Le camp de réfugiés de Nakivale, situé dans le sud-ouest de l'Ouganda, fait face à une crise de l'eau qui affecte des milliers de ses résidents. Cette situation critique met en péril la santé et la subsistance de la population déplacée. Des réfugiés parcourent environ huit kilomètres jusqu'au lac Nakivale pour trouver de l'eau, une nécessité vitale dans ces conditions difficiles. Le camp accueille plus de 150 000 réfugiés, dont une part significative est constituée de Burundais. Plus de 33 000 réfugiés burundais vivent en effet à Nakivale, contribuant à la pression sur les ressources disponibles et rendant la gestion de l'eau encore plus complexe. La surpopulation et les infrastructures limitées exacerbent les défis quotidiens pour l'accès à l'eau potable.
Pénurie d'eau et désespoir
Les réfugiés sont contraints de boire l'eau des puits creusés, bien que celle-ci ne soit pas destinée à la consommation humaine, selon les informations recueillies. Cette situation s'explique par l'assèchement des puits publics, exacerbant la crise hydrique dans le camp et laissant peu d'alternatives aux habitants. Les puits publics, initialement forés par Nsamizi, étaient prévus pour un usage domestique et non pour la consommation, d'après des sources documentées. Ces puits, qui étaient une source d'eau pour des activités comme la lessive ou l'hygiène, sont désormais à sec, forçant les populations à se tourner vers des solutions désespérées. La pénurie d'eau potable pousse donc les habitants à utiliser des sources non appropriées, présentant des risques sanitaires importants. Cette dépendance à des puits non potables met en lumière la gravité de la situation et les défis auxquels sont confrontés les réfugiés de Nakivale. L'épuisement des réserves d'eau accessibles aggrave les conditions sanitaires et de vie de la population du camp, transformant la recherche d'eau en une lutte quotidienne pour la survie.
Impacts sanitaires alarmants
Depuis plus de trois mois, les robinets publics, les sources et les fontaines à l'intérieur et autour du camp de Nakivale ne fournissent plus d'eau, aggravant la crise humanitaire et privant les résidents d'une ressource essentielle. Cette pénurie prolongée a des conséquences sanitaires directes et dramatiques. Des sources médicales rapportent une augmentation alarmante des cas de choléra et de typhoïde au sein de la population. L'eau contaminée, utilisée par manque d'alternatives, est le principal vecteur de ces maladies. La rareté de l'eau affecte également le fonctionnement des structures de santé présentes dans le camp, rendant plus difficile la prise en charge des patients et le maintien des conditions d'hygiène nécessaires dans les centres médicaux. Les efforts pour contrôler la propagation des maladies sont entravés par cette absence d'eau. L'absence d'accès à l'eau potable depuis plusieurs mois crée ainsi un environnement propice à la propagation des maladies hydriques, menaçant la santé des milliers de réfugiés, en particulier les plus vulnérables.
Conséquences sur le bétail et l'aide
L'établissement public Nsamizi est en charge des programmes WASH (eau, assainissement et hygiène) au sein du camp, une responsabilité essentielle dans la gestion des ressources hydriques et la mise en œuvre de solutions durables. Parallèlement à la crise touchant les habitants, le manque d'eau et de pâturages a également des répercussions graves sur le bétail du camp. De nombreuses vaches meurent quotidiennement, accentuant la vulnérabilité des communautés qui dépendent de ces animaux pour leur subsistance et leur économie. Cette situation est aggravée par une réduction récente de l'aide alimentaire destinée aux réfugiés, mise en œuvre par le HCR. Cette diminution des rations alimentaires, combinée à la crise de l'eau, exerce une pression considérable sur les moyens de subsistance et la survie des populations déplacées à Nakivale, rendant leur quotidien encore plus précaire.
Témoignages et appels à l'aide
Face à cette pénurie généralisée, la vente d'eau est devenue une pratique courante, un jerrican de 20 litres se négociant jusqu'à 10 000 shillings ougandais, une somme prohibitive pour la plupart des réfugiés dont les ressources sont limitées. Les cas de choléra et de typhoïde affectent principalement les enfants, les femmes enceintes et les femmes allaitantes, selon les observations cliniques des équipes médicales sur place. Ces groupes sont les plus vulnérables aux maladies hydriques exacerbées par la pénurie, leur système immunitaire étant souvent affaibli ou en développement. La situation exige une intervention urgente pour restaurer l'accès à l'eau potable et prévenir une catastrophe sanitaire de plus grande ampleur. Les autorités et les organisations humanitaires sont appelées à intensifier leurs efforts pour répondre aux besoins pressants des résidents du camp de Nakivale.