Le mentorat politique, un levier pour l'ascension des femmes leaders au Burundi

De gauche à droite : Cathy Kezimana, père Lambert Riyazimana et Doriane Munezero, partagent leurs expériences et réflexions autour du leadership féminin lors des interventions.
Photo via Iwacu-burundi

Le vendredi 5 juin 2026, l'Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD) a organisé au Burundi une conférence-débat axée sur le leadership politique des femmes et la gouvernance inclusive. Cette initiative a été menée en partenariat avec le ministère burundais de l'Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique. La conférence s'inscrit dans le cadre du projet ARPOG, lequel est financé par l'Union européenne. La mise en œuvre de ce projet est assurée en collaboration avec l'Association des femmes rapatriées du Burundi (Afrabu), soulignant ainsi l'engagement de diverses entités dans la promotion de la participation féminine à la vie politique du pays. Le thème central de cette conférence-débat était « Le mentorat politique : transmettre l'excellence pour un leadership durable », mettant en lumière l'importance de cette pratique pour l'avancement des femmes dans la sphère publique.

Contexte du projet ARPOG

Le NIMD déploie, depuis octobre 2024, un projet pilote intitulé « Appui au renforcement des partis politiques et de la société civile burundais en tant que gardiens de la participation et de la représentation des femmes et des jeunes dans la vie politique, ARPOG ». Cette initiative vise à élargir l'espace politique disponible pour les femmes et les jeunes. Pour atteindre cet objectif, le projet s'attache à renforcer les capacités des partis politiques et des organisations de la société civile burundaises, considérés comme des acteurs clés dans la promotion de la participation féminine et juvénile à la vie publique. Le projet ARPOG, financé par l'Union européenne et mis en œuvre en partenariat avec l'Association des femmes rapatriées du Burundi (Afrabu), démontre une approche collaborative pour aborder $1 $2 de la participation politique des femmes et des jeunes au Burundi. Il représente un effort concerté pour créer un environnement plus inclusif et représentatif, où les voix des femmes et des jeunes peuvent être pleinement entendues et prises en compte dans les processus décisionnels.

Défis et opportunités pour les femmes

Au Burundi, plus de 46% des sièges au Sénat et près de 39% à l'Assemblée nationale sont actuellement occupés par des femmes, témoignant d'une avancée significative en matière de représentation politique. Ces chiffres soulignent une présence accrue des femmes dans les institutions législatives du pays, marquant un progrès notable vers une plus grande égalité des genres en politique. Cependant, des obstacles structurels à l'avancement politique des femmes persistent et restent tenaces. Ces défis entravent leur pleine participation et leur ascension au sein des sphères de décision, malgré les avancées quantitatives. La persistance de ces barrières structurelles indique que la simple présence numérique ne suffit pas toujours à garantir une influence et un pouvoir égaux.

Les jeunes femmes engagées en politique se heurtent à un double défi : elles doivent briser la résistance d'une société jugée inégale et progresser au sein de partis politiques dont les cercles dirigeants demeurent majoritairement masculins. Cette situation complexifie leur parcours et limite leurs opportunités d'accéder à des postes de leadership. Pour préparer les futures dirigeantes, l'édification d'une éducation qui traite les filles et les garçons sur un pied d'égalité est considérée comme essentielle. Une telle approche éducative pourrait contribuer à forger une nouvelle génération de leaders féminines, mieux armées pour surmonter les barrières existantes. Le renforcement de l'égalité dès le plus jeune âge est perçu comme une étape fondamentale pour transformer le paysage politique à long terme, en créant les bases d'une société plus équitable et en dotant les jeunes filles des outils nécessaires pour aspirer à des rôles de leadership.

Le rôle stratégique du mentorat

Le mentorat politique est présenté comme un levier stratégique pour transmettre les compétences, les expériences et les réseaux essentiels à l'accès des femmes aux postes à responsabilité. Les participants à la conférence ont souligné l'importance de la persévérance, de l'engagement et du mentorat pour faciliter cet accès. Ils ont mis en avant que le mentorat ne se limite pas à un simple transfert de connaissances, mais qu'il englobe également le partage d'expériences vécues, l'ouverture de portes et la construction de réseaux professionnels cruciaux pour l'ascension politique. Un mentorat structuré, reposant sur l'accompagnement de jeunes femmes par des leaders expérimentées, est préconisé, de même qu'une intégration progressive dans les espaces de décision. Cette approche est jugée nécessaire pour permettre aux femmes d'acquérir légitimité et expertise, en leur offrant un cadre de soutien et d'apprentissage continu.

Les intervenants ont insisté sur le fait qu'un tel accompagnement permet aux mentorées de naviguer plus efficacement dans les arcanes de la politique, de comprendre les dynamiques de pouvoir et de développer la confiance nécessaire pour s'affirmer. Le mentorat et les échanges intergénérationnels sont également décrits comme des outils essentiels pour préparer les jeunes filles aux responsabilités futures et renforcer le leadership féminin. Ces échanges favorisent non seulement l'acquisition de compétences techniques et stratégiques, mais aussi le développement d'une vision à long terme et d'une résilience face aux défis inhérents à la vie politique. En connectant les générations de femmes leaders, le mentorat contribue à bâtir une communauté de soutien mutuel et à pérenniser l'engagement des femmes en politique.

Appels à l'action et perspectives

Le débat s'est articulé autour du thème « Le mentorat politique : transmettre l'excellence pour un leadership durable ». La conférence a mis en lumière des pistes concrètes pour renforcer la présence féminine dans les sphères dirigeantes. Ces pistes d'action visent à transformer la participation des femmes d'une simple présence numérique à une véritable influence décisionnelle.

Il est recommandé de construire des alliances solides entre les ligues de femmes des partis politiques et les organisations de la société civile, afin de dépasser les rivalités inter-partisanes. Le renforcement de ces passerelles est perçu comme un moyen de mutualiser les efforts et de créer un front uni pour la promotion des femmes. Ces alliances permettraient de peser davantage sur les décisions politiques et de défendre collectivement les intérêts des femmes, indépendamment de leurs affiliations partisanes. En travaillant ensemble, ces entités peuvent amplifier leur voix et leur impact, créant ainsi un mouvement plus puissant pour l'égalité des genres en politique.

Un mentorat trans-partisan est par ailleurs considéré comme un levier essentiel pour transformer la présence numérique des femmes en un leadership percutant et durable. Cette approche vise à capitaliser sur l'engagement en ligne pour le traduire en influence politique concrète. Le mentorat trans-partisan encourage les femmes de différents horizons politiques à se soutenir mutuellement, à partager leurs expériences et à développer des stratégies communes pour surmonter les obstacles. Cette collaboration, au-delà des clivages politiques, est vue comme un moyen de renforcer la solidarité féminine et de garantir que les avancées en matière de représentation se traduisent par une participation significative et un leadership influent. L'idée est de créer un écosystème où les femmes leaders, actuelles et futures, peuvent s'épanouir et exercer pleinement leur potentiel, pour le bénéfice de la gouvernance inclusive au Burundi.