À Rumonge, le prix du poisson ndagala a atteint un niveau inédit, s'échangeant jusqu'à 160 000 FBu le kilogramme sur le marché local. Cette augmentation marque une première, selon les observations locales, le prix fluctuant généralement entre 140 000 et 160 000 FBu selon la qualité du produit. Le ndagala, un poisson emblématique du lac Tanganyika, est devenu rare au cours des trois derniers mois. Face à cette situation, plusieurs personnes contactées à Rumonge demandent la fermeture des magasins de Bujumbura qui vendent les filets maillants, soupçonnés de contribuer à la raréfaction des poissons.
Pratiques illicites et leurs conséquences
La pêche illicite a un impact négatif sur la biodiversité du lac Tanganyika, selon les acteurs locaux. Des pêcheurs font observer que ces pratiques sont menées au vu et au su de certaines autorités qui devraient intervenir pour les stopper. Des pêcheurs n’hésitent pas à dénoncer des autorités qui recevraient des pots-de-vin pour fermer les yeux face à cette pêche illégale. Des filets maillants aimantés sont utilisés par certains pêcheurs, capturant une multitude d'espèces de poissons. Les poissons pêchés avec ces méthodes illicites perdent leur qualité après seulement trois à quatre heures. La consommation de poissons capturés par ces moyens illégaux peut par ailleurs entraîner des intoxications alimentaires.
Alternatives et qualité compromise
Face à la rareté du ndagala, le poisson Mwanza, pêché dans le lac Victoria en province de Mwanza, en République unie de Tanzanie, est de plus en plus consommé comme alternative. Ce poisson est toutefois considéré de qualité inférieure à celle du ndagala burundais.
Mobilisation des autorités
Obède Ntineshwa dirige l'Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE) en province de Burunga. Une opération de saisie de filets prohibés est menée conjointement par l'OBPE, la police de protection civile, l'administration territoriale, l'armée et la police marine burundaise. M. Ntineshwa estime que les résultats de cette opération sont satisfaisants.
Des dizaines de filets prohibés déjà saisis seront prochainement brûlés. Cette action se déroulera en présence des pêcheurs, de la population, des commerçants de poissons et de la presse, afin de sensibiliser le public à cette lutte, a précisé Obède Ntineshwa. Les commerçants de poissons, eux, font savoir que le prix du poisson ndagala varie entre 140 000 et 160 000 FBu selon la qualité, l'explication étant que ce type de poisson est devenu rare ces derniers trois mois. Des pêcheurs font observer que la pêche illicite continue d’être pratiquée au vu et au su de certaines autorités, et que des autorités recevraient des pots-de-vin pour fermer les yeux face à cette pêche illégale.
Appels à la coopération internationale
Des pêcheurs honnêtes demandent aux autorités de se mobiliser pour combattre la pêche illicite avant qu'il ne soit trop tard. Ils font observer que ces pratiques sont menées au vu et au su de certaines autorités qui devraient intervenir pour les stopper, et n’hésitent pas à dénoncer des pots-de-vin reçus par des autorités pour fermer les yeux sur cette pêche illégale. Pour ces pêcheurs, la lutte contre ce phénomène doit être une priorité dans les quatre pays qui partagent le lac Tanganyika. Une coopération transfrontalière permettrait de planifier une lutte efficace contre le matériel prohibé et de protéger ce milieu aquatique.