À Gitega, les jeunes s'engagent dans l'entrepreneuriat tout en faisant face à des obstacles structurels, notamment le manque de financement et une faible connaissance des dispositifs de soutien public. Parallèlement, dans la commune de Gitega, des femmes s'organisent en coopératives afin d'améliorer leurs conditions de vie. Les résidents de la commune expriment cependant leur insatisfaction quant à la lenteur de la mise en œuvre du statut de capitale politique.
Jacques Nduwimana, administrateur de la commune de Gitega, a affirmé que la commune planifie pour les 20 prochaines années et gère son développement "comme une entreprise de précision". Cette approche s'inscrit dans la vision 2040 de Gitega, qui ambitionne une ville durable, inclusive et résiliente, dotée de constructions en hauteur, de zones industrielles définies et de logements sociaux modernes, a-t-il précisé. Pour pallier l'insuffisance des engrais agro-minéraux, la commune intensifie la vulgarisation du compost.
Portraits de résilience féminine
Emelyne Itangishaka, de la colline Gishuha, est membre de la coopérative "Umutwenzi Iwacu". Elle affirme que la pauvreté représente la cause principale de l'abandon scolaire dans sa localité. « Moi aussi, j’allais abandonner, mais j’ai eu une chance divine en recevant mon certificat », a-t-elle déclaré. Emelyne Itangishaka appelle les parents à réduire les taux de natalité pour améliorer la situation de leurs familles. « Il faut que les parents sachent que mettre au monde plusieurs enfants affecte la croissance de ces derniers », a-t-elle expliqué, ajoutant : « Il faut mettre au monde le nombre d’enfants dont ils sont capables d’élever. Les responsables de la santé communautaire devraient augmenter les sensibilisations ainsi que les publicités pour que nos parents en sachent les conséquences. » Elle sollicite également le soutien du gouvernement pour le site touristique et les sources d’eau chaude de sa coopérative. « Nous avons besoin d’aide financière pour avancer nos projets et créer des emplois », a-t-elle affirmé.
Nadia Irankunda, 25 ans, également de la colline Gishuha, exerce en tant que coiffeuse à domicile, une activité appelée « gusuka ». Elle a dû quitter l'école après la sixième année du primaire. « Ce métier me fait vivre », a-t-elle confié, précisant que son activité de coiffure est irrégulière avec des revenus instables. « J’ai des clients de temps en temps », a-t-elle indiqué. Nadia Irankunda manque d'un lieu de travail fixe. « Je n’ai pas d’endroit bien défini pour travailler », a-t-elle déploré, confrontée aussi aux coûts élevés des matériaux professionnels.
Jeanne Ndayizeye a appris la couture et a dépensé plus de 500 000 francs burundais pour sa formation. « Après l’école, je n’ai pas pu décrocher du travail. Pour m’en sortir, j’ai décidé d’apprendre la couture », a-t-elle relaté. Elle affirme que sa situation a changé et qu'elle peut désormais subvenir à ses besoins grâce à ses propres revenus. « Ma situation a changé. Je peux subvenir à mes besoins. Aujourd’hui, personne ne peut profiter de ma vulnérabilité car, j’ai mon propre revenu », a-t-elle souligné. Jeanne Ndayizeye déplore la hausse constante des prix des matières premières pour la couture ainsi que les pénuries de carburant. Elle a également fait part des difficultés d'accès au financement : « Nous avons des projets. Mais, sans moyens financiers, ils ne peuvent pas se réaliser », ajoutant que « les banques ne nous font pas confiance. Elles disent que nous ne sommes pas fiables. » Les femmes de Gitega sont confrontées à divers obstacles, notamment l'abandon conjugal, les grossesses précoces, les conflits familiaux et les difficultés agricoles.
Obstacles à l'entrepreneuriat et à l'autonomie
Les banques se montrent réticentes à financer les jeunes entrepreneurs, les jugeant peu fiables, a fait savoir Jeanne Ndayizeye. Elle a précisé ne pas avoir connaissance de programmes de financement destinés à la jeunesse, tels que le PAEEJ. Jeanne Ndayizeye, qui a appris la couture après avoir échoué à trouver un emploi post-scolaire, a affirmé que sa situation avait changé : « Après l’école, je n’ai pas pu décrocher du travail. Pour m’en sortir, j’ai décidé d’apprendre la couture », a-t-elle expliqué. « Ma situation a changé. Je peux subvenir à mes besoins. Aujourd’hui, personne ne peut profiter de ma vulnérabilité car, j’ai mon propre revenu », a-t-elle ajouté. Cependant, elle a souligné les difficultés d'accès aux fonds : « Nous avons des projets. Mais, sans moyens financiers, ils ne peuvent pas se réaliser », avant d'affirmer que « Les banques ne nous font pas confiance. Elles disent que nous ne sommes pas fiables ».
