Le marché de bétail de Rutegama, situé dans la commune et province de Gitega, au centre du Burundi, fait face à une crise sanitaire et opérationnelle. La pénurie d'eau potable sur le site impacte son fonctionnement et la santé des animaux. Le marché est confronté à une grave pénurie d'eau potable, une situation qui soulève des préoccupations majeures. L'administrateur de la commune de Gitega, Dr. Jacques Nduwimana, a reconnu l'existence de cette problématique et a assuré qu'une intervention serait mise en œuvre prochainement pour y remédier. Cette reconnaissance officielle note l'urgence de la situation et l'engagement des autorités locales à trouver des solutions durables pour ce site d'importance économique.
Sanitaires défaillants et risques sanitaires
Le marché de bétail de Rutegama est confronté à une grave pénurie d'eau potable. Cette situation a des répercussions directes sur les infrastructures sanitaires existantes. Les toilettes construites sur le site ne sont pas opérationnelles en raison du manque d'eau, ce qui contraint les usagers à se débrouiller par d’autres moyens. L'absence d'une source d'eau fiable rend ces installations inutilisables, créant ainsi des conditions d'hygiène précaires pour tous les visiteurs et commerçants. En conséquence, les personnes fréquentant le marché sont contraintes de chercher des lieux aux alentours pour leurs besoins. Certains d'entre eux procèdent à la défécation à ciel ouvert dans les buissons voisins, une pratique qui, en plus d'être indigne, présente des risques sanitaires élevés.
Cette pratique de défécation à ciel ouvert, directement liée à l'absence de toilettes fonctionnelles, contribue à la dégradation de l'environnement immédiat du marché. Elle expose la population à des agents pathogènes et augmente considérablement le risque de propagation de maladies hydriques et fécales. La situation est d'autant plus préoccupante que le marché est un lieu de forte affluence, où animaux et humains se côtoient, multipliant les vecteurs potentiels de contamination. L'impact de cette pénurie d'eau potable s'étend donc bien au-delà de la simple incommodité, posant une menace directe sur la santé publique et le bien-être des communautés locales.
Coûts exorbitants pour les restaurateurs
L'absence d'eau complique l'hygiène et les activités quotidiennes des vendeurs, des restaurateurs et des visiteurs du marché. Cette complication est ressentie à chaque niveau des opérations, depuis la propreté des étals jusqu'à la préparation des aliments. Les commerçants de denrées alimentaires sont particulièrement affectés par cette carence. Ils doivent non seulement trouver des solutions alternatives pour l'approvisionnement en eau, mais aussi faire face aux coûts supplémentaires engendrés par ces démarches.
Liduine Ndayisenga, une restauratrice présente sur le marché, a indiqué utiliser « au moins six bidons de 20 litres d'eau » chaque jour pour ses besoins. Ces besoins incluent la cuisson, le nettoyage des ustensiles et l'hygiène générale de son commerce. Elle achète ces bidons à 500 francs burundais l'unité auprès d'un ménage voisin, ce qui représente une dépense quotidienne significative uniquement pour l'eau. Mme Ndayisenga a également précisé : « Beaucoup de personnes viennent demander de l’eau, mais nous ne pouvons pas toujours satisfaire tout le monde selon les quantités disponibles. » Cette situation met en lumière non seulement le coût financier, mais aussi la pression logistique et la demande constante pour cette ressource vitale.
Les restaurateurs doivent s'acquitter de frais annuels de 10 000 francs burundais pour l'accès à l'eau, en plus d'un paiement de 1 000 francs burundais par jour de marché. Ces frais s'ajoutent aux dépenses déjà élevées pour l'achat quotidien de l'eau. Ange Irakoze, une autre restauratrice, a témoigné que sa consommation quotidienne s'élevait à environ dix bidons de 20 litres. Elle a détaillé les coûts avec précision : « Un bidon de 20 litres coûte 1.000 francs avec le transport. J’utilise environ dix bidons par jour, soit 10.000 francs uniquement pour l’eau. » Ces dépenses s'ajoutent aux charges opérationnelles habituelles des commerçants du marché, réduisant d'autant leurs marges bénéficiaires et augmentant le coût de la vie pour ces entrepreneurs. Le coût élevé de l'eau pèse lourdement sur la viabilité économique de leurs activités, forçant certains à répercuter ces coûts sur les prix des denrées, affectant ainsi le pouvoir d'achat des consommateurs.
Réactions et perspectives d'avenir
Cette situation engendre des risques sanitaires graves, susceptibles de favoriser la propagation de maladies. La contamination de l'eau et le manque d'assainissement adéquat créent un environnement propice à l'émergence et à la diffusion de diverses pathologies, mettant en péril la santé des milliers de personnes qui fréquentent le marché chaque semaine. Ces risques sont d'autant plus préoccupants que le marché de bétail de Rutegama est un lieu central pour le commerce et les échanges dans la région, attirant des populations de diverses localités.
Pour y remédier, une demande sera adressée à la REGIDESO afin de connecter le marché de bétail de Rutegama au réseau d'eau potable. Cette démarche est perçue comme une solution essentielle et durable pour résoudre la crise hydrique actuelle. L'administrateur de la commune de Gitega, Dr. Jacques Nduwimana, a souligné l'importance de cette connexion pour garantir un approvisionnement régulier et suffisant en eau potable, non seulement pour les besoins humains, mais aussi pour les animaux présents sur le site.
Parallèlement, les frais d'entrée au marché représentent une source de revenus significative pour les autorités locales. Les commerçants de bétail s'acquittent de 20 000 francs burundais par vache, tandis que l'entrée d'une chèvre ou d'un mouton est facturée 5 000 francs burundais. Ces montants soulignent l'importance économique du site pour les autorités locales, qui bénéficient directement de l'activité commerciale qui s'y déroule. Le volume de ces transactions et les recettes générées mettent en évidence l'intérêt de maintenir le marché en activité et d'améliorer ses infrastructures.
La résolution de la pénurie d'eau est donc clé non seulement pour des raisons sanitaires et humanitaires, mais aussi pour la pérennité économique du marché de bétail de Rutegama. Une fois la connexion à la REGIDESO établie, il est espéré que les conditions d'hygiène s'amélioreront drastiquement, permettant aux commerçants de travailler dans un environnement plus sain et aux visiteurs de fréquenter le marché en toute sécurité. Cela pourrait également réduire les coûts opérationnels des restaurateurs et autres vendeurs, contribuant ainsi à la prospérité générale de ce pôle économique vital pour la province de Gitega. La mise en œuvre de cette solution est attendue avec impatience par tous les acteurs concernés.