atteint l'os, mais pas les mauvaises habitudes », suggérant que si la douleur physique peut marquer le corps, elle ne garantit pas un changement de comportement profond et durable. Le président a également confié avoir lui-même été torturé dans un pays non nommé après avoir été accusé d'être un criminel et un tueur, une expérience personnelle qui pourrait influencer sa perception des méthodes punitives.

Cibler la corruption administrative

Les cibles désignées pour cette forme de punition incluent spécifiquement les administrateurs corrompus, les détourneurs de fonds publics et les juges malhonnêtes. Le chef de l'État burundais a détaillé les catégories de personnes qui pourraient être soumises à la « chicotte » dans le cadre de cette nouvelle approche de lutte contre la corruption, ciblant les piliers de l'administration et de la justice. La proposition vise à instaurer une discipline rigoureuse au sein de l'administration et du système judiciaire burundais, où le chef de l'Exécutif burundais a souligné la nécessité de mesures fortes. Ces déclarations s'inscrivent dans une volonté affichée d'éradiquer les pratiques de corruption qui minent l'intégrité des institutions publiques et freinent le développement du pays.

Réactions et portée de la proposition

L'annonce de cette proposition a déjà eu des répercussions. Certains individus, incapables de supporter l'humiliation associée aux châtiments corporels, ont fui en exil en Ouganda ou vers les champs de sisal de Manamba, situés à Arusha, en Tanzanie. Cette réaction met en lumière la portée potentiellement dissuasive mais aussi les conséquences humaines et sociales de telles mesures, poussant certains à l'exode plutôt que d'affronter une telle éventualité. La perspective de la « chicotte » soulève des débats houleux sur l'efficacité des châtiments corporels et leur conformité avec les normes internationales en matière de droits humains.