Dans un contexte de vulnérabilité sociale, Evelyne Ndayizeye, une mère de trois enfants résidant à Gitega, a été expulsée de son foyer conjugal par son époux. Elle vit actuellement dans des conditions précaires, dépendante de l'aide de ses proches. Les habitants de la zone de Mubuga ont exprimé leur inquiétude face aux difficultés persistantes concernant le respect des droits des femmes, particulièrement en milieu rural.
Malgré ces défis, Espérance Niyonkuru, de la colline de Rutegama, a indiqué que les femmes participent activement aux associations d'épargne et de crédit. « Aujourd’hui, les femmes participent activement aux associations d’épargne et de crédit », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Pour ma part, je suis cultivatrice. Grâce à mon appartenance à une association, je ne manque pas de moyens pour acheter des fertilisants. Je ne peux pas manquer de quoi nourrir mes enfants. Je peux solliciter un crédit et le rembourser progressivement. Nous, les femmes, progressons très bien ». Elle a également partagé son expérience agricole : « N’ayant pas pu me procurer des fertilisants pour mon champ de maïs, j’ai utilisé le fumier provenant de mes porcs. La production a été satisfaisante. En revanche, pour les haricots, les résultats n’ont pas été aussi bons ». Espérance Niyonkuru a encouragé les femmes à l'autonomie : « Certaines femmes passent des heures sans rien produire. Je les invite à ne pas rester inactives en attendant que leurs maris pourvoient seuls aux besoins de la famille ». Elle a conclu : « Un homme qui a une épouse combattante et travailleuse ne la traite pas à la légère. Il l’aime et la respecte plutôt. Je dirais donc aux femmes de travailler pour accroître leur valeur au sein de leurs foyers ».
Scholastique Ndayisenga, un relais communautaire, a témoigné de la persistance des violences domestiques dans les foyers de Gitega, affirmant que « Les cas de violences conjugales existent dans notre communauté », tout en précisant que « Nos sensibilisations apportent une solution pour atténuer ces défis ». Le site des sources thermales de Gishuha, développé en 2025, est confronté à des défis logistiques qui limitent son potentiel touristique. L'accès à ce site coûte 2 000 BIF pour les nationaux et 10 000 BIF pour les étrangers. Gloriose Kwizera a souligné que les pénuries de carburant constituent un problème majeur, réduisant le nombre de visiteurs des sources thermales de Gishuha. « Les visiteurs doivent payer cher pour le transport et beaucoup finissent par abandonner », a-t-elle expliqué.
Justice et gouvernance locale
Un conseiller de zone reconnaît l'existence de cas de violences basées sur le genre et assure que l'administration locale s'efforce de garantir les droits de chacun. Parallèlement, des résidents de la zone de Zege, au sein de la commune de Gitega, dénoncent des irrégularités et des allégations de corruption au sein de l'administration locale concernant des litiges fonciers. Diane Shurweryimana est impliquée dans un tel litige, où sa famille affirme que leurs oncles se sont emparés de terres après le décès de leur père. « Nous sommes uniquement des filles. Il n’y a pas de garçon dans la famille. Nos oncles se sont alors accaparés des terres », a-t-elle déclaré.
Diane Shurweryimana a affirmé que sa famille avait obtenu gain de cause en première instance et devant le tribunal de Grande instance. « Nous avons gagné en première instance et devant le tribunal de Grande instance », a-t-elle précisé. Cependant, elle a indiqué avoir perdu en appel, alléguant une corruption des juges. « Sans avoir de l’argent pour corrompre, on ne peut pas gagner. Ils ont corrompu les juges pour nous faire perdre en appel », a-t-elle dénoncé, ajoutant : « On nous balade tout le temps. Nous ne savons plus à quel saint nous vouer. »
La commune de Gitega dispose de deux districts sanitaires, incluant l'Hôpital Communal d'Itaba, qui fonctionne désormais comme un hôpital de district. Sur le plan politique, tous les partis sont autorisés à exercer leurs droits dans la commune de Gitega.
