La CVR et l'Église Adventiste unissent leurs forces pour la réconciliation au Burundi

La Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a organisé un atelier de deux jours, du 11 au 12 mai 2026, au Burundi. Cette rencontre visait à discuter du rôle et de la contribution de l'Église adventiste du septième jour à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale dans le pays. L'initiative de la CVR s'inscrit dans un cadre plus large de dialogue avec diverses entités nationales, reconnaissant l'importance des acteurs de la société civile et des confessions religieuses dans l'édification d'une paix durable. Cet atelier a permis d'approfondir les discussions sur les mécanismes de promotion de la paix et de la justice transitionnelle.

Le rôle de l'Église dans la paix

L'atelier s'est tenu à Gitega, la capitale politique du Burundi, soulignant l'importance stratégique de cette ville pour les initiatives nationales. La Commission Vérité et Réconciliation (CVR) porte une attention particulière aux personnes physiquement et moralement affectées par les crises, les massacres et les injustices au Burundi. Cette approche holistique vise à adresser non seulement les préjudices matériels mais aussi les traumatismes psychologiques profonds subis par la population. La CVR reconnaît que les Burundais aspirent à la paix du cœur et à la paix du corps, des aspirations fondamentales qui guident son action. L'engagement des communautés religieuses, comme l'Église adventiste du septième jour, est considéré comme un pilier essentiel pour atteindre ces objectifs, en mobilisant leurs membres autour des valeurs de pardon et de coexistence pacifique.

Gestion des litiges fonciers hérités

La Commission Vérité et Réconciliation (CVR) est également chargée de résoudre les litiges fonciers et autres différends de propriété découlant des crises passées au Burundi. Il s'agit là d'un aspect clé de la réconciliation, car ces litiges sont souvent sources de tensions persistantes au sein des communautés. À cet égard, les maisons et les terres constituent des priorités dans le processus de restitution des biens saisis, compte tenu de leur valeur économique et symbolique pour les familles. La CVR intervient en tant que médiateur dans ces litiges fonciers et de propriété, cherchant à faciliter des résolutions amiables et équitables. Son rôle est de trouver des compromis et d'assurer que justice soit rendue aux victimes de spoliation. Le refus de quitter une maison ou une parcelle dont il est établi qu'elle appartient à une autre personne peut entraîner des poursuites pour rébellion contre l'État, conformément au code pénal burundais. Cette disposition vise à garantir l'exécution des décisions de la CVR et à dissuader toute tentative d'obstruction au processus de restitution et de réconciliation. La CVR s'efforce de faire respecter le droit de propriété tout en favorisant la cohésion sociale.

Contexte et vision de la CVR

Parmi les participants à l'atelier figuraient des dirigeants de l'Église adventiste du septième jour, témoignant de l'engagement de cette confession dans le processus de réconciliation. Pierre-Claver Ndayicariye, président de la CVR, a souligné que la vision du Burundi d'une nation émergente d'ici 2040 et développée d'ici 2060 exige une réconciliation nationale profonde et sincère. Cette réconciliation doit être fondée sur le pardon mutuel et la coexistence pacifique, a-t-il précisé, insistant sur le fait que le développement socio-économique est intrinsèquement lié à la stabilité et à la paix intérieure du pays. La CVR considère ces principes comme essentiels pour atteindre les objectifs de développement à long terme du pays, car sans une société réconciliée, les efforts de progrès risquent d'être sapés par des tensions latentes. L'engagement des différentes confessions religieuses est jugé clé dans ce processus, en raison de leur influence morale et de leur capacité à mobiliser de larges segments de la population autour des idéaux de paix et d'unité.

Implications et avertissements

Des participants ont soulevé des préoccupations concernant le transfert à la CVR des dossiers de la Commission Nationale des Terres et autres Biens (CNTB) dont les décisions n'avaient pas été exécutées. Cette situation complexe requiert une attention particulière de la part de la CVR pour assurer la continuité et l'équité des processus. Pour ces cas, les particuliers doivent soumettre leurs documents à la CVR, qui se chargera d'examiner chaque dossier avec diligence. Si les conclusions de la CNTB et de la CVR concordent, les décisions sont exécutées sans délai, garantissant ainsi la résolution des litiges. En cas de divergence entre les conclusions des deux commissions, la CVR mène ses propres enquêtes approfondies afin d'établir la vérité et de prendre une décision éclairée et juste. Ce mécanisme vise à éviter toute impasse et à assurer que toutes les affaires de propriété héritées des crises passées trouvent une résolution définitive et acceptée par toutes les parties.