La situation humanitaire des demandeurs d'asile et réfugiés congolais au centre de transit de Cishemere, situé à Cibitoke dans le nord-ouest du Burundi, se dégrade quotidiennement. Plus de 4 000 personnes sont actuellement hébergées dans ce centre, dont la capacité d'accueil est dépassée. Parmi elles figurent des demandeurs d'asile et des réfugiés dont les dossiers sont en cours de réexamen ou qui sont soumis à des mesures administratives. Certains de ces réfugiés étaient auparavant enregistrés au camp de Lusenda, en République démocratique du Congo, avant leur arrivée au Burundi. L'afflux continu de nouvelles arrivées contribue à la pression sur les infrastructures et les services déjà limités.
Conditions de vie précaires et défis multiples
Les occupants du centre de Cishemere sont confrontés à une grave crise alimentaire, à des conditions de vie précaires et à de longues attentes pour le traitement de leurs dossiers. La promiscuité est devenue la norme dans le centre, où l'espace vital est insuffisant pour la population croissante. De nombreuses familles vivent dans des abris de fortune offrant une protection limitée contre les intempéries, comme les fortes pluies ou les vents. L'insuffisance des hébergements pousse certains individus à dormir à l'extérieur, exposés aux éléments et aux risques sanitaires. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les personnes vulnérables, telles que les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de handicaps. L'accès aux soins de santé reste par ailleurs limité pour l'ensemble des résidents, aggravant les problèmes de santé publique et rendant difficile la prise en charge des maladies courantes ou chroniques. Les conditions d'hygiène sont également un défi majeur, augmentant le risque de propagation de maladies au sein de la communauté.
La faim pousse à la mendicité et à la survie
Chaque jour, des femmes, des jeunes filles, des personnes handicapées et des enfants quittent le centre de Cishemere. Ils se rendent dans les quartiers de Cibitoke, Rugombo, Gasenyi et les zones environnantes pour mendier. Ces personnes frappent aux portes des habitations à la recherche de farine de manioc ou de maïs, d'argent ou de toute autre forme d'aide pour subvenir aux besoins de leurs familles, souvent composées de plusieurs membres. Cette démarche est une conséquence directe de la situation au sein du centre, où les distributions alimentaires sont jugées insuffisantes et connaissent parfois des retards importants. Les rations distribuées ne couvrent pas les besoins nutritionnels de base, forçant les familles à chercher des compléments à l'extérieur. La précarité alimentaire contraint ainsi de nombreux résidents à chercher des ressources à l'extérieur pour survivre, les exposant à des risques supplémentaires dans la communauté d'accueil.
Appel à l'aide urgente et à l'accélération des procédures
Face à cette détresse grandissante, les demandeurs d'asile sollicitent également une accélération de l'examen de leurs dossiers pour une résolution rapide de leur situation. Ils expriment leur frustration face à la lenteur des processus administratifs qui les maintiennent dans une situation d'incertitude prolongée. Les réfugiés du centre de Cishemere lancent un appel pressant et déchirant à l'Office National de Protection des Réfugiés et Apatrides (ONPRA), aux autorités burundaises, au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) ainsi qu'aux organisations humanitaires internationales et locales. Ils demandent une augmentation significative et immédiate de l'aide alimentaire qui leur est destinée, soulignant l'urgence de la situation nutritionnelle. En parallèle, ils réclament une amélioration des conditions d'hébergement, jugées insuffisantes et indignes, et un accès facilité et régulier aux soins de santé indispensables pour prévenir les épidémies et prendre en charge les malades. La communauté internationale est appelée à agir rapidement pour soulager les souffrances de ces populations vulnérables.