Le principe pollueur-payeur, clé pour sauver le Lac Tanganyika de la pollution plastique

La célébration de la Journée Nationale du Lac Tanganyika, édition 2026, s'est tenue le jeudi 23 juillet, bien que cet événement soit commémoré chaque année le 22 juillet. Les cérémonies de 2026, dont le thème était « sensibilisation-action : chasse aux déchets plastiques », ont inclus des activités de nettoyage des rives du Lac Tanganyika. À cette occasion, des tonnes de déchets plastiques ont été collectées. Il est préconisé que le gouvernement applique le principe pollueur-payeur aux entreprises produisant des liquides et des bouteilles en plastique. Cette approche devrait contribuer à un pays plus propre et à un Lac Tanganyika plus sain et productif.

Impact de la pollution plastique

La santé du Lac Tanganyika est compromise par divers types de déchets qui y sont déversés, selon Albert Mbonerane, expert en protection de l'environnement. Cette pollution rend également la santé humaine fragile, a-t-il affirmé. M. Mbonerane a en effet déclaré : « Même si on dit que la Regideso traite cette eau du lac Tanganyika, ça va coûter cher. » Les poissons fuient le Lac Tanganyika en raison de cette dégradation, a-t-il ajouté. Il a alerté sur les risques futurs, expliquant : « Si nous continuons à polluer le lac, nous risquons d’atteindre la limite avec le Congo parce que la limite c’est à 5km. » La situation à Kalemie est jugée déplorable, avec des eaux stagnantes observées. Il a enfin souligné l'importance du lac : « Il faut alors, note-t-il, que tout un chacun sache que le lac Tanganyika c’est vraiment un trésor que Dieu nous a donné. »

Solutions proposées par les experts

Les entreprises devraient être encouragées à mettre en place des mécanismes de collecte des bouteilles vides afin de gérer les déchets plastiques et de les acheminer vers des sociétés de recyclage, selon les experts. Albert Mbonerane, expert en protection de l'environnement, a déclaré que si les Burundais protègent la biodiversité du Lac Tanganyika, le Burundi pourrait devenir un pays émergent d'ici 2040 grâce aux exportations de poissons générant des devises. M. Mbonerane a en effet affirmé : « Quand les décideurs vont dire aux Burundais de se lever tous pour protéger la biodiversité du lac Tanganyika, en 2040, le Burundi sera un pays émergent parce que l’exportation des poissons revint à gagner des devises ». Il a également invité les pays riverains, à savoir la Zambie, la RDC, le Burundi et la Tanzanie, à se rencontrer pour discuter du déblocage de la rivière Rukuga.

Rôle des autorités et des citoyens

Jean Girukwishaka, directeur de l'assainissement et de l'environnement au sein du ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage, a indiqué que son ministère collabore avec des associations et des clubs dédiés à la collecte des déchets plastiques. Cette collaboration vise à sensibiliser et à mobiliser la population pour une gestion adéquate des déchets. L'installation de poubelles contribue également à informer les habitants de leur rôle dans la collecte des plastiques. Le recyclage des déchets plastiques est perçu par certains comme une source d'emploi. Jean Girukwishaka a d'ailleurs souligné l'engagement des jeunes dans ce domaine. "Des jeunes engagés, se réjouit-il, dans des entreprises qui recyclent les déchets en plastiques, beaucoup d’acteurs engagés, etc. Toutes ces personnalités doivent travailler en synergie pour que le pays soit propre et que les déchets ramassés soient recyclés", a-t-il affirmé.

La gestion de l'eau du lac

La Regideso traite l'eau prélevée du Lac Tanganyika pour la consommation, selon des informations disponibles. Dans les années 1980, le point de captage pour l'approvisionnement en eau se situait à 1,8 km du rivage. Cependant, depuis 1990 et jusqu'à présent, la Regideso capte l'eau à une distance de 3,5 km du lac.