Le Burundi évalué sur sa lutte contre la corruption par l'Union africaine

Kwami Edem Senamu: « Nous sommes ravis de constater que le Burundi est devenu le 15ème Etat membre de l’Union africaine à se soumettre à une évaluation sur l’état de la corruption pour valider le projet de rapport d’évaluation »..( Photo : Moïse Nkurunziza)
Photo: Moïse Nkurunziza via Lerenouveau

Le conseil consultatif de l'Union africaine contre la corruption a achevé ses sessions d'entretiens le vendredi 7 mai 2026, au Burundi. Cette mission visait à sensibiliser et à évaluer la mise en œuvre par le Burundi de la Convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. Le Burundi avait ratifié cette convention par le biais de la loi n°1/02 du 18 janvier 2005. Les travaux du conseil consultatif s'inscrivent dans une démarche de suivi des engagements pris par les États membres de l'Union africaine.

Enjeux de la lutte anti-corruption

La corruption demeure l'un des principaux obstacles au développement économique et social des États africains, selon diverses analyses. Cette réalité pèse lourdement sur les progrès du continent. Les Nations Unies estiment que le continent africain subit une perte annuelle de 55 milliards de dollars due à la corruption. Ces sommes considérables pourraient autrement être investies dans des secteurs clés tels que la santé, l'éducation ou les infrastructures, freinant ainsi l'amélioration des conditions de vie des populations. La lutte contre ce fléau est donc perçue comme un impératif pour la transformation des économies et l'établissement d'une gouvernance plus transparente et responsable à travers l'Afrique.

Défis nationaux identifiés

De faibles salaires pour les fonctionnaires et les forces de sécurité, combinés à l'augmentation exponentielle du coût des biens essentiels, constituent un handicap majeur dans la lutte contre la corruption au Burundi. Cette situation est perçue comme un facteur contribuant à la vulnérabilité de ces acteurs face aux tentations de la corruption. La pression économique sur le personnel de l'État et les membres des forces de l'ordre est identifiée comme un élément clé qui pourrait compromettre l'efficacité des mesures anti-corruption mises en place. L'écart entre les rémunérations perçues et les dépenses quotidiennes nécessaires crée un environnement propice aux comportements illicites, selon le rapport. Cette observation met en lumière la nécessité d'aborder la question des conditions socio-économiques des agents publics pour renforcer l'intégrité du système.

Recommandations et perspectives

Sur les 55 pays africains, 50 États membres ont signé et ratifié la Convention sur la prévention et la lutte contre la corruption de l'Union africaine. Cette adhésion majoritaire note l'engagement continental face à ce défi. Elle met en évidence une volonté partagée de renforcer les cadres juridiques et institutionnels pour combattre efficacement la corruption à travers le continent.

Chaque pays africain, y compris le Burundi, perd plus de deux milliards de dollars chaque année en raison de la corruption. Ce chiffre illustre l'ampleur des sommes détournées et leur impact négatif sur le développement et la capacité des États à fournir des services essentiels à leurs populations. Ces pertes financières représentent un obstacle majeur à la réalisation des objectifs de développement durable.

Les participants à la mission ont formulé des recommandations pour intensifier la lutte contre ce fléau. Ils ont notamment préconisé la mise en place de coalitions nationales et internationales. L'utilisation de preuves quantifiées et l'établissement de lois protégeant les lanceurs d'alerte ont également été suggérées. Ces mesures visent à renforcer la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques.