Léopold Kabura, président de la Cour des comptes, a présenté un rapport sur le contrôle des finances publiques devant l'Assemblée nationale le 15 octobre 2026. Ce bilan note une défaillance généralisée dans la reddition des comptes pour l'exercice fiscal 2025-2026, puisque seulement 12 entités publiques sur 303 ont transmis leurs documents à l'institution.
Léopold Kabura a déclaré : « Le nouveau texte régissant la Cour des comptes devrait introduire des sanctions pour les institutions défaillantes ». Faustin Ndikumana, directeur national de Parcem, a critiqué l'absence de mesures correctives : « Donc, il n’y a pas de volonté politique au plus haut sommet pour lutter contre la corruption. Parce que c’est la volonté politique, la Cour des comptes est un instrument par excellence. »
Un manquement aux obligations légales
L'article 182 de la Constitution du Burundi impose une obligation stricte aux entités publiques concernant la gestion des fonds. Ce texte juridique exige le dépôt des comptes au plus tard le 30 septembre. Cette échéance intervient précisément trois mois après la clôture de l'exercice fiscal, fixée au 30 juin. Le respect de ce calendrier législatif constitue une étape fondamentale pour permettre à la Cour des comptes d'exercer sa mission de contrôle. Le non-respect systématique de ce délai, constaté lors de l'exercice 2025-2026, place les institutions concernées en situation d'infraction vis-à-vis des dispositions constitutionnelles en vigueur. La reddition des comptes demeure le mécanisme central garantissant la transparence de la gestion des ressources nationales au sein de l'appareil d'État.
Une absence généralisée de transparence
Aucune province ni aucune commune du Burundi n'a soumis ses comptes pour l'exercice fiscal 2025-2026. Parallèlement, seulement quatre entités sur 38, incluant l'administration centrale, les établissements publics administratifs et les administrations personnalisées de l'État, ont transmis leurs documents. La situation s'étend aux projets d'investissement public, où aucun des 35 dossiers n'a été déposé. Concernant le secteur hospitalier, cinq établissements sur 141 ont respecté cette obligation.
Diomède Ninteretse, économiste et expert en leadership, qualifie ce constat sévèrement : « C’est une grande irresponsabilité de certaines autorités politiques du Burundi. C’est une honte, voire une situation catastrophique, parce que je dois vous dire que la reddition des comptes représente pour moi une rencontre entre trois exigences de l’État moderne. »