Stratégies pour apaiser les tensions politiques inter-partis en période électorale

Bene
Photo via Lerenouveau

Cet article explore les stratégies visant à apaiser l'intolérance politique entre les membres de différents partis pendant les périodes électorales. Des initiatives sont mises en place pour contrer cette polarisation qui peut menacer la stabilité nationale. Josué Uwimana a ainsi déclaré que l'intolérance politique en période électorale représente un facteur de déstabilisation pour le pays. L'objectif est de promouvoir un environnement politique plus serein et constructif.

Témoignages et constats locaux

Dans la commune de Mwaro, Asman Niyonkuru, secrétaire communal du parti CNDD-FDD, affirme qu'il n'existe plus de désaccords entre les membres des différents partis politiques durant les périodes électorales. Il attribue les comportements passés à des jeunes sans occupation, exploités par des politiciens. « Si tu n’a rien à faire et que quelqu’un te donne à boire, il te manipule comme il veut », a-t-il déclaré, ajoutant que « les membres des partis politiques ne devraient pas être des ennemis. Ce sont des voisins qui doivent avoir besoin les uns des autres dans toutes circonstances. »

Niyonkuru a souligné l'évolution des mentalités : « du moment que beaucoup de jeunes ont changé de mentalité et ont accepté de s’atteler aux différentes activités pouvant contribuer dans le développement économique du pays, même si tu viens leur dire que tu vas leur donner à boire, ils te diront qu’ils savent quoi faire. » Il exhorte les membres des partis à se consacrer aux travaux de développement plutôt qu'à suivre des politiciens qui les utilisent pour la violence.

Malgré ces observations, Thérence Manirambona a rappelé un incident survenu à Muyinga, où un membre du parti CNL aurait été torturé pour ne pas appartenir au parti au pouvoir. À Bujumbura, Yvan Akimana, un jeune, estime que les périodes électorales sont des moments délicats où la prudence est de mise. Il a interpellé les jeunes, souvent cibles des politiciens : « Chacun parti politique veut gagner les élections à tout prix en passant par la violence. Ce genre de comportement doit avoir un impact négatif, non seulement sur la cohésion sociale, mais également sur le développement économique du pays. » Il les exhorte à « rester concentrée sur leur travail au lieu de se laisser distraire par les politiciens qui, après les avoir exploité, s’asseyent ensemble pour partager un verre alors que les jeunes se détruits. » De son côté, Jeanne Hatungimana, commerçante dans le quartier de Kanyari, observe que l'intolérance politique est principalement le fait des hommes.

Rôles des partis et des jeunes

Thérence Manirambona, porte-parole du parti CNL, a affirmé que sa formation politique enseigne le respect mutuel et l'esprit de choisir des projets conduisant le pays au développement durable. Il a mis en avant une expression locale, « ibipinga, hongora injavyi », que l'on peut traduire par « les voisins doivent s'entraider mutuellement ». Selon M. Manirambona, « C'est pour cette raison que les partis politiques doivent enseigner particulièrement à leurs membres et au peuple burundais en général comment vivre dans la diversité. » Cette approche vise à renforcer la coexistence pacifique entre les différentes entités politiques, soulignant la nécessité d'une collaboration pour le bien commun au-delà des affiliations partisanes.

Yvan Akimana, un jeune de Bujumbura, a mis en lumière un autre aspect des dynamiques électorales en soulignant que les jeunes constituent une population cible pour les politiciens. Ces derniers, selon lui, pourraient recourir à la violence dans leur quête de victoire électorale. Akimana a insisté sur le fait que cette instrumentalisation des jeunes est une préoccupation majeure. Il a appelé à une prise de conscience collective pour éviter que cette tendance ne nuise à la cohésion sociale et au développement économique du pays.

Appels à la responsabilité et à l'unité

Asman Niyonkuru, secrétaire communal du parti CNDD-FDD à Mwaro, a affirmé que l'intolérance politique entre les membres des différents partis entraînait des conséquences néfastes, parmi lesquelles la violence et les homicides. Selon lui, cette polarisation nuit gravement à la stabilité sociale et met en péril la cohésion nationale, particulièrement en période électorale. Il a rappelé l'importance de dépasser les clivages partisans pour éviter de telles dérives qui peuvent fragmenter la société.

Le Pasteur Josué Uwimana, de l'Église Horeb Temple à Kinama, a suggéré que les dirigeants politiques inculquent un esprit d'amour et de patriotisme à leurs membres. Il a souligné la nécessité pour les acteurs politiques de promouvoir des valeurs d'unité et de respect mutuel au sein de leurs formations. Cette approche, selon lui, contribuerait à tempérer les ardeurs partisanes et à favoriser un dialogue constructif plutôt que la confrontation.

Le Pasteur Uwimana a également mis en avant le rôle prépondérant des institutions religieuses dans ce processus. « Les églises aussi doivent jouer un rôle prépondérant dans la promotion de la libre expression pour que les gens vivent dans l’harmonie avec une vision de développer le pays », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la capacité des églises à servir de plateformes pour encourager la coexistence pacifique et l'engagement citoyen en faveur du développement national.