Le marché de bétail de Rutegama, situé dans la commune et la province de Gitega, au centre du Burundi, fait face à une crise sanitaire due à une grave pénurie d'eau potable. Cette situation engendre des coûts exorbitants pour les commerçants et les visiteurs, contraints d'acheter de l'eau à des prix élevés, et fait craindre des risques de maladies. Le Dr Jacques Nduwimana, administrateur de la commune de Gitega, a reconnu l'ampleur du problème et a assuré qu'une intervention serait mise en œuvre pour y remédier. L'approvisionnement en eau potable est devenu un enjeu majeur pour les activités économiques et la santé publique dans cette importante place commerciale régionale, qui attire des milliers de personnes et de têtes de bétail chaque semaine. La difficulté d'accès à cette ressource essentielle menace non seulement la viabilité économique des acteurs locaux, mais pose également des défis critiques en matière d'hygiène et de salubrité pour l'ensemble de la communauté du marché.
Hygiène et salubrité compromises
Le marché de bétail de Rutegama est confronté à une grave pénurie d'eau potable, ce qui compromet sérieusement l'hygiène et la salubrité des lieux. Cette carence a des répercussions directes sur les infrastructures sanitaires disponibles. Les toilettes du marché ne sont pas fonctionnelles, précisément en raison de ce manque d'eau. L'absence d'eau courante empêche leur maintenance et leur utilisation correcte, les rendant inopérantes pour les milliers de personnes qui fréquentent le site.
Face à cette situation, les usagers sont contraints de rechercher des solutions alternatives pour leurs besoins physiologiques. Plusieurs d'entre eux se résolvent à la défécation à ciel ouvert dans les buissons environnants. Cette pratique représente un risque sanitaire significatif, capable de favoriser la propagation de maladies hydriques et d'autres affections liées à un environnement insalubre. La défécation à ciel ouvert, en particulier dans un lieu aussi fréquenté et où les animaux sont nombreux, augmente considérablement la probabilité de contamination des sols et des sources d'eau, si tant est qu'il y en ait. L'absence d'installations sanitaires adéquates et fonctionnelles crée un défi majeur pour la santé publique au sein de ce pôle commercial. Cette situation est décrite comme une mauvaise pratique qui peut entraîner la propagation de maladies. Les risques incluent des infections gastro-intestinales, le choléra et d'autres maladies transmises par l'eau ou les vecteurs, qui peuvent avoir des conséquences graves pour la santé des commerçants, des visiteurs et des animaux. La situation met en évidence l'urgence d'une intervention pour rétablir l'accès à l'eau potable et garantir des conditions d'hygiène minimales pour les milliers de personnes qui fréquentent le marché chaque semaine.
Frais d'eau et de marché exorbitants
Les restaurateurs du marché de bétail de Rutegama peinent à trouver de l'eau potable, une situation qui entraîne des dépenses supplémentaires significatives pour leurs activités. Liduine Ndayisenga, une restauratrice présente sur le marché, a indiqué qu'elle utilise quotidiennement au moins six jerricans de 20 litres d'eau, qu'elle achète à 500 francs burundais l'unité auprès d'un voisin. Ce coût s'ajoute aux frais de marché déjà élevés. Elle doit ainsi débourser au minimum 3 000 francs burundais par jour pour l'eau, une somme considérable pour une petite entreprise.
Les restaurateurs doivent s'acquitter d'une somme annuelle de 10 000 francs burundais, à laquelle s'ajoute une redevance de 1 000 francs chaque jour de marché. Ces frais fixes et quotidiens pèsent lourdement sur la rentabilité de leurs commerces. Le prix de l'eau potable est également un facteur de dépense considérable pour l'ensemble des usagers du marché. Un jerrican de 20 litres est vendu à 1 000 francs burundais, transport inclus, ce qui représente un coût élevé pour une denrée aussi essentielle. Une autre restauratrice, Ange Irakoze, a précisé qu'elle utilise environ dix jerricans de 20 litres par jour, ce qui représente un coût de 10 000 francs burundais uniquement pour l'eau. Pour les commerçants, ces dépenses réduisent considérablement leurs marges bénéficiaires et augmentent le coût de revient des produits et services offerts sur le marché.
Ces charges s'inscrivent dans un contexte où les frais imposés pour les animaux entrant sur le marché sont également notables. Pour chaque vache introduite, un montant de 20 000 francs burundais est exigé. De même, chaque chèvre ou mouton entrant sur le site entraîne un frais de 5 000 francs burundais. Ces coûts d'entrée, combinés aux dépenses d'eau et aux redevances de marché, créent une pression financière significative sur tous les acteurs économiques du marché de Rutegama, des éleveurs aux restaurateurs, en passant par les commerçants de bétail. La dépendance à des sources d'eau coûteuses et souvent informelles aggrave la situation, rendant difficile la planification et la pérennité des activités commerciales.
Réactions et promesses d'intervention
L'absence d'eau rend difficiles l'hygiène et les activités quotidiennes selon Eric Irambona, le responsable de la gestion du marché de bétail de Rutegama. Cette pénurie contraint les commerçants et les visiteurs à des pratiques d'approvisionnement alternatives et coûteuses, impactant directement la salubrité du site. Les problèmes d'assainissement, notamment l'impossibilité d'utiliser les infrastructures sanitaires existantes, découlent directement de ce manque. La gestion des déchets et le nettoyage des étals deviennent également des défis majeurs, affectant les conditions de travail des commerçants et l'expérience des acheteurs. L'impossibilité de se laver les mains ou de nettoyer les ustensiles de cuisine contribue à un environnement où les bactéries et les germes peuvent proliférer rapidement.
Cette situation est décrite comme une mauvaise pratique susceptible de favoriser la propagation de maladies, d'après les observations rapportées. Le manque d'accès à une source d'eau salubre pour la boisson et l'hygiène personnelle des usagers du marché accroît les risques d'épidémies. La consommation d'eau non traitée ou l'ingestion d'aliments préparés dans des conditions insalubres constituent des vecteurs potentiels de maladies hydriques et gastro-intestinales. Les défécations à ciel ouvert, conséquence directe du dysfonctionnement des toilettes, aggravent également le tableau sanitaire, en particulier dans un environnement fréquenté par des milliers de personnes et d'animaux chaque semaine. Les maladies diarrhéiques, la typhoïde et le choléra sont des menaces réelles dans de telles conditions.
Afin de remédier à cette situation critique, une lettre sera adressée à la REGIDESO pour solliciter le raccordement du marché de bétail de Rutegama au réseau d'eau potable. Cette démarche vise à garantir un approvisionnement stable et suffisant, essentiel pour restaurer des conditions d'hygiène acceptables et réduire les risques sanitaires. L'administrateur de la commune de Gitega, Jacques Nduwimana, a confirmé cette intention, soulignant l'urgence de connecter le marché au réseau existant afin de mettre fin aux difficultés rencontrées par les usagers et de prévenir de futures crises sanitaires. Il a souligné que cette intervention est clé non seulement pour la santé publique, mais aussi pour le bon fonctionnement économique du marché, qui est un pilier pour la région. Le raccordement au réseau de la REGIDESO permettrait un accès plus fiable et potentiellement moins coûteux à l'eau potable, allégeant ainsi le fardeau financier des commerçants et améliorant significativement les conditions de vie et de travail sur le site.