Des éleveurs de lapins sur la colline Rutegama, dans la commune et province de Gitega, expriment leurs inquiétudes face à l'apparition de maladies d'origine inconnue qui affectent leurs élevages. Ces agriculteurs dénoncent l'impact de ces pathologies sur leurs activités.
Laetitia Harushimana, une éleveuse, a sollicité l'intervention des autorités compétentes. Elle demande le déploiement de techniciens vétérinaires spécialisés dans les collines et les zones afin d'apporter un soutien direct aux éleveurs de lapins en matière de prévention et de traitement des maladies.
Les maux de l'élevage de lapins
Hubert Muhoza, responsable de l'élevage et de la pêche à la Direction Provinciale de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage (DPEAE) de Gitega, indique que le manque d'hygiène et une alimentation inadéquate constituent les principales causes des maladies affectant les lapins. Il observe que « beaucoup d’éleveurs de lapins ne savent pas que les lapins boivent de l’eau. Ils donnent des tourteaux granuleux, des herbes mouillées de toute sorte à ces lapins ». Pour lui, les lapins sont des animaux très fragiles, et il exhorte les éleveurs à espacer les cages et à offrir à ces animaux un environnement propre et bien aéré afin de prévenir les maladies et d’améliorer leur bien-être.
Laetitia Harushimana, une éleveuse, attribue de nombreux décès de lapins à une alimentation insuffisante, en particulier chez les jeunes, et à un manque de formation concernant leur régime alimentaire et leur élevage. Suavis Ihorihoze, également éleveur, corrobore cette observation, soulignant que l'absence de formation et de conseils dans l'élevage cunicole conduit certains éleveurs à nourrir leurs lapins avec de l'herbe mouillée, entraînant des pertes significatives.
Hubert Muhoza pointe également la pénurie de techniciens vétérinaires spécialisés dans la province de Gitega. Cette situation contraint les éleveurs à dépendre de praticiens privés pour les soins de leurs animaux. Il précise que « dans la province de Gitega, beaucoup de zones n’ont pas de techniciens vétérinaires compétents. Comme remède, nous faisons recours auprès des privés ».
Coûts et infrastructures inadéquates
Donatien Manirambona, un éleveur de lapins, a souligné les difficultés rencontrées pour construire des clapiers adaptés en raison d'un manque de fonds. Il a précisé que l'établissement d'une cage standard pour lapins peut représenter un coût d'environ 1 million de BIF. Hubert Muhoza, responsable de l'élevage et de la pêche à la Direction Provinciale de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage (DPEAE) de Gitega, a rappelé qu'une cage de lapin doit être bien ventilée pour assurer le bien-être de l'animal et garantir un environnement sain. M. Muhoza a insisté : « Les lapins sont des animaux très fragiles. Nous appelons les éleveurs de lapins à espacer les cages et à offrir à ces animaux un environnement propre bien aéré afin de prévenir les maladies et d’améliorer leur bien-être ». Il a également mis en lumière une lacune en matière de connaissances parmi les éleveurs, affirmant : « Beaucoup d’éleveurs de lapins ne savent pas que les lapins boivent de l’eau. Ils donnent des tourteaux granuleux, des herbes mouillées de toute sorte à ces lapins ». M. Muhoza a signalé un déficit de personnel qualifié dans la région : « Dans la province de Gitega, beaucoup de zones n’ont pas de techniciens vétérinaires compétents. Comme remède, nous faisons recours auprès des privés ».
Conseils d'experts et bonnes pratiques
Selon Hubert Muhoza, responsable de l'élevage et de la pêche à la Direction Provinciale de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage (DPEAE) de Gitega, l'alimentation des lapins avec de l'herbe mouillée peut provoquer constipation, ballonnements et diarrhée hémorragique. Eric Vyumvuhore, un expert, précise qu'une cage de lapin doit mesurer 90 centimètres par 60 centimètres pour assurer un espace adéquat. M. Vyumvuhore insiste sur l'importance de séparer les lapins mâles et femelles afin de prévenir la consanguinité, d'améliorer leur croissance et de faciliter leur gestion.
Concernant l'alimentation des jeunes lapins, M. Vyumvuhore explique que les lapereaux commencent à manger dès l'âge de 14 jours. "A partir de 14 jours, les lapereaux commencent à manger. Beaucoup d’éleveurs les nourrissent avec de l’herbe mouillée, des choux. Pourtant, à ce stade, les lapereaux devraient consommer des granuleux riches en vitamines, en sels minéraux et en autres nutriments essentiels", a-t-il déclaré. Il recommande également de placer une lapine qui vient de mettre bas dans une cage située au rez-de-chaussée pour un suivi plus aisé, soulignant : "Nous ne pouvons pas installer une femelle qui vient de mettre bas dans une cage sur le dernier étage car son suivi sera difficile". Les lapereaux restent dans leur cage de naissance pendant deux mois, période après laquelle les mâles et les femelles sont séparés, comme le confirme M. Vyumvuhore. "Les lapereaux restent pendant deux mois dans la cage où ils sont nés. Ensuite, on sépare les mâles des femelles", a-t-il ajouté. En cas de maladie, Hubert Muhoza conseille aux éleveurs de consulter le technicien vétérinaire le plus proche pour obtenir des soins appropriés.
Parcours inspirants et potentiel
Certains agriculteurs de Gitega ont débuté l'élevage de lapins avec un capital limité, acquérant parfois un seul animal. Jérémie Hakizimana a démarré son élevage l'année dernière avec un unique lapin, qui a ensuite donné naissance à sept lapereaux. Il possède désormais une trentaine de lapins. Ses revenus issus de cette activité lui ont permis d'acheter une chèvre. Cynthia Manirankunda a commencé l'élevage de lapins à l'âge de neuf ans. Elle a acquis son premier lapin pour 2 000 BIF. Cynthia Manirankunda déclare : « Maintenant j’ai 19 ans. A l’époque, j’avais acheté un seul lapin à 2 mille BIF seulement. Après, grâce à cet élevage, j’ai acheté une poule puis une chèvre. Plus tard, j’ai pu acheter une parcelle d’une valeur d’1 million de BIF ». Eric Vyumvuhore, âgé de 37 ans, cumule 16 ans d'expérience dans l'élevage cunicole sur la colline Rutegama.