Crise d'eau au camp de réfugiés de Musasa : une solution d'urgence, des inquiétudes persistantes

Musasa : après des mois de soif, l’eau revient… mais la crise menace de continuer
Photo: SOS Médias Burundi via Sosmediasburundi

Le camp de réfugiés de Musasa, situé dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi, a été confronté à une grave pénurie d'eau pendant plus de six mois. Cette crise prolongée a profondément impacté les milliers de personnes qui y résident, menaçant leur santé et leur bien-être quotidien. En réponse à cette situation critique, l'approvisionnement en eau est désormais assuré quotidiennement par camion-citerne, une mesure d'urgence mise en place pour pallier l'absence de sources d'eau fiables. Ces véhicules transportent l'eau depuis des sources situées à Gasorwe, dans la province de Buhumuza, jusqu'au camp de Musasa, afin de pallier le manque persistant que rencontrent les habitants.

L'urgence HCR

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a rapidement mis en place un système d'approvisionnement en eau d'urgence pour le camp de Musasa. Cette mesure, jugée indispensable, vise à répondre aux besoins immédiats des résidents face à la pénurie sévère qui perdurait depuis des mois. Dans ce cadre, le HCR s'appuie sur le partenariat avec l'organisation COPED, qui est désignée comme son partenaire privilégié pour les services essentiels liés à l'eau, à l'hygiène et à l'assainissement (WASH) au sein du camp. La collaboration étroite entre le HCR et COPED est essentielle pour assurer la distribution quotidienne de l'eau par camions-citernes, palliant ainsi l'absence d'une source d'eau permanente et fonctionnelle au sein du camp de Musasa. Cette intervention d'urgence note l'engagement des organisations humanitaires à garantir l'accès à l'eau, une ressource vitale, même dans les situations les plus précaires.

Le quotidien des réfugiés

Le camp de Musasa, qui accueille plus de 9 000 réfugiés, a été confronté à des conditions extrêmes pendant la pénurie d'eau. La vie quotidienne des habitants a été gravement perturbée par le manque d'accès à l'eau potable. Les familles étaient contraintes de trouver des solutions alternatives pour s'approvisionner, souvent au détriment de leur budget ou de leur sécurité. Pendant cette période difficile de plus de six mois, il leur fallait soit acheter de l'eau à des prix exorbitants auprès de vendeurs privés, exploitant la situation de vulnérabilité, soit parcourir de longues distances, parfois dangereuses, pour atteindre des points d'eau éloignés et souvent insalubres. Cette situation augmentait considérablement la charge quotidienne des habitants du camp, en particulier pour les femmes et les enfants, qui sont souvent responsables de la corvée d'eau. La pénurie a également eu des répercussions sur l'hygiène et la santé publique au sein du camp, exacerbant les risques de maladies hydriques.

Réparations et avenir

Le précédent système d'approvisionnement en eau du camp de Musasa a cessé de fonctionner en raison d'une panne de pompe. Cette défaillance technique a directement conduit à la grave pénurie qui a affecté les résidents pendant plus de six mois, démontrant la fragilité des infrastructures existantes. Une solution durable pour l'approvisionnement en eau du camp nécessite non seulement la réparation urgente de la pompe défectueuse, mais également l'assurance d'un approvisionnement régulier et fiable en électricité pour son fonctionnement continu. Sans une source d'énergie stable, même une pompe réparée risquerait de tomber en panne à nouveau, replongeant les réfugiés dans la même crise. La crise actuelle met en évidence la fragilité des infrastructures d'approvisionnement en eau dans la région, soulignant la nécessité d'investissements conséquents et à long terme pour garantir une distribution fiable et continue pour les milliers de réfugiés qui dépendent de ces systèmes. Il est impératif de passer d'une solution d'urgence à des infrastructures résilientes pour assurer la dignité et la santé des habitants du camp.

Voix des réfugiés

Les réfugiés du camp de Musasa considèrent l'approvisionnement actuel par camions-citernes comme une solution temporaire et insuffisante sur le long terme. Ils expriment de vives craintes quant à la pérennité et à la fiabilité de ce système d'urgence, qui dépend de facteurs externes. Les résidents craignent particulièrement que des problèmes d'approvisionnement en carburant au Burundi ne perturbent la livraison d'eau par camions-citernes, mettant ainsi en péril l'accès à cette ressource essentielle dont ils dépendent entièrement. Cette inquiétude est d'autant plus fondée que le Burundi a déjà connu des pénuries de carburant par le passé, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la population du camp si les livraisons venaient à s'interrompre. Les réfugiés appellent à une action rapide pour mettre en place des solutions permanentes et robustes, afin de ne plus être à la merci des aléas logistiques et économiques.