Le ministère de l'Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique du Burundi (Ubushikiranganji bw'intwaro yo hagati mu Burundi) prévoit le début d'un phénomène météorologique El Niño en novembre 2026, avec une persistance estimée jusqu'en février 2027. Cette annonce place sous tension la zone de Gatumba, dans la province de Bujumbura, déjà éprouvée par des inondations récurrentes ayant provoqué le déplacement de milliers d'habitants. Confronté à cette vulnérabilité persistante, Makenga Zabuloni, un habitant de 80 ans, témoigne des pertes subies lors des crues : "Uruhombo twagize,... baratwivye. Ivyo mu nzu batwaye ni vyinshi. Ahubwo gusa Imana [nagize] ni uko batansanzeyo. Ngira baba barayinyiciyemwo." La population locale redoute désormais les conséquences de ces nouvelles perturbations climatiques annoncées pour les mois à venir.
Une menace climatique imminente
Les prévisions météorologiques indiquent qu'El Niño pourrait affecter l'agriculture au Burundi à hauteur de 41 %. Cette menace pèse directement sur les moyens de subsistance des ménages, déjà fragilisés par l'instabilité climatique. Clémentine Nduwimana décrit les difficultés quotidiennes rencontrées par les familles face à la destruction de leurs habitations et à la précarité croissante : "Uca uraba iyo wotera uja...ugasanga inzu zirazimvye, ugaca usanga ukeneye kwigisha abana, gusuma, gupanga, ...usanga bitoroshe". La baisse annoncée des rendements agricoles fait craindre une aggravation de la situation économique pour les habitants de la zone de Gatumba. Les autorités surveillent l'évolution de ce phénomène, dont les impacts sur les cultures pourraient se manifester dès le début de la période prévue en novembre 2026.
Le traumatisme des inondations passées
Les eaux du lac Tanganyika et de la rivière Rusizi ont envahi les habitations de Gatumba en 2024. Ce débordement a contraint des milliers de personnes à quitter leurs logements, privant ces populations de leurs abris habituels.
El Niño pourrait impacter 60 % des maisons au Burundi dans les mois à venir. Cette projection note l'étendue des risques matériels pour les infrastructures résidentielles, déjà fragilisées par les épisodes de submersion récents.
Les autorités du Burundi précisent que les travaux destinés à endiguer les eaux, dont les crues affectent régulièrement Gatumba, font actuellement l'objet d'études. Ces projets de sécurisation des zones inondables restent au stade de l'analyse technique avant toute mise en œuvre sur le terrain.