Le Président burundais Evariste Ndayishimiye a ordonné aux responsables administratifs d'établir, dans un délai d'une semaine, un registre détaillé des citoyens et de leurs besoins en engrais. Cette directive, visant à mieux cibler l'approvisionnement et la distribution des intrants agricoles, a été donnée lors d'une réunion avec les administrateurs provinciaux et communaux à Gitega, au Burundi. Le chef de l'État a souligné que cette mesure est nécessaire en raison de l'absence de données précises au sein du ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage. L'objectif est de pallier ce manque d'informations cruciales pour la planification agricole et la distribution des intrants, garantissant ainsi que les engrais parviennent aux agriculteurs qui en ont réellement besoin.
Enregistrement des besoins en engrais
L'instruction présidentielle a été donnée le jeudi 17 septembre 2026, depuis Gitega, la capitale politique du Burundi. Au cours de cette rencontre stratégique, le Président Evariste Ndayishimiye a affirmé qu'il était incompréhensible que les agriculteurs manquent d'engrais alors que l'État en achète. Il a souligné la nécessité de mettre fin à cette situation paradoxale qui affecte la production agricole du pays et freine le développement économique national.
Le Président Ndayishimiye a par ailleurs dénoncé, avec fermeté, des pratiques de certains acteurs qui détournent ou revendent clandestinement l'engrais à des prix élevés sur le marché noir. Ces agissements illégaux, selon le chef de l'État, contribuent non seulement à la pénurie mais aussi à l'augmentation des coûts pour les agriculteurs, minant ainsi les efforts du gouvernement pour soutenir efficacement le secteur agricole et améliorer les rendements.
Un recensement détaillé, a expliqué le Président, permettra à l'administration de connaître les besoins réels de chaque agriculteur. Cette connaissance précise est jugée indispensable pour mieux planifier l'approvisionnement national en engrais, en s'assurant que les quantités achetées correspondent aux demandes sur le terrain. Elle doit également garantir une distribution plus équitable et efficace à travers le pays, évitant les spéculations et les détournements qui ont entravé par le passé l'accès des agriculteurs à ces ressources essentielles. En rationalisant ce processus, le gouvernement espère renforcer la sécurité alimentaire et la prospérité des communautés rurales.
Projets d'aménagement pour les festivités
Lors de la même réunion, des participants ont présenté des projets d'aménagement ambitieux pour un espace destiné à accueillir les festivités nationales et à devenir un lieu emblématique pour les cérémonies communales. Ces projets comprennent une zone dédiée à l'Histoire du Burundi, avec des monuments honorant des figures historiques majeures telles que les rois Ntare Rushatsi Cambarantama, Ntare Rugamba, Mwezi Gisabo, et Bihome. L'espace historique doit également inclure des monuments célébrant l'unité burundaise, la lutte pour l'indépendance et la démocratie, offrant ainsi un lieu de mémoire et de transmission des valeurs nationales. Une seconde zone sera consacrée à la nouvelle génération, prévoyant une bibliothèque moderne, des espaces de loisirs variés, une piscine, des hébergements et d'autres installations publiques conçues pour le bien-être et l'éducation des jeunes.
Le Président Ndayishimiye a appelé à la recherche d'investisseurs pour les infrastructures complémentaires, notamment les hôtels, afin de dynamiser l'attractivité économique de ce nouveau pôle. Il a souligné que les activités commerciales ne devaient pas être confondues avec les monuments historiques, qui doivent rester des espaces publics accessibles à tous et dédiés à la mémoire collective. Le Président a également recommandé d'éviter les hauts murs autour de ces espaces afin que les passants puissent admirer leur beauté architecturale et paysagère, favorisant ainsi une appropriation visuelle par la population.
Lutte contre les boissons alcoolisées
Enfin, le Président Evariste Ndayishimiye a appelé à un renforcement de la lutte contre les boissons fortement alcoolisées. Le chef de l'État a déploré le paradoxe de vouloir faire du Burundi une nation émergente d'ici 2040 et développée d'ici 2060, alors qu'une partie de la population consomme des substances destructrices pour la santé. La consommation excessive de ces boissons, selon lui, a affecté les capacités physiques des individus, réduisant leur productivité et leur bien-être, et représente une perte significative pour les familles et l'économie nationale. Le Président a ainsi exhorté à des actions déterminées pour protéger la population contre les produits jugés nocifs, mettant en avant la nécessité de préserver la vitalité et la santé de la nation pour atteindre les objectifs de développement fixés.