Déclaration de Yaoundé : Renforcer l'action parlementaire pour la gouvernance environnementale en Afrique Centrale

La Déclaration de Yaoundé vise à intégrer les données scientifiques dans le processus législatif, le vote budgétaire et le contrôle de l'action gouvernementale. Cette déclaration institutionnalise explicitement l'intégration des données scientifiques dans ces processus clés, soulignant l'importance d'une approche factuelle pour la prise de décision. Cette initiative met en lumière les disparités des financements climatiques internationaux. Les flux de financement climatique vers la région du bassin du Congo sont considérablement inférieurs aux besoins réels et disproportionnés par rapport à d'autres bassins forestiers comme l'Amazonie ou l'Asie du Sud-Est. La déclaration entend ainsi renforcer l'action parlementaire pour une meilleure gouvernance environnementale en Afrique Centrale, en s'appuyant sur des bases factuelles pour orienter les politiques et garantir une gestion durable des ressources naturelles de la région.

Mécanismes législatifs et financiers innovants

Un tableau de bord parlementaire sur le climat, les forêts et la biodiversité sera mis en place, prévoyant des auditions annuelles de chercheurs avant l'examen de la loi de finances. Cette mesure vise à garantir que les décisions budgétaires et législatives soient éclairées par les dernières avancées scientifiques. Un partenariat structuré entre le Réseau des Parlementaires pour la Gestion Durable des Écosystèmes Forestiers d'Afrique Centrale (REPAR), la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC) et l'Observatoire des Forêts d'Afrique Centrale (OFAC) sera établi, reposant sur des points focaux et la transmission régulière d'analyses aux commissions parlementaires. Ce cadre de collaboration vise à assurer une circulation fluide de l'information et des expertises entre les entités clés. Le soutien à la création du Fonds de Financement Forestier du Bassin du Congo (CBFFF) est également promis, destiné à financer le Plan de Convergence 2026-2035 de la COMIFAC et les politiques climatiques nationales. Un mécanisme régional sera mis en place pour aider à la préparation de projets bancables et à l'accréditation des institutions nationales et régionales, facilitant ainsi l'accès aux financements. Les gouvernements devront soumettre un rapport annuel sur les financements climatiques mobilisés et leur utilisation effective, dans un souci de transparence et de redevabilité. Le REPAR est chargé d'assurer un suivi rigoureux de cette feuille de route stratégique, en collaboration étroite avec la COMIFAC et l'OFAC, garantissant la mise en œuvre des engagements pris.

Harmonisation et inclusion pour la préservation

La Déclaration de Yaoundé insiste sur l'intégration des communautés locales et des peuples autochtones, garantissant un partage équitable et transparent des bénéfices issus des crédits carbone et des services écosystémiques. Cette approche reconnaît le rôle fondamental de ces communautés dans la conservation des forêts. Pour la sous-région, la législation concernant le climat et le carbone sera harmonisée entre les différents États, créant un cadre juridique cohérent et propice à une action collective. Le rapport final de la Déclaration appelle également à une transparence accrue, à l'application rigoureuse des réglementations forestières, et à un soutien efficace des droits des communautés locales et des peuples autochtones. Ces mesures sont jugées essentielles pour une gestion forestière juste et durable.

Enjeux cruciaux pour le Bassin du Congo

Les données scientifiques doivent guider les choix stratégiques des gouvernements d'Afrique Centrale et des bailleurs de fonds internationaux afin de préserver l'écosystème vital du Bassin du Congo. Cette région est présentée comme le principal poumon vert de la planète, soulignant son rôle clé pour l'équilibre écologique mondial. Une coordination intersectorielle représente un impératif stratégique pour éviter une dégradation irréversible du bassin. Ces pressions incluent l'expansion agricole, les projets miniers et l'urbanisation, des facteurs qui menacent directement la biodiversité et les fonctions écologiques du bassin. Il est urgent d'aligner l'aménagement du territoire, l'extraction des ressources et les choix de développement économique avec les données scientifiques factuelles disponibles, pour assurer un avenir durable à cette région.

Appel à l'action internationale et alliances

Une alliance interparlementaire mondiale sera établie entre les trois principaux bassins forestiers tropicaux (Congo, Amazonie et Asie du Sud-Est) afin de défendre des positions communes lors des négociations internationales. Cette collaboration vise à amplifier la voix des régions forestières dans les forums mondiaux. Les parlementaires ont lancé un appel aux donateurs, aux banques de développement et aux institutions multilatérales pour assouplir les procédures, augmenter les financements concessionnels et aligner le soutien international sur les priorités stratégiques de l'Afrique Centrale. Cette demande vise à rendre les financements plus accessibles et pertinents pour les besoins régionaux. Les participants ont salué le lancement de la publication « État des Forêts d'Afrique Centrale 2025 » et ont appelé à une mobilisation pour l'édition de 2027, reconnaissant l'importance de ces rapports pour le suivi et l'évaluation. Des mécanismes de financement durables et transparents, incluant des marchés de carbone intègres, sont jugés urgents pour rémunérer équitablement les services rendus par ces forêts, garantissant ainsi leur conservation à long terme.