Depuis mars 2026, des travaux de construction routière ont privé les habitants de la 5ème Avenue du quartier Nyamugari, à Gitega, de leur accès à l'eau courante de la Regideso. Cette situation, qui perdure depuis plusieurs semaines, a transformé le quotidien des résidents. Plus précisément, les habitants de cette avenue sont sans eau depuis le 13 mars, selon des témoignages locaux recueillis sur place. La cause directe de cette interruption est l'intervention d'ouvriers qui, lors du traçage de la nouvelle route, ont déterré les conduites d'eau de la Regideso, coupant ainsi de manière inattendue l'approvisionnement en eau du secteur. Cette coupure a engendré une crise d'approvisionnement majeure, affectant des centaines de ménages dans cette partie de la capitale politique.
Impact financier et quotidien
Cette situation a entraîné une flambée des prix de l'eau sur le marché parallèle, où un bidon de 20 litres se vend désormais à 3 000 FBu, une somme considérable pour de nombreuses familles. L'approvisionnement en eau, qui est devenu une tâche quotidienne et ardue, incombe principalement aux femmes, aux enfants et aux travailleurs domestiques. Ces derniers doivent souvent se lever dès 4 heures du matin pour entreprendre de longs trajets, parfois jusqu'à des sources éloignées, dans l'espoir de trouver de l'eau. Les habitants expriment également de sérieuses préoccupations concernant la qualité de l'eau disponible. Selon des témoignages concordants, l'eau puisée dans la vallée a un goût amer, et les résidents doutent fortement de sa pureté, craignant pour leur santé. Ces difficultés ajoutent une charge financière et physique considérable aux ménages déjà fragilisés par l'interruption de l'approvisionnement en eau courante, les forçant à réallouer des budgets essentiels et à sacrifier du temps précieux.
Contexte de la capitale
La situation actuelle exacerbe les pénuries d'eau chroniques que connaît la capitale politique, Gitega, en période de saison sèche. Ce manque d'approvisionnement régulier en eau touche fréquemment ses habitants, rendant l'interruption actuelle d'autant plus difficile pour les résidents de Nyamugari. La saison sèche, souvent synonyme de rationnement ou de coupures sporadiques, voit ses effets amplifiés par cette rupture totale de l'approvisionnement dans le quartier. Les infrastructures de Gitega peinent déjà à répondre à la demande croissante en eau, et un incident de cette ampleur met en lumière la vulnérabilité du système.
Témoignages des habitants
Les résidents de la 5ème Avenue à Nyamugari ont exprimé leur désarroi et leur frustration face à cette situation qui perdure. Jean Bigirimana, un habitant de la zone, a rapporté que son ménage utilisait auparavant 10 bidons d'eau par jour pour ses besoins quotidiens. Avec le prix actuel de 3 000 FBu le bidon, cela représente un coût mensuel exorbitant de 90 000 FBu, soit une dépense de 30 000 FBu par jour, impossible à supporter pour la plupart. Pour Jean Noël Manirakiza, également résident, la recherche d'eau est devenue une tâche harassante qui occupe ses enfants pendant une grande partie de la journée. Ses enfants doivent se rendre à Magarama pour chercher de l'eau, une corvée qui leur prend plus de trois heures et les empêche de se consacrer à leurs études et à leurs devoirs, compromettant leur éducation. Amina, une autre habitante, a souligné la difficulté d'obtenir de l'eau, même en se levant très tôt. Elle a précisé que les sources d'eau alternatives, déjà peu nombreuses, sont souvent bondées, avec de longues files d'attente qui se forment dès 4h du matin, transformant la corvée d'eau en une épreuve de patience et d'endurance. Jean-Marie Kabura a, lui, déploré les dépenses supplémentaires occasionnées par l'achat d'eau, affirmant que cela affecte significativement le budget familial déjà serré, les forçant à faire des choix difficiles. Aline Nizigama a ajouté que l'eau qu'ils trouvent dans la vallée, bien que disponible, présente un goût amer et qu'elle n'est pas sûre de sa qualité, ce qui soulève des inquiétudes quant aux maladies hydriques. Enfin, Thierry a insisté sur l'impact de cette pénurie prolongée sur l'hygiène et la santé publique, craignant une augmentation des maladies dues au manque d'eau propre pour l'assainissement et la consommation.
Appel à une solution
Face à cette crise qui s'installe, les résidents de Nyamugari appellent de toute urgence à une intervention rapide et efficace pour rétablir l'approvisionnement en eau courante. La Regideso est interpellée pour réparer sans délai les conduites d'eau endommagées par les travaux routiers sur la 5ème Avenue. Les habitants espèrent une solution durable et rapide face à cette crise qui affecte profondément leur quotidien, leur santé et leur budget familial, et qui met en péril le bien-être de toute une communauté. La population attend des autorités une prise en charge rapide de cette situation critique.