Deux corps découverts à Gitega : suspicions de meurtre et appels à enquête

Deux corps sans vie ont été découverts le week-end dernier dans la commune et la province de Gitega, au centre du Burundi, suscitant de vives interrogations sur les circonstances exactes de leur décès. Ces découvertes macabres, survenues simultanément, ont provoqué une onde de choc au sein de la population locale et alerté les autorités. Le premier corps a été retrouvé, déclenchant immédiatement une enquête locale afin de déterminer les causes du drame. Un deuxième corps sans vie a été découvert le même dimanche sur la colline Ngundu, également dans la commune et province de Gitega. Ces incidents, survenus à quelques heures d'intervalle, ont ravivé les inquiétudes sécuritaires et la population attend désormais des éclaircissements rapides et transparents sur ces événements tragiques. Les circonstances entourant ces décès restent floues, alimentant les spéculations et la demande d'une action résolue de la part des autorités.

Découvertes macabres dans la rivière et à domicile

Le corps de Crescence Nizigiyimana a été découvert le dimanche 26 juillet 2026 dans la rivière Ruvyironza, un cours d'eau qui sépare les zones de Kabanga et de Giheta, dans la commune et province de Gitega. Immaculée Ndikuriyo, cheffe de la zone Kabanga, a confirmé cette découverte. Elle a précisé que les circonstances exactes du décès de Crescence Nizigiyimana ne sont pas encore connues et font l'objet d'une enquête approfondie. Selon les informations disponibles, Crescence Nizigiyimana, qui souffrait de troubles mentaux, participait à une séance de prière avant de disparaître mystérieusement. Son corps, retrouvé plusieurs heures après sa disparition, était déjà en état de décomposition avancée. Il a été inhumé le même dimanche sur la colline Gihehe, un lieu de sépulture local.

Le même dimanche, un deuxième corps, celui de Déo Singirankabo, âgé de 61 ans et père de six enfants, a été retrouvé dans des conditions tout aussi troublantes. Il a été découvert pendu par une corde au cadre de sa maison, sur la colline Ngundu. Elias Ndikumana, chef adjoint de la colline Ngundu, a confirmé ces faits, ajoutant que les motifs de ce décès n'ont pas encore été établis par les enquêteurs. La nature des blessures et la position du corps ont immédiatement soulevé des questions quant à la thèse du suicide.

Doutes sur les circonstances des décès

Des habitants de la colline Ngundu expriment de sérieux doutes quant à la thèse du suicide concernant Déo Singirankabo. Ils affirment avec insistance que la victime aurait été tuée, ligotée, puis placée de manière à simuler un suicide, dans une tentative de dissimuler un acte criminel. Selon ces mêmes résidents, qui souhaitent conserver l'anonymat par crainte de représailles, des litiges fonciers figurent parmi les motifs les plus probables de cet acte odieux. Ces accusations, bien que graves, n'ont toutefois pas encore été confirmées par les autorités responsables de l'enquête. La population locale attend avec impatience des clarifications sur ces allégations qui compliquent la compréhension des circonstances réelles des décès. Les enquêteurs doivent déterminer si ces affirmations sont fondées ou s'il s'agit d'une simple rumeur, afin de faire toute la lumière sur cette affaire complexe et de rassurer les communautés affectées. Les investigations ont déjà débuté, mais aucun suspect n'a été appréhendé à ce jour dans ces affaires, ce qui accroît l'incertitude et la frustration de la population.

Inquiétudes sécuritaires persistantes au Burundi

La province de Gitega, où ces découvertes ont eu lieu, figure parmi les régions du Burundi où des affaires criminelles graves ont été régulièrement signalées au cours des derniers mois. Cette situation d'insécurité croissante est une source de préoccupation majeure pour les organisations de défense des droits humains et la population. Des rapports émanant de la Ligue Iteka, une organisation burundaise de premier plan, font état de plusieurs cas d'assassinats, de disparitions forcées et d'autres violations flagrantes du droit à la vie à travers le pays. Cette situation alarmante a conduit la Conférence des évêques catholiques du Burundi à exprimer publiquement son inquiétude face à la montée persistante de l'insécurité et de la criminalité qui affecte la vie quotidienne des citoyens. Fortuné Gaëtan Zongo, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Burundi, a également dénoncé avec fermeté la persistance de ces violations des droits humains, appelant à une action immédiate pour y remédier.

Réactions officielles et demandes citoyennes

Face à cette série d'événements tragiques et à l'insécurité persistante, les habitants de Gitega exigent des enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes pour élucider les circonstances de ces décès et mettre fin à l'impunité. Les investigations des autorités locales ont déjà débuté, mais l'absence d'arrestations jusqu'à présent alimente le sentiment d'impunité. Le Président Évariste Ndayishimiye a rejeté ces critiques, notamment celles émanant de la Conférence des évêques catholiques, les accusant de présenter une image négative et injuste du pays, minimisant ainsi la gravité de la situation sécuritaire. Cette divergence de vues entre les autorités et la société civile note la complexité du défi sécuritaire au Burundi et la nécessité d'une réponse coordonnée pour restaurer la confiance et la sécurité des citoyens.