Risque d'effondrement des bâtiments au Burundi : des normes de construction ignorées

Construction au Burundi : un expert alerte sur les risques d’effondrement liés au non-respect des normes
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Le non-respect des normes de construction, particulièrement pour les immeubles à plusieurs étages, pourrait exposer le Burundi à des catastrophes évitables. Cette alerte a été lancée lors d'une conférence de presse tenue le mardi 10 juin à Bujumbura. Les organisateurs ont souligné les risques encourus par le pays en raison de pratiques de construction non conformes aux réglementations en vigueur, mettant en lumière des défaillances potentielles qui pourraient avoir des conséquences dramatiques pour la population et les infrastructures.

Normes de résistance du béton

La résistance minimale du béton utilisé pour les bâtiments est fixée internationalement à 25 mégapascals (MPa) en termes de résistance à la compression. Cette norme est clé pour assurer la stabilité et la durabilité des structures, en particulier celles de grande hauteur. Au Burundi, cette exigence est rarement vérifiée sur les chantiers de construction, selon des observations rapportées par les experts du secteur. Ce manque de contrôle systématique soulève de sérieuses inquiétudes quant à la qualité des matériaux employés.

Des tests effectués sur un site spécifique ont révélé des valeurs de résistance du béton de 17, 15 et 18 MPa. Ces chiffres sont considérablement inférieurs au seuil minimum recommandé de 25 MPa. Cette non-conformité met en évidence une pratique généralisée où les matériaux utilisés ne répondent pas aux standards internationaux, compromettant ainsi la sécurité des édifices. Ce constat alarmant soulève des interrogations fondamentales sur la solidité des structures érigées dans le pays et sur leur capacité à résister aux contraintes quotidiennes et exceptionnelles.

Mise en garde de l'expert

Libère Nitunga, expert burundais en construction de bâtiments, a émis une mise en garde retentissante lors de cette conférence de presse. Il a souligné avec insistance que le non-respect des normes de construction mettait en péril la sécurité des infrastructures dans le pays. Ses propos s'inscrivent dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la qualité des matériaux et des méthodes employées sur les chantiers à travers le territoire burundais. M. Nitunga a insisté sur l'importance capitale de l'application rigoureuse des standards techniques pour éviter des catastrophes potentielles. Cette alerte vise à sensibiliser l'ensemble des acteurs du secteur, des promoteurs aux ouvriers, ainsi que les autorités publiques, aux risques associés aux pratiques de construction non conformes et à l'urgence d'y remédier.

Conséquences et zone sismique

Une telle situation expose les bâtiments à un risque élevé de défaillance structurelle, pouvant potentiellement entraîner leur effondrement. Ce danger est exacerbé par le fait que le Burundi se trouve dans une zone sismique. Cette localisation géographique exige une rigueur accrue dans la conception et le contrôle des structures, car les secousses telluriques peuvent exercer des forces considérables sur les édifices. La conjonction de normes de construction ignorées et d'une activité sismique potentielle crée un environnement propice à des catastrophes majeures, avec des conséquences humaines et matérielles incalculables. La fragilité des infrastructures, due à des matériaux sous-dimensionnés ou à des techniques de construction inadéquates, rend les édifices particulièrement vulnérables aux secousses telluriques. Ces conditions soulignent l'urgence d'une application stricte des réglementations en vigueur pour garantir la sécurité des habitants et la résilience du bâti face aux aléas naturels.

Appel à la vigilance

Eric Irambona, ingénieur et président de l'Ordre des Architectes et Ingénieurs du Burundi (OAIB), a dénoncé l'absence de contrôle systématique de la résistance des matériaux sur de nombreux chantiers. Il a souligné que cette lacune compromettait gravement la sécurité des constructions à travers le pays. Cette dénonciation fait écho aux préoccupations exprimées par Libère Nitunga et renforce l'appel à une vigilance accrue de la part des professionnels et des pouvoirs publics. L'OAIB insiste sur la nécessité d'établir des mécanismes de vérification rigoureux et réguliers pour s'assurer que toutes les constructions respectent les normes établies, afin de prévenir des tragédies évitables et de construire un avenir plus sûr pour le Burundi.