Le ministre burundais des Affaires étrangères, Edouard Bizimana, a publié un communiqué le 10 octobre 2026 suspendant l'octroi de licences aux agences de recrutement de travailleurs migrants. Cette mesure vise à garantir une meilleure protection des citoyens burundais expatriés. Edouard Bizimana a déclaré : « Le travailleur migrant burundais n’est pas une marchandise ».
Le ministère interdira tout déploiement de main-d’œuvre vers des « méga-company » sans identification précise de l'employeur effectif, du lieu de travail, de la rémunération et des conditions de transport. Le ministre précise : « A compter du 12 décembre 2026, le ministère suspend la réception de nouveaux dossiers de demande d’agrément des agences de recrutement de la main-d’œuvre burundaise à destination de l’étranger jusqu’à nouvel ordre ».
Sanctions contre les agences irrégulières
Le ministère des Affaires étrangères a instauré une suspension immédiate des agences de recrutement dont les irrégularités sont avérées. Cette mesure, effective depuis le 10 octobre 2026, cible spécifiquement les structures ayant failli dans leurs missions de placement, de recrutement ou de suivi des travailleurs migrants burundais. Les entités concernées par ces manquements opérationnels voient leurs activités suspendues jusqu’à nouvel ordre. Ce dispositif disciplinaire s'inscrit dans la volonté des autorités de Bujumbura de renforcer le contrôle sur les intermédiaires opérant à l'étranger. Les agences visées par ces sanctions ne pourront plus poursuivre leurs activités de gestion de main-d'œuvre tant que les enquêtes sur leurs pratiques ne seront pas closes. Cette décision administrative marque une étape vers l'assainissement du secteur du travail migrant.
Un bilan humain alarmant
Vianney Ndayisaba, coordinateur de l'organisation Aluchoto, a recensé le décès de 12 femmes burundaises à Oman entre janvier 2025 et mai 2026. Ce bilan humain, établi sur une période de 17 mois, illustre les risques encourus par les travailleuses expatriées dans cette zone géographique. Les rapports de l'organisation font état de situations de vulnérabilité extrême au sein des réseaux de migration.
Aluchoto a également documenté, sur la même période, le mauvais traitement de plus de 150 travailleurs migrants burundais. En complément de ces violences physiques ou morales, l'organisation a relevé que plus de 90 citoyens ont été détenus illégalement. Ces données mettent en lumière l'ampleur des abus auxquels sont confrontés les nationaux dans leur pays d'accueil.
Les agences de recrutement sont également mises en cause pour leur gestion financière des contrats. Vianney Ndayisaba a comptabilisé 74 cas précis de fraude et d'extorsion impliquant ces intermédiaires. Le coordinateur d'Aluchoto note la nature systémique de ces pratiques : « Certains perçoivent 60% de la rémunération et les 40% reviennent à l’agence qui les recrutés. C’est de l’exploitation, une sorte de trafic des êtres humains ». Ces témoignages recueillis par l'organisation permettent de corréler les difficultés rencontrées sur le terrain par les migrants avec le fonctionnement des structures de placement. La documentation produite par Aluchoto appuie les mesures de suspension annoncées par les autorités burundaises, visant à mettre fin aux irrégularités constatées dans le secteur.