Des rapatriés revenus d'exil ces dernières années sollicitent une aide multifacette de la part des ministères compétents afin d'améliorer leur réintégration au sein de la communauté. Certains de ces rapatriés sont sans abri et sont hébergés par des amis, des voisins ou des membres de leur famille, une situation qui note l'urgence de leurs besoins. Ils expriment un besoin d'information et de prévention concernant les campagnes contre la malnutrition, la maladie à virus Ebola et la variole simienne (Mpox), des préoccupations sanitaires majeures dans la région. À leur arrivée dans leurs collines ou quartiers, les rapatriés sont systématiquement enregistrés par les autorités administratives de base. Ces dernières sont chargées de transmettre les besoins réels des rapatriés aux autorités communales, qui les acheminent ensuite aux ministères responsables de la réintégration, un processus administratif essentiel pour coordonner l'aide.
Besoins urgents de logement et de subsistance
Certains rapatriés, qui avaient loué des maisons à leur retour d'exil, se trouvent désormais dans l'incapacité financière de maintenir ces logements dans les centres urbains ou semi-urbains. Leur situation précaire les pousse à rechercher des solutions d'hébergement plus stables et abordables, car les loyers deviennent insoutenables face à leurs faibles revenus. Cette difficulté s'ajoute aux défis généraux de réintégration auxquels ils sont confrontés dans la province de Rumonge, où l'accès à un logement décent est une priorité absolue.
D'autres rapatriés, rentrés dans leurs collines d'origine, ont réussi à ériger les murs de leurs habitations mais manquent des matériaux essentiels pour finaliser la construction. Ils expriment un besoin urgent en tôles ondulées, poteaux et clous afin de rendre leurs maisons habitables et de les protéger des intempéries. La finalisation de ces structures représente une étape clé pour leur établissement durable et leur permettrait de retrouver un sentiment de sécurité et de stabilité après des années d'exil.
La commune de Rumonge possède une expérience avérée dans l'accueil des rapatriés, ayant déjà géré des flux migratoires similaires par le passé. Cette expérience pourrait constituer un atout pour la coordination des efforts d'aide et de réintégration, bien que les besoins actuels demeurent importants et spécifiques, nécessitant une approche ciblée et des ressources adéquates. Les autorités locales sont donc appelées à capitaliser sur ce savoir-faire pour répondre efficacement aux attentes des rapatriés.
Demandes d'appui agricole et scolaire
Les rapatriés sollicitent également un soutien indispensable pour leurs activités agricoles à l'approche de la saison des pluies. Ils demandent des parcelles de terre cultivables, des engrais chimiques ou organiques ainsi que des semences de qualité pour pouvoir cultiver leurs propres denrées alimentaires. Cette aide est jugée essentielle pour leur autosuffisance alimentaire et leur réinsertion économique durable dans la Région Sud, leur permettant de subvenir à leurs besoins et de contribuer à l'économie locale.
Parallèlement, les familles de rapatriés expriment un besoin urgent en fournitures scolaires pour leurs enfants. L'année scolaire 2026-2027 doit débuter le lundi 14 septembre 2026, et l'accès à ces équipements est clé pour permettre aux jeunes rapatriés de poursuivre leur éducation et de s'intégrer pleinement dans le système scolaire local. Sans cartables, cahiers, stylos et autres matériels essentiels, de nombreux enfants risquent de ne pas pouvoir fréquenter l'école, compromettant ainsi leur avenir.
Défis de santé et d'inclusion
Certains rapatriés bénéficient de cartes d'assistance médicale, un atout précieux pour l'accès aux soins, mais ils sont confrontés à des ruptures fréquentes de stocks de médicaments essentiels dans plusieurs centres de santé publics. Cette situation complique l'accès aux soins, rendant leur prise en charge sanitaire difficile et parfois impossible, malgré l'existence d'une couverture médicale. Les pénuries de médicaments affectent gravement leur bien-être et leur capacité à se rétablir.
Une autre catégorie de rapatriés exprime le sentiment d'être oubliée et de ne pas être incluse dans les programmes d'assistance destinés aux personnes vulnérables ou dans les formations pertinentes. Cette exclusion perçue entrave leur pleine réintégration et limite leur accès aux opportunités de développement au sein de la communauté. Ils se sentent marginalisés et réclament une meilleure prise en compte de leurs besoins spécifiques et une participation active aux initiatives de développement.
Appel à un fonds d'indemnisation
Les rapatriés et les résidents de la province de Rumonge appellent conjointement à la mise en place d'un fonds d'indemnisation, tel que prévu par l'Accord d'Arusha. Selon leurs déclarations, l'existence de ce fonds aurait permis de résoudre les litiges fonciers qui opposent rapatriés et résidents dans la province de Burunga, une source majeure de tensions communautaires. Cette mesure est jugée essentielle pour apaiser les tensions, garantir une justice réparatrice et faciliter la réintégration harmonieuse des rapatriés dans leurs communautés d'origine. La mise en œuvre de ce fonds est perçue comme un pilier fondamental pour une paix durable et une cohabitation pacifique.