De violents affrontements ont opposé des miliciens Wazalendo aux rebelles du M23 le mercredi 6 mai 2026 à Kigurwe, localité stratégique située dans la plaine de la Ruzizi, sur le territoire d'Uvira, au Sud-Kivu. Ces combats intenses, qui ont secoué la région pendant plusieurs heures, ont entraîné de lourdes pertes pour les Wazalendo. Selon plusieurs sources concordantes, et ces informations sont corroborées par diverses dépêches de terrain, plus d'une douzaine de miliciens Wazalendo ont été tués lors de ces affrontements. Cette perte significative note l'intensité des combats et la résilience des forces en présence. Parmi les victimes des Wazalendo figurait le Colonel David, décrit comme l'adjoint du général autoproclamé Kamama, une figure de proue au sein de ces milices. Sa disparition représente un coup dur pour la coordination et le moral des troupes Wazalendo.
La situation sur le terrain demeure confuse, et aucun bilan officiel indépendant n'a été publié à ce jour, rendant difficile une évaluation précise de l'ampleur des pertes et des gains territoriaux de chaque camp. Ces incidents s'inscrivent dans un contexte de tensions persistantes et d'une escalade continue des hostilités dans la région de l'Est de la République Démocratique du Congo. Des sources médiatiques liées au M23 et au M23 ont affirmé que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et leurs forces alliées se sont heurtées à des combattants Twirwaneho, alignés sur le M23, et ont mené des attaques de drones dans plusieurs villages autour de la ville de Minembwe, dans le district de Fizi, le 15 avril 2026. Ces mêmes sources ont également rapporté que les FARDC et les forces alliées ont attaqué le M23 dans plusieurs villages, dont Chambombo, dans le nord du district de Kalehe, au Sud-Kivu, le 17 avril 2026, illustrant la multiplicité des fronts et la nature fragmentée du conflit.
L'offensive Wazalendo tourne au désastre
Les Wazalendo, dans un communiqué initial, ont affirmé avoir lancé une offensive contre les positions du M23, réussissant selon leurs dires à déloger les rebelles de Kigurwe. Cette déclaration laissait entendre une victoire tactique majeure pour les forces pro-gouvernementales. Cependant, des témoignages d'habitants locaux, recueillis auprès de diverses sources indépendantes, viennent contredire cette version officielle, indiquant que le M23 maintient le contrôle de la localité après les combats. Cette divergence met en lumière la difficulté d'obtenir des informations fiables et impartiales dans une zone de conflit aussi volatile. Les miliciens Wazalendo ont, par la suite, confirmé la mort du Colonel David et ont reconnu l'ampleur des pertes subies lors de ces affrontements, un aveu qui contraste avec leur optimisme initial et qui note la dureté des combats.
Dans un contexte plus large, l'armée congolaise (FARDC) et des forces alliées auraient affronté des miliciens alignés sur le M23 dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, selon des informations rapportées par plusieurs agences de presse. Ces affrontements illustrent la stratégie d'encerclement et de pression exercée par les forces pro-gouvernementales sur les positions rebelles. Auparavant, des combattants Wazalendo avaient réussi à reconquérir Chambombo et plusieurs autres villages des mains du M23 le 13 avril 2026, dans le cadre de combats intenses en cours à Kalehe depuis fin mars. Ces succès temporaires des Wazalendo démontrent leur capacité à mener des opérations offensives, bien que souvent au prix de lourdes pertes. Des combats ont également été signalés avec des combattants Wazalendo attaquant le M23 près de la RP1030 dans le district de Walikale au Nord-Kivu, et des affrontements ont eu lieu dans le village d'Ihula, dans le groupement de Kisimba à Walikale, le 16 avril 2026. Ces incidents dispersés confirment l'étendue géographique du conflit et la persistance des violences dans plusieurs provinces de l'Est de la RDC.
Dans le domaine économique, la société minière publique congolaise Gécamines s'est engagée à exporter 500 000 tonnes de cuivre vers les États-Unis par le biais de sa coentreprise avec la société de négoce suisse Mercuria. Cet accord, bien que distinct des dynamiques militaires, note l'importance des ressources naturelles de la RDC et les enjeux économiques qui se superposent aux conflits armés. La stabilité de la région est clé pour le développement de ces partenariats économiques et pour l'exploitation durable des richesses du pays.
