Saisie de 18 tonnes de café au Burundi : un marchand détenu pour trafic présumé

Burundi : 18 tonnes de café saisies à Mpanda, un commerçant détenu depuis deux semaines
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Dix-huit tonnes de café ont été saisies par la police de Musigati, en collaboration avec la police régionale, une opération qui a conduit à l'arrestation d'un individu. L'événement s'est produit dans un contexte de lutte contre le trafic illicite de cette denrée, considérée comme une ressource économique vitale pour le pays. Gabriel Nikobamye, un marchand, a été interpellé et est actuellement détenu au centre de détention de Muzinda depuis son arrestation. Les autorités n'ont pas encore communiqué les détails précis des accusations portées contre lui ni l'origine exacte du café saisi, laissant planer une certaine incertitude sur les ramifications complètes de cette affaire.

Détails de la saisie

Le produit est prétendument vendu en dehors du circuit officiel, avec des flux suspectés en direction du Rwanda, selon des informations rapportées par les autorités. Cette situation met en lumière les défis persistants auxquels sont confrontées les autorités burundaises pour contrôler le commerce de cette culture d'exportation majeure. La détention d'un marchand dans ce contexte suggère une volonté accrue des services de sécurité de lutter contre ces pratiques illicites qui sapent l'économie nationale et les filières légales de commercialisation. La saisie de ces 18 tonnes de café représente une opération significative dans les efforts de répression du trafic illégal.

Le stock de café saisi demeure entreposé sur le site de la saisie, situé sur la colline de Rutake, dans la zone de Ruce. Sa conservation sur place indique que les procédures d'enquête et de gestion des marchandises confisquées sont en cours. Cette étape est clé pour l'établissement des faits et la détermination des prochaines actions des autorités judiciaires et administratives concernant cette importante cargaison. La lenteur de la procédure de transfert du dossier soulève des questions quant à la gestion administrative et judiciaire de ce type d'affaire au Burundi.

Le marchand et son associé

Le marchand arrêté, Gabriel Nikobamye, originaire de la zone de Ruce, dans la commune de Mpanda, province de Bujumbura, dans l'ouest du Burundi, est détenu depuis le 21 mai 2024. Son interpellation s'inscrit dans le cadre de la saisie des 18 tonnes de café. Les autorités n'ont pas fourni de détails concernant la nature exacte des accusations pesant sur lui, mais son arrestation est directement liée à l'opération menée par la police de Musigati. Sa détention au centre de détention de Muzinda note la gravité avec laquelle les autorités semblent traiter cette affaire de trafic présumé.

Le second individu impliqué dans cette affaire, Claude Nsengiyumva, présenté comme l'associé de Gabriel Nikobamye, n'a pas été appréhendé. Claude Nsengiyumva est actuellement en fuite, ce qui complique davantage l'enquête en cours. Son absence des lieux de la saisie et son statut de fugitif ajoutent une dimension supplémentaire à l'affaire, nécessitant des efforts de recherche accrus de la part des services de sécurité burundais pour éclaircir son rôle présumé dans le trafic. Les autorités cherchent à déterminer l'étendue de son implication et sa localisation actuelle pour pouvoir le confronter aux accusations.

Cadre légal et accusations

Au Burundi, la commercialisation du café doit impérativement transiter par des usines de dépulpage agréées, comme l'exige la réglementation en vigueur. Cette exigence vise à assurer la qualité, la traçabilité et la taxation appropriée du café, pilier de l'économie burundaise. Toute transaction réalisée en dehors de ce circuit officiel est considérée comme une fraude et est passible de sanctions légales rigoureuses. Le marchand Gabriel Nikobamye est accusé d'avoir collecté ce qu'il a qualifié de « déchets » de café, dans l'intention de les revendre par un canal qu'il estimait légal, selon les informations disponibles. Cette démarche est au cœur des accusations portées contre lui, les autorités estimant qu'il a sciemment contourné les procédures établies. La nature exacte de ces "déchets" et leur valeur commerciale sont des points clés de l'enquête.

Réactions locales et institutionnelles

Le directeur de l'Office pour le Développement du Café du Burundi (ODECA) a confirmé avoir été informé de l'affaire de la saisie des 18 tonnes de café, soulignant l'importance institutionnelle accordée à la protection de la filière café. Plus de deux semaines après l'arrestation du marchand, le dossier demeure bloqué au niveau de l'officier de police judiciaire à Muzinda, ce qui retarde l'avancement des procédures. Le chef de la zone de Ruce, Désiré Niyonkuru, a déclaré avoir été au courant de l'activité du transport du café, la considérant comme normale, ce qui contraste avec la position des autorités chargées de l'application de la loi. En conséquence, le marchand Gabriel Nikobamye reste en détention sans que son dossier n'ait été transféré au bureau du procureur. Cette situation prolonge l'incertitude quant à l'avancement des procédures judiciaires concernant la marchandise saisie et l'accusé, et soulève des questions sur la coordination entre les différentes instances locales et nationales. L'absence de transfert au procureur signifie que les charges formelles n'ont pas encore été établies, prolongeant ainsi la période de détention préventive.