Le coût élevé des serviettes hygiéniques pèse lourdement sur les familles burundaises

Des jeunes filles mobilisées pour participer à un défilé organisé par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Le coût des serviettes hygiéniques représente une charge financière importante et persistante pour de nombreuses familles burundaises, en particulier celles résidant dans la capitale économique, Bujumbura. Cette dépense, souvent perçue comme un luxe alors qu'elle est une nécessité absolue, rend l'accès à ce produit essentiel difficilement accessible pour une large part de la population. Un paquet standard de dix serviettes hygiéniques coûte environ 5 000 francs burundais, une somme qui pèse lourdement sur les budgets des ménages déjà contraints. Cette réalité économique a des répercussions directes sur la vie quotidienne des femmes et des jeunes filles, affectant leur santé, leur dignité et leur participation à la vie sociale et éducative.

Cette situation est particulièrement ressentie par des résidentes comme Leila Keza, une vendeuse de fruits dont le gagne-pain quotidien est modeste. Leila Keza habite le quartier de Buyenzi, un secteur animé et densément peuplé situé au centre de la capitale économique du Burundi. Pour elle et sa famille, l'achat régulier de serviettes hygiéniques constitue un défi financier non négligeable, la forçant souvent à faire des choix difficiles entre cette dépense et d'autres besoins fondamentaux.

Le fardeau financier des protections menstruelles

Leila Keza, la vendeuse de fruits résidant dans le quartier de Buyenzi à Bujumbura, est confrontée à cette dure réalité pour ses trois filles adolescentes. Assurer la disponibilité de protections hygiéniques adéquates pour ses trois filles représente une dépense mensuelle considérable qui s'ajoute aux autres charges familiales. Cette situation met en lumière la difficulté pour de nombreuses mères de garantir à leurs enfants une hygiène menstruelle digne et sûre, entraînant des conséquences potentielles sur leur scolarité et leur bien-être général. Le coût élevé des serviettes peut en effet pousser les jeunes filles à manquer l'école pendant leurs règles ou à utiliser des méthodes de fortune, potentiellement dangereuses pour leur santé. L'impact de cette charge financière s'étend ainsi au-delà du simple aspect économique, touchant à l'éducation et à la santé publique.

Appels à l'action gouvernementale pour un accès équitable

L'accès aux serviettes hygiéniques est de plus en plus considéré comme un besoin essentiel, intrinsèquement lié à la santé reproductive, à la dignité personnelle et à l'égalité des sexes, plutôt qu'un simple article de luxe. Cette perception fondamentale du produit note son importance clé pour permettre aux femmes et aux jeunes filles du pays de mener une vie normale et de participer pleinement à la société sans entraves. De nombreux citoyens, conscients de l'urgence de la situation, expriment leur préoccupation et appellent à des mesures concrètes.

En conséquence, les citoyens appellent le gouvernement burundais, par l'intermédiaire de l'Office Burundais des Recettes (OBR), à prendre des dispositions pour réduire les taxes actuellement appliquées sur les serviettes hygiéniques. Cette demande vise à alléger le fardeau financier qui pèse lourdement sur les ménages les plus vulnérables et à rendre ce produit de première nécessité plus abordable et accessible pour toutes les femmes et jeunes filles à travers le pays. Une telle mesure fiscale serait un pas significatif vers la reconnaissance de l'hygiène menstruelle comme un droit fondamental.

Contexte et timing de la demande

L'article a été publié le 2 juin 2026, quelques jours seulement après la Journée mondiale de l'hygiène menstruelle, célébrée chaque année le 28 mai. Cette proximité temporelle avec une date dédiée à la sensibilisation sur les défis de l'hygiène menstruelle note l'importance croissante accordée à cette problématique à l'échelle mondiale et nationale. Elle met en évidence les efforts continus pour attirer l'attention sur les obstacles rencontrés par les femmes et les jeunes filles en matière de gestion de leurs menstruations, et pour encourager des solutions durables. La célébration de cette journée mondiale offre une plateforme pour amplifier les voix des citoyens et renforcer la légitimité de leurs revendications.

Face à la problématique persistante des coûts et à ses conséquences directes sur la vie des femmes, certains citoyens proposent également la mise en place d'un programme de distribution gratuite de serviettes hygiéniques. Un tel programme ciblerait spécifiquement les filles et les femmes défavorisées, et viserait notamment à aider les élèves scolarisées à ne pas manquer de jours d'école en raison de leurs menstruations. L'objectif ultime de cette initiative est de garantir un accès équitable aux produits d'hygiène menstruelle pour toutes, indépendamment de leur situation économique ou de leur lieu de résidence, assurant ainsi leur droit à l'éducation et à la dignité.