Augmentation des violences basées sur le genre à Nyanza : les victimes réclament un centre d'aide holistique

Photo via Iwacu-burundi

Dans la commune de Nyanza, une augmentation alarmante des cas de violences basées sur le genre (VBG) de différents types est enregistrée. Ces violences se manifestent par une diversité de situations, affectant profondément la vie des victimes. Il est clé de noter que ces chiffres enregistrés ne représentent que les cas rapportés aux autorités administratives, à la police ou aux structures d'aide aux victimes de VBG, suggérant que l'ampleur réelle du problème pourrait être bien plus vaste. Face à cette recrudescence, les victimes sollicitent avec insistance la création d'un centre de prise en charge holistique au sein de cette commune pour leur soutien médical, juridique et psychologique.

L'ampleur des violences basées sur le genre

Entre 10 et 15 cas de violences basées sur le genre sont enregistrés chaque mois dans la commune de Nyanza. Ces chiffres concernent spécifiquement les incidents rapportés aux autorités administratives, aux services de police ou aux structures d'aide aux victimes de VBG. La diversité des situations dans lesquelles ces violences se manifestent est une préoccupation majeure pour les acteurs locaux, qui soulignent la complexité des défis à relever en matière de protection des victimes et de prévention. Les données collectées mettent en lumière une réalité persistante nécessitant une réponse coordonnée et immédiate. Les violences peuvent prendre plusieurs formes, incluant des agressions physiques, psychologiques et économiques, mais aussi des cas de viol de jeunes filles entraînant des grossesses non désirées et des abandons scolaires, la polygamie, la polyandrie, l'abandon familial, l'abandon d'enfants par leurs mères, ainsi que la spoliation des biens des veuves par leurs belles-familles. Ces statistiques mensuelles illustrent l'ampleur du phénomène et la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien et de sensibilisation au sein de la communauté. La commune de Nyanza est confrontée à une augmentation constante de ces cas, exigeant une attention accrue et des interventions ciblées.

Facteurs contribuant à la recrudescence

Les causes de cette recrudescence des violences basées sur le genre sont attribuées en grande partie à la présence de nombreux travailleurs saisonniers ou migrants venus de tout le Burundi. Parmi ces populations, on compte des pêcheurs, des conducteurs de vélos et de motos-taxis, ainsi que des travailleurs domestiques. Leur mobilité et leur intégration parfois difficile dans la communauté locale sont considérées comme des éléments favorisant un environnement propice à ces violences. Ces travailleurs, souvent éloignés de leurs attaches familiales et sociales habituelles, peuvent être à la fois victimes et auteurs de VBG, compliquant la situation.

D'autres facteurs contribuent également à cette situation préoccupante. La forte proportion de femmes employées dans le secteur de la pêche, un domaine où elles peuvent être particulièrement vulnérables à l'exploitation et aux abus, est une source d'inquiétude. Le trafic d'êtres humains, qui touche spécifiquement les jeunes filles mineures, représente une préoccupation majeure, les exposant à des risques accrus de violences sexuelles et d'exploitation. Enfin, l'installation de nombreux rapatriés burundais dans la région est également citée comme un élément influençant cette dynamique, ces populations pouvant se retrouver dans des situations de précarité économique et sociale, propices à l'émergence ou à l'exacerbation des tensions et des violences intrafamiliales et communautaires.

Appel à un centre de prise en charge holistique

Les victimes de violences basées sur le genre à Nyanza sollicitent de manière pressante la création d'un centre de prise en charge holistique au sein de la commune. Ce centre devrait offrir un soutien complet, incluant une assistance médicale pour les blessures et les traumatismes, un accompagnement juridique pour les procédures judiciaires, et un soutien psychologique essentiel pour la reconstruction des victimes. Elles soulignent les difficultés rencontrées pour accéder aux soins et à l'aide en l'absence de structures locales dédiées et accessibles. L'établissement d'une telle entité est perçu comme essentiel pour améliorer significativement l'accompagnement des personnes affectées et leur permettre de surmonter les traumatismes subis, de retrouver leur dignité et de se réinsérer socialement. Cette demande reflète un besoin urgent de services spécialisés et intégrés directement accessibles aux victimes, qui se sentent souvent isolées et sans recours face à leurs souffrances. Un tel centre permettrait de centraliser les efforts et d'offrir une réponse coordonnée et efficace.

Solutions locales et défis persistants

Les violences basées sur le genre observées à Nyanza englobent des actes particulièrement graves et variés. Parmi ceux-ci figurent le viol de jeunes filles entraînant des grossesses non désirées et des abandons scolaires, la pratique de la polygamie et de la polyandrie, des violences physiques et économiques, l'abandon familial, l'abandon d'enfants par leurs mères, ainsi que la spoliation des biens des veuves par leurs belles-familles. Ces formes de violence, souvent ancrées dans des dynamiques sociales et culturelles complexes, exigent des réponses adaptées et multidimensionnelles. Les victimes déplorent également l'absence criante d'organisations de la société civile dédiées spécifiquement à la promotion et à la protection des droits des femmes dans la localité, ce qui limite considérablement les ressources et le soutien disponibles.

Des sessions de sensibilisation sont menées sur les collines afin de lutter contre ces violences et d'informer les populations sur leurs droits et les conséquences des VBG. Cependant, les règlements à l'amiable des conflits, souvent privilégiés au détriment de la justice formelle, contribuent malheureusement à la persistance de ces violences, en ne garantissant pas la protection des victimes ni la sanction des auteurs. Cette pratique affaiblit l'application de la loi et envoie un message d'impunité. En comparaison, dans la province de Burunga, deux centres de prise en charge holistique pour ces violences sont disponibles : le centre Humura à Rumonge et un autre centre situé dans la capitale provinciale de Burunga. Cette disparité met en évidence le besoin urgent pour Nyanza de disposer de ses propres infrastructures de soutien, afin de garantir un accès équitable à la justice et à la réparation pour toutes les victimes.