Contexte du conflit et acteurs
Ces nouveaux affrontements mettent en lumière l'insécurité persistante dans la plaine de la Ruzizi, une région stratégique pour le contrôle des axes de communication et des ressources. La plaine de la Ruzizi, située à la frontière avec le Burundi et le Rwanda, est depuis longtemps un point névralgique des tensions régionales. Les Wazalendo sont des groupes armés locaux, principalement composés de jeunes volontaires, qui bénéficient d'un soutien explicite de Kinshasa et sont de plus en plus engagés aux côtés des forces gouvernementales contre les rebelles du M23. Leur rôle est devenu central dans la stratégie de défense et de reconquête du gouvernement congolais. Les Wazalendo bénéficient également d'un soutien militaire burundais, s'inscrivant dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Burundi et la RDC, une alliance qui vise à contrer les avancées du M23 et à stabiliser la région.
Depuis le début de l'année 2025, les rebelles du M23 ont repris plusieurs zones stratégiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, marquant une résurgence notable de leur puissance militaire. Le M23 a notamment reconquis Goma et Bukavu, les capitales provinciales respectives, des prises symboliques et stratégiques qui ont considérablement affaibli l'autorité de l'État congolais dans ces régions. Le site minier de Rubaya, l'un des plus importants gisements de coltan au monde, une ressource essentielle pour l'industrie électronique mondiale, a également été repris par le M23. Ce contrôle des ressources minières offre au groupe rebelle une source de financement significative pour ses opérations. Le M23, réactivé en 2021 après une période de relative accalmie, constitue une ancienne rébellion tutsi qui accuse les autorités congolaises de ne pas respecter leurs engagements de réintégration, des accusations qui sont au cœur de la rhétorique du groupe pour justifier ses actions.
Le M23 est désormais intégré à l'Alliance Fleuve Congo (AFC), une coalition de groupes armés et d'acteurs politiques de l'opposition, dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Cette intégration confère au M23 une dimension politique plus large et complexifie la nature du conflit. Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir activement ces rebelles, des allégations que Kigali continue de nier avec véhémence, insistant sur le caractère interne du conflit congolais. Cependant, un rapport d'experts des Nations unies, publié après des enquêtes approfondies sur le terrain, a mentionné le déploiement de 5 000 à 7 000 soldats rwandais aux côtés du M23, fournissant des preuves substantielles de l'implication extérieure. Le Rwanda, de son côté, accuse le Burundi et la RDC de soutenir les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hutu rwandais composé en partie d'anciens génocidaires, créant ainsi un cycle d'accusations mutuelles qui alimente les tensions régionales.
Entre août 2022 et décembre 2025, le Burundi a déployé plus de 29 000 soldats dans l'Est du Congo, une présence militaire massive qui témoigne de l'engagement burundais dans la lutte contre les groupes armés et de son soutien aux forces congolaises. Cette intervention, bien que justifiée par la nécessité de sécuriser ses propres frontières, ajoute une couche supplémentaire de complexité aux dynamiques régionales.
Réactions internationales et situation humanitaire
Les hostilités continuent malgré la signature de plusieurs accords de paix et de désescalade, dont l'accord de Washington du 4 décembre 2025 entre le Rwanda et la RDC, selon des sources diplomatiques. Cet accord, censé apporter une solution politique aux tensions, n'a manifestement pas suffi à endiguer la violence sur le terrain, soulignant la fragilité des engagements et la difficulté de leur mise en œuvre. En conséquence directe de cette violence persistante, des milliers de civils continuent de fuir leurs foyers, cherchant refuge vers les pays voisins ou dans des zones réputées plus sûres à l'intérieur de la RDC. D'autres restent piégés dans des zones de conflit où l'aide humanitaire peine à parvenir, confrontés à des pénuries alimentaires, un manque d'accès aux soins de santé et des risques constants pour leur sécurité. La crise humanitaire dans l'Est du Congo demeure l'une des plus graves au monde.
Un changement dans le calendrier de publication de l'analyse de la sécurité pour la guerre au Congo a été annoncé. À partir du 17 avril 2026, cette publication est passée d'un rythme de trois fois par semaine à une fois par semaine, chaque vendredi. Cette modification vise probablement à optimiser les ressources ou à adapter la fréquence de l'information à l'évolution de la situation. Un retour au calendrier initial de trois publications par semaine est prévu du 1er juin au 21 août 2026, suggérant une période d'observation ou d'ajustement. Ces informations ont été compilées avec une date limite de données fixée au 17 avril 2026, à 13h00 EST, assurant ainsi la pertinence et l'actualité des données rapportées.
Les États-Unis ont, de leur côté, réitéré leur appel à la RDC et au Rwanda pour qu'ils mettent immédiatement en œuvre leurs engagements de paix. Cette déclaration a été faite lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, soulignant la nécessité d'une désescalade rapide dans la région et l'importance d'une solution politique durable pour mettre fin à ce conflit dévastateur. La communauté internationale continue de surveiller de près la situation, exhortant toutes les parties à la retenue et au respect du droit international humanitaire.