Projets agricoles au Burundi sous le feu des critiques après un rapport accablant

Des projets agricoles au Burundi, financés par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale (BM), font face à des critiques après un rapport accablant. La Cour des Comptes a récemment mené un audit des programmes PATAREB (Appui à la transformation agricole dans la région naturelle de Bugesera) et PADCAE-B (Appui au développement durable des chaînes de valeur de l’agriculture et de l’élevage au Burundi). Les conclusions de cet audit ont été examinées lors d'une session de questions orales à l'Assemblée Nationale le 29 avril 2026. Le projet PATAREB est financé par la Banque africaine de développement, tandis que le projet PADCAE-B bénéficie du financement de la Banque mondiale.

Constatations de la Cour des Comptes

L'audit mené par la Cour des Comptes a mis en évidence des performances jugées insuffisantes au regard des objectifs fixés. Pour le projet PATAREB, lancé en 2018 avec une fin initialement prévue en 2023, il est à noter que le programme est toujours en cours. Le projet PADCAE-B, quant à lui, a débuté en 2021 avec une durée initiale de dix mois, mais n'a pas encore été finalisé à ce jour, selon les constatations de la Cour des Comptes.

Réponse ministérielle et justifications

Mme Calinie Mbarushimana, ministre de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage, a reconnu que les résultats obtenus étaient inférieurs aux attentes. La ministre a attribué cette sous-performance à plusieurs facteurs, incluant l'instabilité du personnel, le manque d'harmonisation des études techniques et l'insuffisance de personnel qualifié au sein des équipes chargées des projets. Ces explications ont été fournies dans le cadre des discussions sur les conclusions du rapport de la Cour des Comptes concernant les programmes PATAREB et PADCAE-B. Elle a souligné la complexité de la gestion de tels projets dans un contexte où les ressources humaines et la coordination technique présentent des défis.

Demandes des parlementaires

Les députés ont relevé des études de faisabilité lacunaires, des dysfonctionnements structurels persistants et un manque de suivi rigoureux, des problèmes déjà signalés par la Cour des Comptes. Les parlementaires ont insisté sur la nécessité d'un suivi plus strict des projets et d'un plan d'action clair pour corriger les insuffisances identifiées. Ils ont souligné l'importance de garantir que les fonds alloués soient utilisés de manière efficace pour atteindre les objectifs de développement agricole au Burundi.

Mesures correctives annoncées

Le gouvernement a annoncé des mesures correctives pour répondre aux critiques soulevées par le rapport. Ces actions incluent la restructuration des équipes de coordination des projets PATAREB et PADCAE-B, ainsi que la revitalisation des comités de pilotage. Une attention particulière sera portée au renforcement du suivi-évaluation des programmes. Le gouvernement burundais s'engage à améliorer la collaboration avec les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque africaine de développement et la Banque mondiale, afin d'assurer une meilleure exécution des projets agricoles.

Perspectives et recommandations

Un expert anonyme en suivi et évaluation de projets a suggéré d'étendre les contrôles à d'autres programmes financés par des partenaires internationaux. Cet expert a évoqué de potentiels cas de mauvaise gestion et de corruption dans les processus d'acquisition et d'exécution pour certains projets financés par le Fonds international de développement agricole (FIDA). Cette recommandation intervient alors que le gouvernement burundais s'engage à renforcer le suivi-évaluation de ses programmes agricoles.