Vision et planification communale
Espérance Niyonkuru, de la colline de Rutegama, a utilisé du fumier de porc comme fertilisant alternatif pour sa récolte de maïs, obtenant des résultats satisfaisants, bien que les résultats pour les haricots aient été moins probants. « N’ayant pas pu me procurer des fertilisants pour mon champ de maïs, j’ai utilisé le fumier provenant de mes porcs. La production a été satisfaisante. En revanche, pour les haricots, les résultats n’ont pas été aussi bons », a-t-elle déclaré. Elle conseille aux femmes de prendre en main leur destin et de contribuer aux besoins familiaux, affirmant : « Certaines femmes passent des heures sans rien produire. Je les invite à ne pas rester inactives en attendant que leurs maris pourvoient seuls aux besoins de la famille. » Espérance Niyonkuru a souligné que les femmes participent activement aux associations d’épargne et de crédit, ajoutant : « Aujourd’hui, les femmes participent activement aux associations d’épargne et de crédit. Pour ma part, je suis cultivatrice. Grâce à mon appartenance à une association, je ne manque pas de moyens pour acheter des fertilisants. Je ne peux pas manquer de quoi nourrir mes enfants. Je peux solliciter un crédit et le rembourser progressivement. Nous, les femmes, progressons très bien. » Elle a conclu son propos en déclarant : « Un homme qui a une épouse combattante et travailleuse ne la traite pas à la légère. Il l’aime et la respecte plutôt. Je dirais donc aux femmes de travailler pour accroître leur valeur au sein de leurs foyers. »
À Rutegama, les relais communautaires mènent des campagnes de sensibilisation contre les violences domestiques. Jean Ndayizeye, un commerçant de Gitega, a exprimé son étonnement face à l'absence d'un système de transport public structuré dans la ville, contrairement à Bujumbura, soulignant : « Nous ne comprenons pas pourquoi Gitega ne dispose pas d’un système de transport en commun structuré comme c’est le cas à Bujumbura. » La commune de Gitega est confrontée à une pénurie critique de plus de 765 enseignants. Un fonds de soutien à l'éducation, financé par des particuliers et la commune, est à l'étude pour stabiliser le personnel enseignant. La commune prévoit d'établir des écoles de formation professionnelle à Giheta, sur la colline Musama, et à Gitega, à Nyabugogo, dans les deux à trois prochaines années. La commune de Gitega assure qu'aucun enfant n'apprend assis à même le sol, malgré une potentielle surpopulation. La commune approche des entreprises et des institutions financières afin d'obtenir un soutien pour la création d'« écoles d'excellence ». La vision sanitaire de Gitega comprend un accès universel à des soins de qualité, la prévention, la planification familiale, la vaccination, la nutrition et le contrôle des maladies. La commune a posé la première pierre pour des centres de santé sur les collines de Jimbi et Mugutu, et réhabilite également les infrastructures existantes.
Développement durable et infrastructures
Spéciose Nzeyimana, âgée de 69 ans et résidant sur la colline de Zege, a déclaré que des médiateurs Abahuza lui avaient réclamé 500 000 francs burundais pour résoudre favorablement son litige foncier. « Il faut que l’administrateur réagisse. Nos chefs de quartier ou les Abahuza ne veulent que de l’argent seulement », a-t-elle affirmé. Des préoccupations ont été soulevées à Gitega concernant la lenteur du développement des infrastructures et les pénuries régulières d'eau potable. Parallèlement, la commune promeut activement la politique de la carte d'assurance maladie auprès des populations aux moyens insuffisants. La commune de Gitega vise une transition d'une agriculture de subsistance vers une agro-industrie à valeur ajoutée, en priorisant l'agriculture orientée vers l'exportation. La commune de Gitega encourage également l'utilisation de méthodes de cuisson propres via le projet « Soleil Nyakiriza » et le gaz de cuisson, afin de réduire la dépendance au bois de chauffage. Des études sont actuellement menées pour la réhabilitation des réseaux d'eau urbains à Gitega. Enfin, la commune prévoit d'utiliser l'eau de la rivière Ruvubu pour alimenter les quartiers périphériques, face à la croissance démographique de la ville de Gitega.